Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Assurance-chômage : La grande loterie des indemnités

Une note de l’Unedic dévoilée le 3 mai par la CGT illustre l’extraordinaire disparité qui existera à partir du 1er juillet entre deux chômeur·euses ayant travaillé – et donc cotisé – autant. Selon que les périodes de travail auront été continues ou entrecoupées de périodes d’inactivité, et en fonction de la date à laquelle la personne se retrouve au chômage, son allocation pourra varier de 1 à… 47. Ainsi, pour un salaire de 2 800 euros brut mensuels, l’allocation sera de 1 492 euros ou 32 euros pour trente jours de chômage. Notamment parce que si la personne a été payée les quinze premiers jours du mois, la possibilité de cumuler salaire et chômage s’éteint pour les quinze jours suivants. En réponse, le ministère du Travail affirme que sa réforme ne crée pas ces inégalités (Mediapart). Certes, mais elle les exacerbe.

Violences sexuelles : Un prédateur nommé Zemmour

On savait le bonhomme misogyne. On n’ignorait pas qu’il considère le « sexisme » comme « le délire féministe depuis quarante ans ». Nous n’avons donc pas trop été surpris d’apprendre, après le témoignage que l’élue aixoise Gaëlle Lenfant a publié sur Facebook, que plusieurs femmes accusaient Éric Zemmour de baisers forcés, de gestes et de propos à connotations sexuelles entre 2005 et 2019. Dans ces récits recueillis par Mediapart, une jeune femme rapporte que le polémiste lui a « caressé le genou » sous la table en remontant « jusqu’à l’entrejambe », pendant une rencontre avec son père ; une maquilleuse, qui avait 26 ans, se souvient avoir été « plaquée contre le mur » avec cette explication : « Mais tu ne comprends pas que j’ai envie de -baiser avec toi. » Une hôtesse d’accueil d’I-télé évoque une accolade et une main aux fesses… L’entourage d’Éric Zemmour et ses fans dénoncent une cabale contre un possible candidat à la présidentielle. Lui refuse de s’exprimer. Mais ses livres parlent pour lui : « La virilité va de pair avec la violence, […] l’homme est un prédateur sexuel, un conquérant », écrivait-il en 2006 dans Le Premier sexe. Prédateur, c’est le mot.

Lire aussi > Sandrine Rousseau : « L’écoféminisme, c’est le refus de la prédation »

Régionales : Journalistes dans l’arène

La liste des journalistes s’engageant en politique s’allonge, avec les élections régionales de juin prochain. Ainsi, Périco Légasse, rédacteur en chef de la rubrique « Savoir vivre » de l’hebdomadaire Marianne, figure sur la liste portée par le ministre Modem Marc Fesneau, en Centre-Val-de-Loire. Une décision qui l’oblige à se mettre en retrait du magazine, par ailleurs dirigé par son épouse, Natacha Polony. Il n’est toutefois pas le seul à franchir le Rubicon pour ce scrutin. Quelques jours plus tôt, c’est le présentateur de LCI Philippe Ballard qui avait annoncé son ralliement au Rassemblement national, en tant que tête de liste à Paris, derrière Jordan Bardella. Un choix justifié par les mots suivants : « L’état de mon pays m’a décidé à sauter le pas. À un moment donné, je devais faire quelque chose ! » Et l’on s’étonne, après, du traitement médiatique des questions politiques sur certaines chaînes de télévision…

Régionales : Psychodrame provençal à droite

Début de semaine agité à droite. Après que Jean Castex a annoncé, dimanche 2 mai, dans Le JDD, le retrait de la liste LREM au profit de celle du président sortant LR, Renaud Muselier, dans la région -Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce dernier s’est vu retirer l’investiture de son propre parti. « Aucun accord de premier tour avec LREM », a ainsi rappelé sur Twitter Christian Jacob, dénonçant des « petites manœuvres électorales ». Le président des Républicains voit forcément venir l’OPA : dès lundi, les poids lourds de la Macronie volaient au secours de Renaud Muselier, Bruno Le Maire saluant « son courage », tandis que Christophe Castaner louait l’acte de « dépassement politique ». Tous deux martelant par ailleurs le même discours de « deux droites irréconciliables »… Un feuilleton qui ne fait sûrement que commencer.

Des exilés toujours plus maltraités

Nouvelle étape décevante dans la bataille juridique contre les pratiques illégales d’enfermement de migrants à la frontière franco-italienne : le Conseil d’État a refusé la fermeture des locaux de la police aux frontières de Menton (Alpes-Maritimes) et de Montgenèvre (Hautes-Alpes), tout en reconnaissant le « grand inconfort » de la mise à l’abri dans ces espaces… Incongru et indigne.

Échecs du combat contre les algues vertes

La marée des algues vertes revient sur les plages des Côtes-d’Armor et devrait bientôt gagner le reste de la Bretagne. Un fléau subi depuis plus de vingt ans et qui est loin d’être endigué. Un rapport (non définitif) de la Cour des comptes et de la chambre régionale des comptes a pu être consulté en avant-première par Le Télégramme. Il révèle que les plans de lutte depuis dix ans ont été inefficaces, notamment à cause d’un manque de moyens financiers et d’implication du monde agricole et agroalimentaire. Selon les experts, le « moyen d’action prioritaire » est la réduction de l’azote issu de l’agriculture. Or celui-ci stagne depuis 2015…

Brevet en « socialisme »

Des paroles et des votes. Fin mars, le patron des socialistes, Olivier Faure, appelait l’Union européenne « à accepter de lever les brevets sur les vaccins, tests et médicaments ». Un mois plus tard, trois de ses députés au Parlement européen ont finalement voté contre l’amendement demandant la levée des brevets sur les vaccins. Leur nom, pour l’Histoire : Éric Andrieu, Sylvie Guillaume, Nora Mebarek.

Modi défait

La démagogie nationalo-religieuse ne résiste-t-elle qu’un temps face aux terribles réalités de la pandémie de Covid-19 ? Après des mois de gestion sanitaire calamiteuse, et malgré une campagne électorale enchaînant les meetings bondés sans gestes barrières, le BJP, parti de droite extrême (religieuse) du Premier ministre Narendra Modi, a essuyé une cuisante défaite aux élections régionales dans les États du Bengale occidental, du Kerala (que conservent les communistes) et même au Tamil Nadu. On ne peut que s’en féliciter.

Un 1er Mai sous surveillance

Le 1er mai, à Paris, les gaz, coups, grenades et charges policières face au cortège de tête ont stoppé les 25 000 personnes qui manifestaient. S’ajoutent à cela 46 interpellations, selon la préfecture. Étrange accoutumance à l’encadrement musclé des manifestant·es. L’affrontement entre éléments du black bloc et le service d’ordre de la CGT en fin de manif est plus inhabituel (une vingtaine de syndicalistes blessés).


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