Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Violences policières : De la lacrymo au cyanure

À l’heure du post-confinement, où les mouvements sociaux reprennent le chemin de la rue, l’Association toxicologie-chimie de Paris sort un rapport très détaillé sur la dangerosité des gaz lacrymogènes. Cette arme chimique, très appréciée de nos forces de l’ordre, cause irritations, voire brûlures des yeux, de la peau, mais aussi tout un tas de complications respiratoires, ou même cardio-vasculaires. L’association en expose l’une des raisons : les produits chimiques utilisés aboutiraient « à la formation de cyanure » dans le métabolisme humain. C’est ce qui aurait pu participer à la mort de Steve Caniço en juin 2019, à Nantes. Les chercheurs évaluent que la densité du nuage de gaz ainsi que la configuration du lieu aurait pu créer une présence de cyanure « bien au-delà du seuil de mortalité. » En 2019, lors d’une manifestation à Montpellier, les mêmes chercheurs ont prélevé des échantillons de sang de manifestants exposés. Résultat : « Le niveau de cyanure après exposition aux gaz CS atteint des niveaux supérieurs au seuil de dangerosité. »

Justice : Le Conseil constit’ jongle avec la loi

Pendant le confinement, déambuler sans raison « valable » pouvait vous emmener en correctionnelle. Après trois contraventions en un mois, même si la loi vous donne 90 jours pour les contester, votre « violation du confinement » était redéfinie en délit. Résultat : comparution immédiate, grosse amende, voire prison. Même le « motif impérieux » justifiant votre déambulation devait passer le contrôle de la maréchaussée. Or aucune définition claire n’existe dans les textes : c’était un peu au « feeling ». Inconstitutionnel, s’étaient étouffés des avocats ! Le Conseil constitutionnel n’y a pourtant rien trouvé à redire, en répondant à une QPC le 26 juin. Le même jour, l’Observatoire de l’éthique publique révèle que les « sages » touchent du même État un régime indemnitaire « non conforme au droit ». Au début, il s’agissait d’une niche fiscale, transformée en 2001 en prime. Leur paye passe ainsi de 6 968 euros à 10 951 euros mensuels, pour atteindre en 2017 environ 15 000 euros : « Deux fois » la somme prévue par une loi organique de 1958, s’alarme l’Observatoire. La rémunération des membres du Conseil constitutionnel est donc… inconstitutionnelle. Mais que fait la maréchaussée ?

Pologne : Dilemme électoral

Le second tour de la présidentielle polonaise rappellerait presque le dilemme des Français en mai 2017 : choisir entre un super libéral et un réac autoritaire goûtant les atteintes répétées à l’État de droit. À l’issue du premier tour, ce 28 juin, Andrzej Duda, le président sortant national-conservateur du parti Droit et justice (PiS), obtient plus de 45 % des voix et se retrouve face au très libéral maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski (29 %). Mais Duda, tenant de la famille catholique traditionnelle, membre du très autoritaire parti au pouvoir depuis 2005, à la politique supposée sociale (et paternaliste), a peut-être déjà fait le plein de ses soutiens. Son rival, tenant de la libre entreprise contre « l’étatisme » du PiS, pourrait, lui, bénéficier de meilleurs reports de voix. Résultat le 12 juillet.

Climat : Le gouvernement dans le déni

La pétition l’Affaire du siècle avait fait grand bruit en 2018 ! Plus d’un an après avoir été assigné en justice pour inaction face aux changements climatiques par 4 ONG (Notre affaire à tous, Oxfam, Greenpeace, Fondation pour la nature et l’homme), l’État a répondu… Et « nie en bloc les carences pointées par l’Affaire du siècle », selon les avocats des ONG, notamment en temporisant sur les objectifs fixés et en réfutant toute responsabilité dans le changement climatique car la France n’est qu’un pays parmi d’autres. Les associations requérantes ont ajouté au dossier le soutien de la Fondation Abbé-Pierre et de la Fédération nationale d’agriculture biologique afin d’étoffer les exemples concrets des conséquences du dérèglement climatique pour les mal-logés et les agriculteurs.

Des profits ? On licencie !

Le géant pharmaceutique français Sanofi a décidé de verser 4 milliards à ses actionnaires. Ceux-ci bénéficient de la hausse de 7 % du chiffre d’affaires, due pour moitié à la vente de Doliprane, dopée par le Covid-19. Mais Sanofi exige aussi 1 700 départs « volontaires », dont 1 000 en France. Macron, qui a promis mi-juin 200 millions à Sanofi pour « aider » à la recherche du vaccin anti-Covid, avait alors souligné « la nécessité d’extraire des lois du marché » ledit vaccin…

Lycées agricoles en disette

Les personnels de l’enseignement agricole étaient en grève, le 30 juin, contre une dotation horaire insuffisante et les suppressions de postes de contractuels. Et les heures d’enseignement individualisé dans les bacs techniques agricoles (« Stav ») ne seront payées que pour moitié l’année prochaine. « Il y a urgence à ce que le gouvernement [fasse] émerger un “enseignement agricole d’après” et d’avenir », s’alarment la FSU, la CGT et SUD dans un communiqué commun.

Crise à BFM

Aucune couverture des élections municipales ce dimanche 28 juin sur BFM TV et RMC, appartenant au groupe Next Radio TV, filiale d’Altice, de Patrick Drahi. Une grève entamée le mercredi précédent contre le plan de suppression de 500 postes. Soit le tiers des effectifs, pour moitié pigistes et intermittents. Seule avancée des négociations entre les syndicats et la direction : le nombre de 330 postes supprimés sur la base du volontariat.


Haut de page

Voir aussi

Depuis 2018, on « revient à l’école de l’ordre, plus verticale »

Société accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notfications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.