Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Italie : La Ligue recule

L’Italie votait, ces 20 et 21 septembre, pour un référendum visant à réduire le nombre de ses parlementaires, de plus de 900 à quelque 600. Cette proposition démagogique a été initiée par le Mouvement 5 étoiles (M5S) sous le précédent gouvernement, quand il était allié à l’extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini. Elle a remporté plus de 70% des voix, les électeurs semblant satisfaits de « réduire les coûts de la vie politique »… Les mêmes jours avaient lieu une série d’élections régionales et municipales, qui ont vu le maintien du pâle Parti démocrate (centre gauche). Notamment en Toscane, bastion de gauche depuis 1945 et haut lieu de la Résistance, que la Ligue espérait conquérir. En vain, tout comme les Pouilles. Arrivé premier (37 %) aux dernières élections générales de 2018, Matteo Salvini, devenu vice-président du Conseil, a voulu provoquer un nouveau scrutin en 2019, mais a perdu son pari et est retourné dans l’opposition. Cette série d’échecs mettent nettement en difficulté le leader de la Ligue au sein même de son parti. Ce qui est déjà une bonne nouvelle…

La France livre un militant kurde à Erdogan

Mehmet Yalcin était en France depuis 2006, ayant fui la Turquie alors qu’il allait passer en procès pour son engagement en faveur des droits du peuple kurde. Avec au bout, à coup sûr, une lourde condamnation. Ses trois enfants en bas âge, scolarisés à Bordeaux, ne reverront sans doute pas leur père de sitôt.

Il a été interpellé sur ordre de la préfecture de la Gironde, au mépris de toutes les procédures légales et judiciaires en cours, et rapidement mis dans un avion, le 16 septembre, pour Istanbul, où la police turque l’attendait. Il est, depuis, incarcéré en Turquie dans un lieu pour l’instant inconnu. Or sa demande d’asile était en cours et le tribunal administratif de Bordeaux avait ordonné sa libération, fin août, du centre de rétention où il avait été placé illégalement, tout comme il avait cassé son assignation à résidence, elle aussi irrégulière. La France s’est littéralement déshonorée.

Entreprises : La voie est libre pour Bridgestone

L’annonce de la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) a été accueillie au gouvernement par des cris d’orfraie : une décision « révoltante », tonne le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire ; « inadmissible », renchérit sa ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher… Pour autant, la voie est libre pour le géant japonais du pneumatique. Ni ses profits à l’étranger (2,38 milliards d’euros) ni sa trésorerie conséquente ne sont de nature à l’empêcher de licencier (en vertu notamment des ordonnances travail) et le gouvernement a écarté toute idée de lui demander un remboursement des aides publiques dont il a bénéficié. Agnès Pannier-Runacher se contente de commanditer une « contre-expertise » chargée d’imaginer des « scénarios alternatifs ». À propos d’expertise, elle serait bien avisée de lire celle de France Stratégie qui dressait, le 16 septembre, un (énième) bilan calamiteux des aides accordées aux entreprises dans le cadre du CICE. Les 20 milliards d’euros offerts par François Hollande n’ont permis l’embauche que de 100 000 personnes entre 2013 et 2017.

Mercosur : non, est-ce non ?

La France ne ratifiera pas « en l’état » l’accord de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay), car « la déforestation met en péril la biodiversité et dérègle le climat », annonçait Jean Castex, le 18 septembre, à la lecture d’un rapport remis par l’économiste Stefan Ambec. Un an après des déclarations similaires d’Emmanuel Macron lors du G7 de Biarritz, la France, pourtant, n’a toujours pas clarifié ce que cette fermeté de façade recouvre. Aménagements cosmétiques, circonvolutions diplomatiques ou réelles renégociations ? Seule certitude, la France n’a pour l’heure pas formalisé de veto contre l’accord à l’échelon européen.

Le monde est petit

Édouard Philippe atterrit donc à Atos, entreprise de services numériques. Le pantouflage, ça le connaît : en 2007, il était passé du cabinet du ministre de l’Écologie à lobbyiste chez Areva… Mieux : Emmanuel Macron voudrait généraliser le vote électronique d’ici à 2022. Bingo, Atos domine ce marché. Enfin, l’entreprise a été dirigée par Thierry Breton, que Jupiter a choisi en 2019 pour être commissaire européen, chargé du… numérique.

Faciliter l’accès à l’IVG

Entre 3 000 et 5 000 femmes sont contraintes chaque année d’aller avorter à l’étranger, une fois le délai légal de douze semaines écoulé. Le confinement avait révélé leur détresse, mais le Sénat a refusé, en mai, un allongement temporaire du délai. Deux députées (LREM et PS) proposent dans un rapport de le porter à quatorze semaines. Une proposition de loi pour faciliter l’accès à l’IVG, va être déposée.


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