Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Afghanistan : La Turquie et la Grèce plantent les barricades

Avant que Kaboul ne tombe, la -Turquie et la Grèce se renvoyaient déjà la balle. Dans les deux pays, l’avenir des migrant·es afghan·es devient un sujet politiquement périlleux. Côté grec, on se retranche. Deux ministres et le chef des armées hellènes se sont déplacés le 20 août pour annoncer la construction d’un mur de 40 kilomètres bordant la frontière turque, qui s’ajoute à un arsenal de caméras, drones et capteurs de mouvements. Côté turc, on s’insurge. Et on se barricade. Recep Tayyip Erdogan refuse de prendre le rôle d’un « garde-frontière » pour d’autres. L’État turc a accéléré l’édification d’un mur longeant sa bordure iranienne, sur près de 300 kilomètres. Hasard historique, la Turquie commémore la mémoire du mystique Haci Bektas, fondateur au XIIIe siècle de la confrérie des Bektachis. Il était arrivé en migrant après avoir fui l’ancienne province du Khorasan… qui inclurait aujourd’hui l’Afghanistan.

À Gardanne, les ouvriers défendent leur projet

Les premières lettres de licenciement sont tombées le 19 août pour une partie des 98 ouvriers licenciés sur la centrale à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône), arrêtée en 2019 sur décision gouvernementale. Malgré une ambiance particulièrement tendue, après deux ans et demi de conflit dans une centrale à l’arrêt, les ouvriers remuent ciel et terre pour défendre un projet de reconversion en site de production de méthane et d’hydrogène à partir de déchets de bois. Ils assurent avoir réussi à convaincre plusieurs partenaires industriels et financiers, et se tournent désormais vers l’Europe et les fonds du plan de relance. Gazel-Energie, la filiale du milliardaire Daniel Kretinsky qui a racheté le site de Gardanne après l’annonce de sa fermeture, vient de faire un geste en acceptant de céder 3 hectares de foncier pour leur futur projet. L’industriel promet également « plusieurs millions d’euros par an » pour cette reconversion, à condition qu’elle soit pilotée par la direction actuelle du site. Une condition inacceptable pour les salariés, réunis en coopérative, qui demandent désormais le départ pur et simple de Kretinsky.

855 millions pour les exilés… fiscaux

Pour rapatrier en France l’argent de l’exil fiscal, Bercy manie la carotte plus habilement que le bâton. Les ristournes négociées entre le ministère de l’Économie et les fraudeurs, pour les inciter à payer leur dû sans engager de guérilla juridique avec le Trésor public, ont atteint en 2020 la somme de 855 millions d’euros. En jargon fiscaliste, cela s’appelle des « modérations consenties » : hors de tout cadre juridique, les gros fraudeurs, principalement des multinationales, qui sont les seules à pouvoir entrer en guerre contre l’État, bénéficient d’un rabais équivalant, cette année, aux deux tiers du total des droits et pénalités qu’ils devaient à l’administration fiscale. Le nom des heureux bénéficiaires n’a pas été publié, secret fiscal oblige.

Xavier Bertrand de la chasse à la croisade

« C’est un combat que nous devons mener, pour protéger les Français… » Pas un sourire, à peine le temps de respirer, ce 23 août sur Europe 1, Xavier Bertrand cavale d’une formule à l’autre comme si sa vie en dépendait. Grand ami des chasseurs (« des écologistes de bon sens »), le candidat part cette fois en chasse contre le « salafisme ». « Il y a 90 à 100 mosquées salafistes en France, qu’est-ce qu’on attend ? » s’impatiente-t-il. « Ils veulent nous exterminer, nous devons les éradiquer. » Pour ce faire, avant un putatif référendum, il doit franchir une première étape difficile : « Les Français doivent me faire confiance. »

Royaume-Uni : Ken Loach expulsé du Labour

Une « purge » ! C’est le mot de Ken Loach, membre du Parti travailliste depuis les années 1960, deux fois Palme d’Or à Cannes pour ses films dénonçant les terribles inégalités sociales dans son pays. Son éviction du Labour s’explique par la volonté du très social-libéral Keir Starmer, le nouveau leader, de rompre avec l’ancienne direction Corbyn qui, en dépit d’un engouement populaire massif, a subi une lourde défaite électorale en 2019 suite au vote en faveur du Brexit. Cible de ridicules accusations d’antisémitisme pour son engagement constant en faveur de la cause palestinienne, Jeremy Corbyn a fini par être réintégré. « Starmer et sa clique ont décidé que je n’étais pas apte à être membre de leur parti », martèle Loach, mais « ils ne dirigeront jamais un parti du peuple. Nous sommes nombreux, ils sont peu nombreux. Solidarité ! »

Retour vers le passé

Quatre ans après avoir quitté Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach, 83 ans au compteur, revient dans les bagages de Vincent Bolloré. Le magnat a trouvé paraît-il « excellente » l’idée de confier le grand entretien du week-end de 8 h 15 à celui qui n’assurait plus qu’une interview du dimanche sur CNews. En être réduit à rappeler un journaliste qui a débuté en Algérie française, donne une idée de la saignée opérée dans la rédaction d’Europe 1.

Osée Joséphine

Première femme noire au Panthéon, Joséphine Baker choqua la France avec ses danses à demi-nue et sa bisexualité assumée. Elle fut aussi grande résistante, cachant des armes et des Juifs pourchassés dans son château des Milandes en Dordogne. Macron dit vouloir en faire le symbole d’une « France réconciliée ». Plus rien ne s’oppose à la panthéonisation de Gisèle Halimi…

La messe est dite sur Bolloré TV

Ce 15 août, CNews a retransmis la messe de Lourdes, et C8 celle de Cotignac (Var). Le lendemain, C8 a diffusé sans honte Unplanned, un film américain de propagande anti-avortement. Une programmation qui donne la nausée et laisse penser que Vincent Bolloré, propriétaire catholique du groupe Canal+, compte bien imposer son idéologie avant de prendre sa retraite début 2022. Sa stratégie : miser sur les grenouilles de bénitier et la désinformation à l’aube de la présidentielle…

Feu vert pour la pollution !

Au cœur de l’été, le gouvernement a publié un décret qui ravira les industries polluantes. Il supprime notamment l’obligation de saisine de la Commission nationale du débat public pour les projets industriels cofinancés par l’Europe (soit 45 % des dossiers) et permet, sous conditions, de commencer les travaux avant délivrance de l’autorisation environnementale.


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