Mort de Zineb Redouane : les CRS blanchis

L’enquête administrative est clôturée, même si l’information judiciaire se poursuit.

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Les deux CRS impliqués dans la mort de Zineb Redouane, 80 ans, touchée à la tête par une grenade lacrymogène chez elle en décembre 2018 en marge d’une manifestation des gilets jaunes à Marseille, ne seront pas sanctionnés. Malgré les demandes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) de les traduire devant un conseil de discipline, le directeur de la police nationale (DGPN), Frédéric Veaux, a estimé que la nuit tombante, le bruit, la fumée et l’atmosphère de la manifestation des gilets jaunes suffisaient à expliquer le manque de discernement des deux hommes, qui seront simplement obligés de suivre un stage de formation continue…

Une décision qui ridiculise une nouvelle fois la police des polices, dont les recommandations ne sont pas suivies par la DGPN. Déjà, pendant l’enquête, l’IGPN s’était heurtée aux réticences de la hiérarchie. Elle avait demandé de récupérer le lanceur de grenades utilisé pour tirer sur l’immeuble de Zineb Redouane, aux fins d’analyse balistique. Or le capitaine des CRS lui avait refusé, expliquant n’avoir pu identifier le tireur ni le lance-grenades parmi les cinq dont était dotée son unité.

Après une plainte de Me Bouzrou, avocat de la famille de Zineb Redouane, le lance-grenades a finalement été identifié et analysé. Mais, en juin 2020, l’expertise balistique exonère le CRS auteur du tir et conclut à une « mort accidentelle ». Et les enquêteurs n’ont pas pris en considération l’environnement urbain au moment du tir. Or les instructions du ministère de l’Intérieur sont strictes en matière de tir, rappelle une enquête menée par Disclose et Forensic Architecture publiée en décembre 2020, qui met en cause la responsabilité du tireur et de la hiérarchie policière.

Dans un exercice d’équilibriste, Brigitte Jullien, directrice de l’IGPN – nommée par la DGPN – a estimé dans son rapport que le tir était réglementaire mais risqué et inadapté, demandant un passage en conseil de discipline. Refusé. L’enquête administrative est clôturée, même si l’information judiciaire se poursuit.


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