Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Bercy : Le retour des « experts »

Lorsqu’il s’agit de sabrer les dépenses publiques, rien ne vaut un panel d’experts triés sur le volet ! Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a annoncé le 4 novembre à -l’Assemblée la création prochaine d’un groupe de travail composé de « personnalités qualifiées », pour imaginer des scénarios de remboursement de la dette publique, que le Covid-19 a déjà fait gonfler de 20 points (à 120 % du PIB). Pareille méthode de sous-traitance des politiques publiques a déjà permis à des fonds d’investissement, dont l’américain BlackRock, de dicter au gouvernement d’Édouard Philippe sa réforme de l’État. Olivier Dussopt lance ainsi la petite musique pro--austérité qui ne manquera pas de polluer les débats d’après coronavirus, alors que les voix se multiplient pour demander une annulation partielle des créances, sous peine d’ajouter une crise à la crise, comme au lendemain du krach de 2008.

Covid-19 : Les syndicats se rebiffent

Écoles désarmées face au coronavirus, salariés de la seconde ligne oubliés, cacophonie autour du télétravail… Les centrales syndicales critiquent vivement la gestion du second confinement par le gouvernement et avancent leurs solutions. CGT, FSU et Solidaires se sont réunies le 6 novembre avec trois organisations de jeunesse (Fidl, Unef et UNL) pour réclamer notamment la distribution gratuite de masques et la création de 400 000 emplois pérennes dans le médico-social et l’action sociale. Elles dénoncent une politique qui fait de la continuité de l’économie une priorité et demandent des mesures -systémiques fortes pour combattre la pauvreté et le chômage : revalorisation des minima sociaux et réduction du temps de travail. Les syndicats sont également à l’unisson à propos du télétravail, insuffisamment encadré à leurs yeux. Il a fallu que le Premier ministre force la main au patronat pour que celui-ci accepte d’ouvrir des négociations, début novembre. Elles doivent se conclure le 23 novembre par la signature d’un accord national interprofessionnel (ANI), mais le Medef continue de s’accrocher au statu quo et rejette les propositions permettant d’évaluer la charge de travail ou de consolider le droit à la déconnexion.

Justice : Marine Tondelier relaxée face au RN

La liberté d’expression gagne face au Rassemblement national. Marine Tondelier, élue écologiste d’Hénin-Beaumont, était poursuivie par Steeve Briois, maire RN depuis 2014, pour diffamation publique. Dans son livre Nouvelles du front, elle dénonçait les « pressions exercées sur les agents de la mairie proches de l’opposition », « l’embauche de proches et d’élus du FN », ou encore « les injures à l’encontre des habitants ». Le tribunal a jugé les propos diffamatoires mais a opté pour la relaxe « au bénéfice de la bonne foi ». « Cette décision est un espoir pour les élus d’opposition de ce pays qui sont régulièrement dissuadés de dénoncer des dysfonctionnements dans leurs collectivités, menacés par ce type d’action de rétorsion en justice », a déclaré Marine Tondelier sur son compte Twitter.

Prisons : La population carcérale remonte

Lors du premier confinement, pour enrayer la contamination, plusieurs milliers de personnes détenues en fin de peine avaient été libérées. Résultat : une diminution sans précédent de la population carcérale. Fin mai, le taux d’occupation était passé en dessous de 100 %, pour la première fois depuis vingt ans. Ça n’a pas duré : au 1er octobre, le nombre de personnes détenues s’élevait à 61 102, soit 2 400 de plus qu’il y a trois mois. Les prisons françaises ont retrouvé un taux d’occupation moyen supérieur à 100 %, frôlant les 115 % dans les maisons d’arrêt. « Ces chiffres masquent, comme toujours, des disparités importantes, précise une étude de l’Observatoire international des prisons. 176 % à Bordeaux-Gradignan, 169 % à Douai, 213 % à La Roche-sur-Yon, 195 % à Carcassonne, 188 % à Nîmes »… Le nombre de cas testés positifs parmi les détenus est ainsi passé de 47 le 5 octobre à 178 le 4 novembre.

La justice turque s’acharne

Erol Önderoglu, représentant de Reporters sans frontières (RSF), l’écrivain Ahmet Nesin et la défenseuse des droits humains Sebnem Korur Fincanci avaient été acquittés en 2019 des poursuites pour « propagande terroriste » pour avoir pris, un jour chacun, la direction symbolique du journal Özgür Gündem. Mais la cour d’appel d’Istanbul a annulé ce jugement, relançant les poursuites. Une nouvelle atteinte à la liberté de la presse au pays d’Erdogan, classé 154e sur 180 par RSF…

Diversité néo-zélandaise !

La Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, dont le Parti travailliste a remporté la majorité absolue des sièges au Parlement le mois dernier, a nommé ministre des Affaires étrangères Nanaia Mahuta, première femme maorie (le peuple indigène du pays) à occuper ce poste. Par ailleurs, le Parlement compte près de 50 % de femmes et 10 % de personnes LGBTQ+.

Sanofi s’engraisse et dégraisse

Alors qu’elle traverse une année record « grâce » au coronavirus, la société Sanofi envisage la fermeture de quatre usines chimiques françaises (2 000 emplois), révèle L’Humanité d’après un document obtenu par la CGT. Pour l’heure, le « Big Pharma » n’annonce officiellement qu’une externalisation de six usines européennes, dont deux françaises. En dix ans, Sanofi a supprimé 5 000 emplois, tout en empochant 1,3 milliard d’euros d’aides publiques.

Atteinte au secret des sources

Chef adjoint du service Enquêtes de Libération, Willy Le Devin a été entendu le vendredi 6 novembre par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), à la suite d’un article sur l’attentat à Conflans-Sainte-Honorine. Citant une note du service du renseignement territorial des Yvelines, le journaliste est mis en cause pour « recel de violation du secret professionnel ». L’objectif de « l’enquête initiée par Gérald Darmanin est bien d’identifier la ou les sources de Libération », estime la direction du quotidien.


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