Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Royaume-Uni : L’Écosse, sparadrap du capitaine Johnson

On votait pour les élections locales au Royaume-Uni jeudi dernier. Si le Labour (gauche) frise la majorité absolue au Parlement gallois, il perd 15 % de ses comtés anglais au profit des conservateurs, même s’il garde plusieurs grandes villes, dont Londres.

Cependant, pour Boris Johnson, la vraie mauvaise nouvelle est venue du Parlement d’Écosse, enjeu majeur de ces scrutins : le SNP (nationalistes de gauche) n’y rate la majorité absolue que d’un siège. Pour la Première ministre Nicola Sturgeon, c’est peut-être même le résultat le plus stratégique : son parti évite l’hégémonie absolue, tout en assurant à la cause indépendantiste une nette majorité de 56 % grâce à l’appoint des Verts, qui progressent aussi. De quoi réclamer dès samedi, au nom du peuple, le droit à un nouveau référendum d’autodétermination, après celui de 2014, en 2023 quand la crise du Covid aura été maîtrisée. Johnson aura bien du mal à tenir son opposition de principe, fondée sur un simple slogan : « Pas plus d’un référendum par génération. »

Télévision : Menaces de mort pour un docu

C’est l’histoire nauséabonde d’un documentaire glorifiant Jeanne d’Arc, et financé par la mairie d’Orléans, dirigée par le très droitier Serge Grouard (LR), programmé (clés en main) pour une diffusion le 8 mai sur France 3 Centre Val-de-Loire et, in fine, déprogrammé. En cause, pas seulement le propos mais un docu commenté par une journaliste de Valeurs actuelles, Charlotte d’Ornellas. Sur le service public, et à juste titre, ça coince. Mais ça dérange la fachosphère. Qui s’offusque, relayée par Pascal Praud, sur CNews, qui balance le nom du responsable de la chaîne. Visé par des menaces de mort, ce dernier a déposé plainte contre X pour « menace de crime ou délits contre les personnes ou les biens à l’encontre d’un chargé de mission du service public ». Signe des tensions qui règnent dans la ville, cinq individus ont agressé nuitamment les occupants du Théâtre d’Orléans, après un rassemblement johannique d’extrême droite samedi.

Social : L’assurance-chômage façon puzzle

Le Medef a ressorti le 6 mai une vieille idée : saucissonner l’Unedic, l’organisme gestionnaire ; confier un socle minimum de solidarité à l’État et laisser un deuxième étage assurantiel à la main des partenaires sociaux. Le décor est donc planté, alors qu’une concertation doit débuter au ministère du Travail sur la gouvernance de l’assurance-chômage. La baisse particulièrement brutale des droits pour les précaires, à partir du 1er juillet, doit également être confirmée en 2022 lors de la prochaine renégociation de la convention d’assurance-chômage… Entretemps, les élections auront fixé les équilibres.

Le triangle de Gonesse pas sorti du béton

Un an et demi après l’abandon d’Europacity, le gouvernement n’a pas renoncé à sacrifier les terres agricoles du Val-d’Oise. La gare de la ligne 17 du métro du Grand Paris verra bien le jour… au milieu des champs ! Pour qu’elle ne se sente pas trop isolée, une extension du marché de Rungis destinée aux « circuits courts » et une cité scolaire internationale formant « aux métiers de l’hôtellerie-restauration, de l’alimentation, de l’agriculture biologique » sortiront de ces terres fertiles… L’écologie selon Macron : défendre l’agriculture par le béton.

PCF : Une stratégie incompréhensible

Ne dites pas aux communistes qu’ils ont choisi de faire cavalier seul à la présidentielle, cela les fâche. Si 21 333 des 43 473 adhérents à jour de cotisation (72,4 % des suffrages exprimés) ont approuvé le choix de présenter un candidat communiste à la présidentielle, et si 23 219 (82,4 %) ont désigné pour cela leur secrétaire national, Fabien Roussel incarne, assurent-ils, « une candidature de rassemblement ».

D’ailleurs, le PCF assure que sa candidature vise à « travailler à construire un pacte d’engagements communs pour les élections législatives ».

Une stratégie incompréhensible, aux yeux de tous les dirigeants de la gauche et de l’écologie, tant il est établi qu’une victoire aux législatives n’est envisageable qu’après avoir emporté la présidentielle. Ce qu’une trop grande fragmentation rend très improbable.

Iglesias quitte le navire

Défait aux élections régionales de Madrid, Pablo Iglesias, qui avait quitté le gouvernement pour y conduire la liste de Podemos (7,2 %), se retire de la vie politique. L’élection a été remportée par la très réac Isabel Ayuso, surnommée la « Trump espagnole ». Deux consolations toutefois : les néolibéraux de Ciudadanos disparaissent, et l’autre formation de la vraie gauche, Más Madrid (17 ,1 %), fondée par Iñigo ErrejÓn, cofondateur de Podemos, devance le PSOE (16,8 %).

La science se ramène

Les kiosques devraient s’étoffer fin juin d’un nouveau venu. Dix journalistes de Science et Vie, démissionnaires après un bras de fer perdu contre Reworld Media, qui a racheté le titre en 2019, lanceront Epsiloon grâce à un apport d’un million d’euros du PDG d’Unique Heritage Media et une campagne de préfinancement par abonnements. « Une équipe cohérente, expérimentée et enthousiaste » qui fait « le pari d’être plus intéressant[e] à lire que [son] concurrent ».

Un violent bizutage

Les faits remontent à plus de deux ans mais sont établis. Le jeune militaire de l’armée de l’air qui porte plainte a été ligoté à une cible, un sac sur la tête, pendant que des avions de chasse effectuaient des tirs réels autour de lui. Selon le porte-parole du ministère, contacté par La Provence, une enquête a immédiatement été ouverte et des « sanctions fermes » prises contre les responsables de ce violent bizutage.

Mauvaises nouvelles de l’Antarctique

À mesure qu’elles s’affinent, les projections sur la fonte des glaces empirent. Dernière mauvaise nouvelle : on avait négligé, d’un tiers, l’importance du « relâchement » du substrat rocheux où repose la calotte antarctique, à mesure que sa fonte le libérera de son énorme pression. De quoi ajouter un mètre aux 10 mètres d’élévation projetés du niveau planétaire des mers vers 2300.


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