Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Lyon : Mauvaise foi au menu

Le 15 février, le maire EELV de Lyon, Grégory Doucet, annonce la mise en place dans les cantines d’un « menu unique sans viande pour servir plus rapidement les élèves et fluidifier les repas ». Pas végétarien : œufs et poisson sont toujours à la carte. En quelques jours, cette décision locale pour respecter au mieux les mesures sanitaires dans les écoles est devenue une absurde polémique nationale. Le ministre de l’Agriculture a saisi le préfet du Rhône, les agriculteurs de la FNSEA veulent manifester devant la mairie. Chacun défend son -bifteck. Mais la palme de la mauvaise foi revient à Gérald Darmanin, qui parle d’« insulte inacceptable aux agriculteurs et bouchers français » et de « politique moraliste et élitiste des Verts [qui] exclut les classes populaires ». Or, en mai 2020, personne n’était monté sur ses grands chevaux quand Gérard Collomb avait pris exactement la même mesure pour nourrir les 29 000 élèves lyonnais à la sortie du premier confinement. Une énième polémique au goût rance, qui ne présage rien de savoureux d’ici à l’élection présidentielle.

Vaccins : Une dose d’hypocrisie

Les dirigeants du G7 ont-ils été piqués de mauvaise conscience, alors que 75 % des doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans seulement 10 pays riches ? Ils ont en tout cas annoncé le 19 février une rallonge de 4,3 milliards de dollars au programme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour aider les pays pauvres. Emmanuel Macron préconise également une livraison à l’Afrique de 3 à 5 % des doses disponibles en Europe, sans qu’on comprenne ce qui le retient de joindre immédiatement le geste à la parole. Ces annonces interviennent au moment où « certains pays riches » contactent directement les fabricants pour se faire livrer avant les Nations unies, s’agace le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 22 février. « Avoir l’argent ne veut rien dire, si vous ne pouvez pas l’utiliser pour acheter des vaccins », dénonce-t-il.

Obésité infantile : L’abandon d’une promesse

La revue Que choisir, avec l’appui de plusieurs associations (Familles rurales, la Fédération des conseils de parents d’élèves, la Fédération française des diabétiques, la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public, ou encore le Réseau environnement santé), a adressé à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, une lettre ouverte relayant une pétition de plus de 100 000 signataires. Celle-ci dénonce l’abandon de la promesse d’encadrer par une loi la publicité alimentaire à destination des enfants.
En jeu, l’obésité infantile. De fait, quand on regarde de près les études, suivant les marquages du Nutri-score, ces messages publicitaires font toujours la part belle aux aliments de score D et E (88 % des spots alimentaires destinés aux enfants). Entre 2010 et 2020, les deux types d’offres alimentaires les plus promues demeurent les confiseries (32 %) et la restauration rapide (26 %).

Finance : Nouvelle donne ?

Rien ne va plus sur les bourses, depuis la rocambolesque affaire GameStop, du nom de l’entreprise de jeux vidéo ciblée par des hedge funds pour des opérations de spéculation à la baisse, dont le titre avait grimpé sous l’action des boursicoteurs du dimanche ligués pour offrir une leçon à ces mêmes fonds. La « vente à découvert », procédé permettant de parier à la baisse, est au plus bas depuis 2013. Petite révolution : les fonds pouvaient compter jusqu’à présent sur les prophéties autoréalisatrices, lorsque leurs « raids » sur des entreprises en difficulté étaient médiatisés. La publicité, désormais, risque d’attirer l’attention des spéculateurs amateurs à l’humeur vengeresse.

Un seuil de consentement sexuel, enfin ?

L’Assemblée a adopté, le 18 février, dans le cadre d’une journée dite « de niche » réservée au groupe PS, une proposition de loi renforçant la protection des mineurs victimes de violences sexuelles, qui fixe à 15 ans le seuil de non-consentement, à 18 ans en cas d’inceste. Sur fond de libération de la parole des victimes, c’est justement ce que demandent les associations de protection de l’enfance. Un vote exprimé par 125 voix et deux abstentions. Prochain rendez-vous le 15 mars au Sénat. Du côté de l’exécutif, qui décidera in fine des nouvelles mesures inscrites dans le code pénal, on espère une adoption définitive fin avril.

Second tour contesté en Équateur

Après l’espoir d’un second tour peu conventionnel, l’enthousiasme retombe. Le candidat de gauche indigène Yaku Pérez échouerait à rester en lice, avec 32 000 voix de retard sur le deuxième homme, d’après la commission électorale. Convaincu d’une fraude venant du camp de l’ancien président Rafael Correa, Yaku Pérez organise une marche de protestation vers Quito, la capitale.

Boutonnat se maintient au CNC

Mis en examen le 11 février pour agression sexuelle et tentative de viol sur son filleul, Dominique Boutonnat a décidé de rester à la tête du Centre national du cinéma (CNC), niant toutes les accusations. Plusieurs organisations du cinéma – la SRF, le SPI, l’ARP, la CGT Spectacle, le Collectif 50/50… – ont appelé à sa mise en retrait. La ministre Roselyne Bachelot, quant à elle, soutient cet ami d’Emmanuel Macron. C’est à lui de juger « en toute sérénité » s’il peut rester, a-t-elle dit en substance. En toute sérénité ?

Unité contre la réforme du chômage

Le gouvernement s’accroche coûte que coûte à sa réforme de l’assurance-chômage. Les syndicats, convoqués au ministère du Travail le 2 mars pour clore la concertation commencée à l’automne sur le sujet, se retrouvent en revanche dans une rare unité. CGT, FO, CFDT, CFE-CGC et CFTC ont signé le 23 février un texte commun dénonçant les « importantes économies budgétaires aux seuls dépens des demandeurs d’emploi ».

Bienvenue à Splann !

Un nouveau média indépendant vient de naître en Bretagne. Parrainé par Disclose, à l’origine de révélations sur l’utilisation des armes françaises contre des civils au Yémen, le site Splann ! veut donner les moyens à ses journalistes d’aborder « des questions d’intérêt général en étant protégés de toute pression et censure ». Entre autres préoccupations de cette ONG, « la liberté d’informer sur l’agroalimentaire en Bretagne et ailleurs ». Prometteur !


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