Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Racisme : Des policiers pris en flag

Deux enquêtes ont été confiées à l’IGPN et deux policiers suspendus après l’indignation suscitée par une vidéo amateur publiée par le journaliste Taha Bouhafs sur Twitter. Sur l’enregistrement réalisé dans la nuit du 25 au 26 avril, deux policiers tiennent des propos racistes à l’égard d’un suspect interpellé après une tentative de fuite terminée dans la Seine. « Un bicot comme ça, ça nage pas », lance l’un d’eux. « Haha, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », est-il ajouté. Puis des plaintes se font entendre et des bruits sourds, suivi de rires quasi sadiques des fonctionnaires. Le ministre de l’Intérieur a promis « toute la lumière » – comme pour l’affaire Steve… – avant de conclure : « Le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine. » Selon Le Parisien, le profil du commissaire en charge de l’intervention ce soir-là pose question. Le gradé avait déjà fait l’objet d’une condamnation d’un an avec sursis en 2004. Alors chef adjoint de la brigade anticriminalité de nuit à Paris, il avait laissé l’un de ses équipiers placer un enjoliveur entre les fesses dénudées d’un suspect. À travailler avec ce genre de « pro », les plus bas instincts peuvent s’exprimer librement.

Italie : Vers une massive régularisation de sans-papiers ?

L’Italie, deuxième producteur de fruits et de légumes d’Europe, constate depuis janvier une baisse jusqu’à 50 % des récoltes dans certaines régions. Et bon nombre d’agriculteurs tremblent de voir – ou voient déjà – près de 40 % de ces produits pourrir ou devenir impropres à la commercialisation. Aussi, le gouvernement italien s’apprête-t-il à acter la plus grande régularisation de travailleurs sans-papiers depuis une décennie, à hauteur de 200 000 personnes, afin d’assurer la récolte à venir. À quoi s’ajouteraient les mesures, insuffisantes à elles seules, de prolongation jusqu’à décembre des permis de séjour et l’instauration de « couloirs verts » afin de faire revenir des pays de l’Est des travailleurs, dont 110 000 de Roumanie. En France, diverses organisations et personnalités ont signé une pétition enjoignant à faire de même. En vain, pour l’instant…

En Afrique, les ravages du paludisme

Tandis que la lutte contre le coronavirus sur le continent africain monopolise les ressources sanitaires, médecins et associations s’inquiètent d’une possible recrudescence du paludisme. Si les programmes de prévention et de traitement de la maladie sont délaissés, faute de financements suffisants, celle-ci pourrait causer plus de 700 000 morts en 2020, selon le pronostic de l’OMS.

Répression : Garde à vue pour une banderole

En pleine crise sanitaire, la police toulousaine a encore le temps de réprimer toute « voix » dissidente, comme durant la mobilisation des gilets jaunes. Une jeune femme a ainsi été placée en garde à vue, le 23 avril, durant plus de quatre heures (dont deux en cellule), après s’être rendue à une convocation au commissariat, au motif qu’elle et ses voisins avaient accroché sur leur immeuble un drap avec l’inscription : « Macronavirus, à quand la fin ? » (s’inspirant de la une de Charlie Hebdo du 29 janvier). Car, selon la police, il se serait agi d’une « offense au chef de l’État »… Un délit qui a pourtant été abrogé en 2013, après plusieurs condamnations en la matière de la France par la Cour européenne des droits de l’homme.

Soignants contaminés : un lourd bilan

Nombre de soignants qui n’ont pu se protéger faute de matériel et ont dû continuer à travailler ont été atteints par le Covid-19. Malgré l’ampleur des contaminations, l’AP-HP – qui déplore déjà plus de 4 200 salariés contaminés – « envisage pourtant de systématiser ce fonctionnement » dans la perspective du déconfinement. C’est ce que révèle Mediapart, qui s’est procuré une note interne évoquant l’impossibilité « d’une politique large d’éviction » dans le cadre « de la continuité du système de soins ». À 20 heures, les applaudissements ne suffiront plus.

Surveillance : Répression paranoïaque à Bure

Bure, laboratoire de la répression ? Plutôt la préfiguration d’un enfer de la surveillance. Le 27 avril, Mediapart et Reporterre ont publié conjointement une enquête sur l’ampleur des interceptions téléphoniques et des mises sur écoute des militants opposés au projet d’enfouissement des déchets nucléaires de l’Andra. Les chiffres donnent le vertige. 85 000 conversations et messages interceptés, seize ans accumulés d’écoutes téléphoniques. C’est le règne de la paranoïa, le moindre mot au détour d’une phrase devient sujet à surinterprétation par les gendarmes enquêteurs. Parler d’argent fait de vous un « trésorier », la fréquentation d’un lieu vous propulse parmi la frange la plus impliquée du mouvement. Et un tel déploiement, comment devrions-nous l’interpréter ?

Trump expulse des malades

Entre ses délires publics, notamment celui d’introduire du désinfectant dans les corps pour tuer le virus, Trump accentue sa brutale politique anti-migrants. Selon le New York Times, les expulsions ont repris à vive allure, notamment de Guatémaltèques porteurs du Covid-19, et de mineurs non accompagnés, à qui jusqu’ici on laissait la possibilité de demander l’asile aux États-Unis.

Hongrie transphobe

Après avoir supprimé les études de genre des enseignements universitaires, le gouvernement de Viktor Orban souhaite interdire le changement de sexe à l’état civil – pourtant reconnu droit fondamental par la Cour constitutionnelle depuis 2018. Habilité à légiférer par décret grâce à l’état d’urgence sanitaire, Orban en profite pour appliquer son programme réactionnaire.

Le « train » de l’espace

Visible quelques jours à l’œil nu, un chapelet de 60 satellites a été mis en orbite basse le 22 avril par la société SpaceX. Nouveau projet mégalo du milliardaire Elon Musk, Starlink est censé apporter l’Internet haut débit aux zones reculées du globe. À terme, ce sont 12 000 de ces objets qui orbiteront, en plus des 42 000 déjà en activité. Les astronomes professionnels et amateurs craignent pour leurs observations et la recherche scientifique. L’espace, dernier farwest ?


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