Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Grèce : Nouvelle attaque contre le droit de grève

Le gouvernement de droite dure, en place depuis la chute d’Alexis Tsipras en 2019, dirigé par Kyriakos Mitsotakis, leader conservateur grec qui ne cache pas vraiment sa nostalgie pour le régime dictatorial des colonels (1967-1973), a fait adopter cet été une loi scélérate contre le mouvement syndical, visant en particulier l’exercice du droit de grève. Si la Constitution grecque garantit en principe ce droit collectif, cette nouvelle loi tend à le rendre quasiment impraticable dans les faits. Les syndicats et les noms de tous leurs adhérents devront désormais être enregistrés sur un registre ad hoc, avec en outre un contrôle strict de leurs procédures et élections internes par l’administration. À se demander si ce n’est pas contraire au droit européen et aux principes du Bureau international du travail… La Grèce prend en tout cas une mauvaise voie ces temps-ci.

Espagne : Désastre écologique

Ce sont des milliers de personnes, pour la plupart vêtues de noir, qui ont manifesté ce samedi 28 août le long de la lagune de Mar Menor, dans le sud-est de la péninsule ibérique. Une chaîne humaine impressionnante de plusieurs kilomètres qui s’est mobilisée contre « un désastre écologique », en un lieu qui voit des milliers de poissons et de crustacés crevés s’échouer chaque jour sur les plages (plus de 4,5 tonnes d’animaux depuis seulement le 16 août, selon les estimations). En cause, la raréfaction de l’oxygène liée aux rejets de l’agriculture intensive, l’usage abusif des nitrates et des phosphates. Les militants dénoncent également l’inaction des autorités publiques, l’indifférence du gouvernement sur une catastrophe qui s’empire depuis 2019.

Retour vers le passé antédémocratique

Jamais en panne d’idées régressives, Éric Woerth a dégainé une proposition décoiffante lors du campus LR à La Baule. Pour « renforcer la démocratie », le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale a suggéré d’« étudier l’opportunité pour les propriétaires de résidences secondaires, qui seront les seuls à payer la taxe d’habitation, de voter aux élections municipales sur leurs deux lieux de vie ». L’idée n’est pas nouvelle : c’est une sorte de resucée de la loi du double vote de… 1820. Abolie par la révolution de 1830, elle permettait aux plus riches, dans le cadre du vote censitaire, de voter deux fois.

Centres d’appels : La justice s’intéresse aux salariés

Une information judiciaire est ouverte à Marseille au sujet des chocs acoustiques subis par les salariés du centre d’appels de Free. Depuis 2014, des téléconseillers se plaignent de chocs violents provoquant acouphènes, pertes d’équilibre et migraines. Saisi en 2018 par l’inspection du Travail, le procureur de Marseille a ouvert une enquête pour « blessures involontaires » et « violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité dans le cadre du travail ». Une première considération importante pour la centaine de salariés victimes, qui ont d’abord fait face au déni, puis, après des travaux sur le site, s’opposent à une direction qui minimise les faits et licencie à tour de bras.

Harcèlement : Une loi de convenance personnelle

Le 5 août, la sénatrice LR Joëlle Garriaud-Maylam a déposé une proposition de loi pour lutter « contre la quérulence », un trouble psychiatrique paranoïaque qui conduit au harcèlement judiciaire. Or, c’est exactement ce que la sénatrice reproche à son ancien collaborateur parlementaire, qui la poursuit pour harcèlement. La démarche législative est osée. D’autant que ses méthodes de management sont souvent pointées du doigt. Dans un rapport du 11 mars, le comité de déontologie parlementaire évoque des « propos dégradants » de Joëlle Garriaud-Maylam envers ce membre de son équipe et des « dysfonctionnements managériaux et organisationnels ». En 2016, une autre collaboratrice avait été hôpitalisée, suite à un malaise « causé par le harcèlement » de la sénatrice, disait alors l’attachée parlementaire.

Manifestation unitaire le 5 octobre

Une intersyndicale réunissant la CGT, FO, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse (FIDL, Unef, MNL et UNL) appelle à une journée de mobilisation le 5 octobre, pour demander notamment l’abandon de la réforme de l’assurance chômage, que le gouvernement veut appliquer au 1er octobre en remplaçant le décret suspendu par le Conseil d’État. Les syndicats affichent des revendications larges (salaires, privatisations, réforme des retraites), mais aucun mot d’ordre au sujet du passe sanitaire.

Mauvaise fréquentation

La rencontre s’est produite à l’université d’Objectif France, le 28 août. Éric Zemmour s’est réjoui dans un tweet d’y avoir eu « de riches discussions » avec Rafik Smati, le président de ce micro-parti de droite, et… Corinne Lepage. La coprésidente de Cap écologie se défend de toute « proximité » avec le polémiste d’extrême droite. Mais qu’allait-elle faire dans un rassemblement dont il était la tête de gondole ?

La Chine tente la RTT

Y aurait-il encore un (vrai) « communiste » à la Cour suprême chinoise ? La haute juridiction de Pékin a en effet déclaré « illégal » l’horaire hebdomadaire de travail dans le secteur des nouvelles technologies : 12 heures par jour, 6 jours par semaine. Pointant en particulier le recours aux heures supplémentaires par l’employeur en raison des « impératifs de la production ». Verra-t-on enfin « l’usine du monde » soumise à un droit du travail digne de ce nom ?

Ben se recase

Reconversion sur le petit écran pour l’ancien député LRM, qui briguait la mairie de Paris aux dernières élections municipales. Benjamin Griveaux, chu à la suite de la diffusion de vidéos à caractère sexuel, rejoint la chaîne B Smart, ex-BFM Business, dirigée par Stéphane Soumier, pour une émission économique autour des stratégies d’entreprise. C’est sûr qu’en termes de stratégies, l’ancien porte-parole du gouvernement s’y connaît !


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