Canada : un pas vers la réconciliation avec les Autochtones

Mary Simon devient la première femme autochtone à être nommée gouverneure générale du Canada, un poste prestigieux lié à la couronne britannique. Cette annonce survient alors que des sépultures d’enfants sont mises au jour à proximité d’anciens pensionnats catholiques.

O n est vraiment fières qu’une femme d’une nation [autochtone] occupe un poste aussi important », nous glisse au téléphone Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ). Pour elle, le Premier ministre, Justin Trudeau, a fait un choix judicieux en nommant Mary Simon à la fonction de gouverneure générale du Canada, le 6 juillet.

Originaire du Nunavik, un territoire au nord du Québec, elle est réputée pour avoir défendu les droits et la culture des Inuits, peuple autochtone du nord-est canadien. Ex-journaliste et ambassadrice au Danemark, Mme Simon a également participé à l’inscription des droits autochtones, ancestraux ou issus de traités, dans la Constitution.

En tant que gouverneure générale, elle est désormais la garante des institutions et de la loi fondamentale qui protège ces droits, mais aussi la commandante en chef des forces armées canadiennes. Pendant cinq ans, elle aura la capacité de dissoudre le Parlement ou de demander au chef du parti d’opposition de former un gouvernement, si la situation l’exige.

« C’est un poste symbolique. Les gouverneurs généraux n’ont jamais de pouvoir décisionnel, mais ils ont un pouvoir de recommandation », nous confie Karine Vanthuyne, professeure à l’université d’Ottawa en anthropologie et études autochtones.

Réconciliation

La nomination a été chaleureusement accueillie par des représentants des Premières Nations, du Nord canadien jusqu’à Montréal. Beaucoup y voient un moyen de participer aux prises de décision, mais aussi d’amorcer « une forme de réconciliation et de reconnaissance », comme le soutient Viviane Michel.

Mais il en est d’autres que la nouvelle laisse sceptique. Il faut dire que la gouverneure générale représente la reine Elizabeth II au Canada, lequel fait partie du Commonwealth à titre d’État indépendant depuis 1931. Selon Karine Vanthuyne, certains jugent problématique « qu’une personne autochtone ait accepté ce poste-là, parce que c’est accepter le pouvoir colonial ». En dépit de ces critiques, la professeure estime que cette nomination « démontre quand même qu’on est loin du temps où on pensait que les Autochtones étaient fondamentalement inférieurs ». Si, selon elle, Mary Simon figurait sur la liste de potentiels élus pour ce poste depuis quelque temps, cette nomination intervient dans un moment charnière pour le Canada et les Premières Nations, alors que le besoin de réconciliation est à son comble.

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