Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Électricité : Les caprices du marché

Le mécanisme servant à fixer le prix de l’électricité est tellement abracadabrantesque que le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a été forcé de reconnaître son « aberration » (Public Sénat, 24 septembre). Et pour cause, la hausse prévisible de l’électricité, estimée à 10 % début 2022 par UFC Que choisir, serait principalement due à la hausse du gaz (+ 44 % depuis janvier). Explication : sur le marché de l’électricité, que l’Europe s’acharne à organiser depuis trente ans pour installer une concurrence fictive, le prix du mégawattheure fluctue selon celui des matières premières servant à faire tourner les centrales. Et nos voisins carburent en partie au gaz, alors que la France s’éclaire principalement grâce à de l’uranium et de l’eau. Cette absurdité fait tiquer le pouvoir en période de cherté, mais on attend toujours ses conclusions quant aux bienfaits supposés de la sacro-sainte concurrence.

Islande : Le Parlement frise la parité femmes-hommes

Un record en Europe. Le Parlement islandais sera désormais composé de 47,5 % de femmes. Les élections législatives qui se sont déroulées le 25 septembre ont permis à l’Islande de passer devant la Suède, qui comptait 47 % de députées dans son Parlement, selon les données de la Banque mondiale. Résultat ? Trente des soixante-trois sièges de l’Althing, le Parlement islandais, seront occupés par des femmes durant quatre ans. Mais politiquement aussi, les lignes risquent de bouger. En effet, si les résultats ont confirmé la coalition de partis de gauche et de droite au pouvoir depuis 2017, le score important du Parti de l’indépendance (droite conservatrice), la poussée du Parti du progrès (centre droit) et le résultat décevant de la gauche incarnée par le Mouvement écologiste de la Première ministre risquent fort d’empêcher Katrin Jakobsdottir de conserver son poste.

Diplomatie : Le Drian, le matamore

Après l’affaire des sous-marins, les mots étaient terribles : « duplicité », « trahison ». Avec Jean-Yves Le Drian, on allait voir ce qu’on allait voir, en représailles de ce marché que les États-Unis nous avaient volé. Nos ambassadeurs à Washington et à Canberra étaient rappelés « en consultation ». Un geste ultime dans le langage codé de la diplomatie. Oui, mais comment les renvoyer à leur poste ? Après quelles plates excuses du Président américain ? Après quel dédommagement de la part de l’Australie ? Allait-on s’émanciper de la lourde tutelle américaine en quittant le commandement intégré de l’Otan ? Au total, rien. Un appel « amical » de Joe Biden aura suffi. Moralité : rien ne sert de jouer les matamores quand on n’a pas les moyens.

Darmanin au concours d’ignominie

« Sur l’immigration, nous faisons mieux que nos voisins. Quand l’Allemagne accepte 50 % des demandes d’asile, nous en acceptons 30 %. L’Allemagne compte deux fois plus d’étrangers que la France, mais aussi deux fois plus d’étrangers en situation irrégulière. » Quand Gérald Darmanin se félicite d’un état de fait, c’est rarement bon signe. Alors qu’au même moment Éric Zemmour éructait sa fange sur BMF TV, le ministre de l’Intérieur, sur France 2, se décernait la médaille du meilleur xénophobe. C’était le 24 septembre, un soir comme un autre dans notre douce France, où l’ignominie a désormais table ouverte sur les chaînes de télévision.

Le choix des LR rétrécit la droite

C’est voté. À 58 %, dans un vote électronique, les adhérents Les Républicains ont retenu l’option du congrès à deux tours pour choisir le candidat de la droite qui les représentera à la présidentielle. Cette procédure claque la porte au nez des partis alliés, comme le Nouveau Centre d’Hervé Morin ou l’UDI de Jean-Christophe Lagarde. Ces derniers souhaitaient une procédure plus ouverte et enragent d’en être ainsi exclus puisque seuls les militants LR seront autorisés voter à ce congrès, prévu le 4 décembre.

Le Maroc élit des femmes

C’est inédit. À l’issue des élections du 8 septembre, Rabat, Casablanca et Marrakech seront dirigées par des femmes. Représentantes du Rassemblement national des indépendants, Asmaa Rhlalou devient la première maire de la capitale et Nabila Rmili celle de la mégapole économique de 3,5 millions d’habitants. Fatima Zahra Mansouri, du Parti authenticité et modernité, reprend la tête de la capitale touristique.

Toulouse privée de fiertés ?

C’est du jamais vu depuis que les marches des fiertés existent en France. À Toulouse, la préfecture veut interdire de centre-ville ce défilé organisé, structuré et sécurisé, prévu le 9 octobre. Le prétexte : la crainte de troubles générés par d’autres manifestations ce jour-là. Une pétition en ligne, cosignée par une quarantaine d’associations, demande au gouvernement de
se raviser.

La Chine renonce au charbon… à l’étranger

C’est fini : la Chine ne construira plus de centrales à charbon à l’étranger. C’est un des engagements pris par Xi Jinping lors de son intervention en vidéo à l’Assemblée générale de l’ONU, le 21 septembre. Premier consommateur de charbon mais aussi très grand financeur de projets de développement à base de charbon dans le monde, la Chine s’est engagée à atteindre la neutralité carbone avant 2060.

Le pain des Français

La meilleure baguette de Paris est confectionnée tous les matins par un boulanger tunisien. Arrivé sans papiers en France il y a dix-neuf ans, Makram Akrout, dont la boutique Les Boulangers de Reuilly est située dans le XIIe arrondissement, a été distingué comme le meilleur artisan-boulanger parmi plus de 170 candidats dans la capitale. Le lauréat fournira pendant un an les tables du palais de l’Élysée. N’en déplaise aux zemmouriens de tout poil, c’est un immigré qui excelle à faire le pain des Français.

Une dissolution sous pression

L’Alliance de Hongkong, un groupe prodémocratie qui organisait depuis trente ans des veillées annuelles à la mémoire des victimes de la répression de la place Tiananmen à Pékin, en 1989, a voté sa dissolution le 25 septembre. Accusée par les médias d’État chinois et les responsables pro-Pékin d’être une organisation subversive, l’Alliance s’est récemment vue obligée de supprimer son site Internet, et trois hauts responsables du groupe ont été inculpés.


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