Gratuité des trains : Policiers, à vos armes !

Le ministère de l’Intérieur accède à une demande des syndicats de police majoritaires.

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Dès 2023, les billets de trains pourront être gratuits pour les policiers. Le ministère de l’Intérieur accède ainsi à une demande des syndicats de police majoritaires. Mais pas à n’importe quel prix ! Déjà, cette gratuité ne concernera que les 115 000 policiers actifs – exit les administratifs. Ensuite, elle ne sera effective que moyennant leur signalement au chef de bord ainsi que le port de leur arme. Une action « donnant-donnant » nous dit-on place Beauvau : pour accéder à la gratuité, les policiers devront participer à la sécurisation du voyage. Le chef de bord pourra les solliciter pendant le trajet.

Cette mesure incite donc les policiers à voyager avec leur arme, même pour partir en vacances. Or, la gestion d’une arme implique légalement une organisation et une responsabilité. « Oui, mais le policier est formé pour cela, il a l’habitude de porter son arme », rétorque Stanislas Gaudon, secrétaire administratif général du syndicat Alliance, admettant tout de même qu’il aurait été difficile d’obtenir une gratuité totale sans une forme de contrepartie. Car si le policier ne veut pas s’imposer cette pression – et il en existe ! – il paiera son billet plein pot, sans pour autant s’exonérer de son obligation légale d’intervenir en cas de problème. L’article R434-19 du code de la Sécurité intérieure est clair : « Lorsque les circonstances le requièrent, le policier ou le gendarme, même lorsqu’il n’est pas en service, intervient de sa propre initiative, avec les moyens dont il dispose, notamment pour porter assistance aux personnes en danger. »

Pour ceux qui accepteront le deal, le billet de train sera donc payé par le ministère de l’Intérieur. Un budget ministériel dont on nous précise, place Beauvau, qu’il n’est pas connu précisément. Même les éléments relatifs aux négociations commerciales avec la SNCF « ne seront pas rendus publics » … vive la transparence !

Les modalités précises d’organisation sont encore en discussion alors qu’au même moment, au ministère des Transports, on remet en question la gratuité du train pour les cheminots… Un grand sens du timing !


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