Danièle Obono : Valeurs actuelles jugé pour racisme

Mercredi 23 juin, l'équipe du journal comparaissait pour « injures à caractère raciste » contre la députée insoumise.

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Mercredi 23 juin, Erik Monjalous, directeur de la publication, Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction, et Laurent Dandrieu, auteur de l’article incriminé et rédacteur en chef des pages cultures de Valeurs actuelles, comparaissaient devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris pour « injures à caractère raciste » contre la députée insoumise Danièle Obono. En cause : une série de « fictions politiques » publiées à l’été 2020 censées mettre en scène des personnages actuels dans des contextes historiques passés. Si Éric Zemmour y était dépeint en héros napoléonien, celui, appelé « Obono l’Africaine », transporte la députée d’origine gabonaise au XVIIIe siècle dans le sud du Tchad, où elle est vendue à des esclavagistes arabes avant d’être rachetée et sauvée par un missionnaire catholique qui la ramène en France…

Tous les poncifs racistes sont convoqués. « C’est raciste ne serait-ce que parce que le Noir est décrit comme l’état de nature, le Blanc celui de la culture qui élève… », s’étouffe le procureur, qui requiert 1 500 euros d’amende. Si l’équipe du journal déjà condamné en 2015 pour provocation à la haine envers les Roms s’est excusée auprès de Danièle Obono et a reconnu « une énorme erreur », elle prétend avoir choisi la députée pour ses idées, et non pour sa couleur de peau… mais avoue avoir hésité entre Omar Sy, Lilian Thuram et Danièle Obono ! Laurent Dandrieu reconnaît, lui, que la couleur de peau de la députée a effectivement rendu son texte « romanesquement plausible ». Il dit aussi avoir voulu retracer l’histoire, taboue selon lui, de l’esclavage entre Africains. L’auteur prétend que le contexte « racialiste » et « indigéniste » – idéologies attribuées à la députée Obono qui réfute ces étiquettes – permet l’instrumentalisation de l’histoire avec un objectif de « culpabilisation universelle de l’Occident »… Les parties civiles ont demandé plus 100 000 euros de dommages et intérêts pour que, selon l’avocat de la députée, « ce commerce ne soit plus profitable ».

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