Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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France : Quand le pouvoir estampille certains titres de presse

Voilà une initiative alarmante pour l’indépendance d’une presse démocratique, et qui en dit long sur la macronie. Sous prétexte de lutter contre les « infox » sur la crise du Covid-19, le Service d’information du gouvernement (SIG), qui dépend directement du Premier ministre, a fait en quelque sorte son marché d’articles de presse – sans en avertir les rédactions concernées –, pour les insérer sur le site du gouvernement depuis le 23 avril dans un onglet « Désinfox coronavirus ». Ces articles s’y enchaînent sans hiérarchie, ni commentaires ni même logique. Les titres concernés, et de nombreux autres, dont Politis, exigent qu’il soit mis fin à cette tentative du pouvoir d’arbitrer les pratiques journalistiques. Orban en Hongrie ou l’agence Tass sous Brejnev n’auraient pas fait mieux…

Les municipales sans fin

Le second tour des municipales, pour les 4 922 communes qui n’ont pas pourvu leur conseil municipal le 15 mars, reste suspendu à un avis du conseil scientifique, prévu le 23 mai. Si celui-ci accorde son feu vert, les électeurs seront appelés aux urnes le 21 ou le 28 juin. Dans le cas contraire, tout serait à refaire les 27 septembre et 4 octobre, selon un projet de loi.

Environnement : Mine d’or bis en Guyane

Un an quasiment après le renoncement au projet industriel de Mowntagne d’or, une nouvelle menace d’extraction aurifère menace la forêt amazonienne guyanaise : la commission départementale des mines a rendu un avis favorable au projet Espérance. « On a beau dire que le dossier minier ne répond pas à la réglementation minière et au code de l’environnement, qui sont des préalables au renouvellement de la concession, la commission a voté en faveur du dossier Espérance », a indiqué Guyane nature environnement à l’AFP.

Selon les documents du promoteur, cette mine à ciel ouvert près d’un village du fleuve Maroni au cœur de la forêt nécessiterait l’extraction de « 20 millions de mètres cubes de roches » pour creuser une fosse de 300 mètres de profondeur, sur 1,5 kilomètre de longueur pour un premier gisement de « 65 tonnes » d’or, et l’installation d’une usine à cyranuration. Si le Conseil d’État doit encore trancher sur ce dossier dans les prochains mois, le collectif Or de question, rassemblant 21 ONG opposées à l’extraction minière, sonne l’alerte : « La déforestation massive altère gravement la biodiversité, accélère les changements climatiques et favorise l’émergence d’espèces vectrices d’épidémies. »

Tunisie : Déconfinement à la papa

Le très strict confinement, mis en place le 22 mars, aura aussi restreint certains cerveaux, en Tunisie. À l’heure d’en sortir, pour permettre à une partie des actifs de retravailler, le gouvernement a publié le 2 mai la liste des restrictions : resteront confinées les personnes de plus de 65 ans, ou atteintes de maladie chronique, les femmes enceintes… mais aussi « les mères dont l’âge des enfants ne dépasse pas 15 ans ». Éruption ! Les associations de défense des droits de femmes, très actives, dénoncent « une exception outrageante, […] vision machiste et patriarcale […] qui fait porter aux seules femmes la responsabilité des enfants » (les écoles et les crèches restent fermées). Dès le lendemain, la présidence de la République a retiré le texte, alléguant une « erreur de rédaction », et promettant une nouvelle version.

Slogan viral

La semaine dernière, une Toulousaine était gardée à vue pour avoir accroché sur le mur de son domicile une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » et tous les résidents du pavillon ont également été convoqués au commissariat. Mais, repris un peu partout, de Strasbourg jusqu’à La Réunion, le slogan, tiré d’un titre de Charlie Hebdo, a souvent fait déplacer la maréchaussée ! À tel point que la Ligue des droits de l’homme a organisé une visioconférence avec la CGT, Act Up-Sud-Ouest, LFI, le PS et le DAL…

Biden ne touchera pas à l’ambassade à Jérusalem

Ça promet… Si Joe Biden est élu (face à Trump, on ne peut que le souhaiter), il ne ramènera pas l’ambassade des États-Unis en Israël à Tel-Aviv. C’est ce qu’a déclaré, le 29 avril, le futur candidat démocrate… tout en reconnaissant que ce déplacement « n’aurait pas dû » avoir lieu. Biden ne reviendra donc pas sur ce défi au droit international, tout idéologique, décidé par Trump. Biden, qui en 2003 avait voté pour la guerre en Irak, s’annonce déjà en vrai « centriste » peu courageux.

Anas est sorti du coma

C’était le 8 novembre dernier : Anas, étudiant de 22 ans en grande difficulté financière, s’immolait par le feu devant le Crous de Lyon. Toujours en soins intensifs, il est désormais sorti du coma, a annoncé sa sœur le 30 avril. Son geste avait révélé la grande précarité de jeunes fréquentant l’université, qui s’étaient mobilisés dans les semaines suivantes.

La bonne distance

Se tenir à plus d’un mètre de toute autre personne, est-ce de la distanciation sociale ou de la distanciation physique ? La première expression, traduite littéralement de l’anglais social distancing, sonne comme une guerre de classes où l’éloignement serait régi par des critères sociaux. En ce sens, le confinement des plus riches dans leur résidence secondaire est bien une distanciation sociale, tout comme le télétravail des cadres face à l’obligation des personnes à bas salaires de se rendre sur leur lieu de travail. C’est pourquoi, à Politis, nous faisons le choix de désigner ce geste barrière par « distanciation physique », tout simplement.

Enquête pour « torture »

On se souvient des images de ces 151 jeunes, de 12 à 21 ans, mis à genoux, tête baissée, mains sur la tête, certains pendant plusieurs heures, tenus en respect et moqués par des policiers. C’était fin 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Saisie par plusieurs familles, l’enquête de l’IGPN avait conclu à un non-lieu. Cette fois, une nouvelle plainte aboutit à la désignation d’un juge : il enquêtera pour « torture par personne dépositaire de l’autorité publique ».


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