Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Bangladesh : Quand la mondialisation tue…

Cinquante-deux morts, au moins trente blessés graves, asphyxiés, brûlés vifs, dont des enfants, surexploités dans cette usine agroalimentaire près de Dacca, la capitale du Bangladesh, qui s’est enflammée en quelques minutes. C’est le terrible bilan d’une énième tragédie de ce type – dont l’effondrement du Rana Plaza, immeuble-usine, qui fit près de 1 150 morts en 2013 – dans ce pays devenu ces dernières années l’un des grands producteurs de denrées vendues à (très) bas prix en Occident. Alors que la loi du Bangladesh interdit l’emploi des mineurs de 14 ans, cet incendie de l’usine de la compagnie Hashem Food and Beverage, dont le patron a été interpellé, avec ses quatre fils, a révélé que des enfants d’à peine plus de 10 ans y travaillaient. Les normes de sécurité n’étaient pas respectées et des produits chimiques étaient illégalement entreposés dans le bâtiment, accélérant la propagation du feu. Quand le profit n’a pas… d’odeur.

Primaires : Le pôle écologiste largue sa droite

Présentés à la presse le 12 juillet, les candidats à la primaire écologiste de la présidentielle ne seront finalement que quatre. La députée Delphine Batho, l’eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Éric Piolle et l’ancienne numéro 2 d’EELV Sandrine Rousseau ont obtenu chacun au moins 28 parrainages des 219 parrains et marraines, issus des cinq organisations du pôle écologiste (EELV, Génération. s, Mouvement des progressistes, Génération écologie et l’Alliance écologiste indépendante), qui ont pu voter pour sept candidatures déclarées. Parmi les recalés figure l’élu niçois Jean-Marc Governatori, qui avait fait bande à part aux régionales. Il lui aura manqué les 19 parrainages que lui aurait apportés Cap 21. La petite formation de Corinne Lepage, avec qui il avait formé Cap écologie, a été exclue du pôle écologiste le 7 juillet en raison de son refus de s’engager à soutenir le candidat sortant de la primaire. L’ancienne ministre de Jacques Chirac, qui exclut pouvoir soutenir Éric Piolle, exigeait que soient « garanties la défense des valeurs républicaines et la laïcité » au sens où l’entend Manuel Valls. Son départ (et celui, probable, de Governatori) est une clarification salutaire.

Climat : Le grand bond en arrière

Alors que la planète brûle, dans l’ouest du Canada et ailleurs, le gouvernement a calé sur deux mesures emblématiques pour le climat. La semaine dernière, c’était l’abandon du projet de loi visant à introduire dans la Constitution, via un référendum, la préservation de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique. Après six mois de guérilla politicienne, le Sénat, tenu par la droite, a récusé la version votée par la majorité gouvernementale à l’Assemblée nationale. Un échec si prévisible qu’il faut y voir une manœuvre de Macron pour se délivrer, sur le dos de son opposition de droite, de l’encombrante promesse de référendum faite à la Convention citoyenne pour le climat.

Dans le même temps, le gouvernement a reporté à 2024 (ou plus) l’abandon du charbon à la centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), pourtant prévu en 2022, quand fermeront les trois dernières centrales cousines en France. L’excuse d’EDF : la substitution du charbon par des déchets de bois n’est pas rentable.

Piqûre de rappel

Quelle mouche a piqué Didier Raoult ? Le 9 juillet, le directeur de l’IHU se fendait d’un tweet où il se dit « favorable à la vaccination systématique des personnels soignants ». Incompréhension dans la raoultosphère, plus habituée aux discours ambigus sur les vaccins covid. Le 5 juillet encore, la chaîne Youtube de l’IHU hébergeait la conférence d’un cardiologue américain propagateur notoire de désinformation sur le sujet. L’explication se trouvait peut-être le matin même dans La Provence, où, interrogé sur la communication pour le moins « autonome » de l’IHU, le nouveau directeur de l’AP-HM rappelle fermement que « quand on s’exprime au nom de l’institution, on s’exprime avec l’accord de l’institution ».

Harcèlement : Esther Benbassa fait profil bas

Figure des Verts, la sénatrice Esther Benbassa a annoncé vendredi 9 juillet sa mise en retrait de la vice-présidence du groupe Écologistes-Solidarité et territoires. La veille, Mediapart publiait une enquête relatant les témoignages d’une dizaine d’ancien·nes collaborateurs et collaboratrices, travaillant pour l’élue au Sénat ou au sein de l’École pratique des hautes études. Tous dépeignent une ambiance « de terreur », où « les humiliations, les menaces et le harcèlement » ponctuent les sessions de travail. L’écologiste aurait ainsi imposé une culture du sacrifice à ses assistant·es, réclamant par exemple le report d’une opération du poumon – urgente – pour mieux coller à son agenda. Quelques heures après la publication du papier, Esther Benbassa fournit des excuses mesurées, pour son ton « direct » et des « mouvements d’humeur », sans reconnaître un réel « harcèlement moral ».

Valls s’installe à BFMTV-RMC

Ancien Premier ministre, ancien député et bientôt ancien conseiller municipal, Manuel Valls s’improvise chroniqueur. Déjà lassé de son aventure espagnole, il interviendra deux fois par semaine sur les médias du groupe NextRadioTV. En soirée sur BFMTV, face à Alain Duhamel ; dès l’aube sur RMC, en compagnie d’Apolline de Malherbe, femme de son ancien conseiller com’, Harold Hauzy.

Une directrice des sports à Radio France

À la rentrée, le pôle sports de Radio France aura un nouveau visage. La journaliste Nathalie Iannetta en prend la tête le 1er septembre, remplaçant Vincent Rodriguez. En parallèle, les conclusions d’une enquête interne sur le sexisme au sein de la rédaction, ouverte après le documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, devraient être restituées. La direction de la Maison ronde assure que l’ancien chef des sports n’y sera pas mis en cause.


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