Répression à Calais : Aux grands intérêts, les grands moyens

C’est un véritable arsenal antiterroriste qui a été déployé le 11 février pour évacuer une vingtaine de membres du collectif Calais Logement pour tous·tes.

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Un hélicoptère, une équipe du Raid lâchée sur le toit d’un immeuble, du gaz lacrymogène, des explosifs pour ouvrir les portes : c’est un véritable arsenal antiterroriste qui a été déployé le 11 février pour évacuer en urgence la vingtaine de membres du collectif Calais Logement pour tous·tes qui occupaient un immeuble inhabité et voué à la démolition. Les militants, installés dans les lieux depuis le 3 février, avaient affirmé plus tôt ne pas vouloir partir tant que leurs revendications – arrêt des expulsions de campements de migrants toutes les 48 heures, régularisation des squats de la ville, réquisition immédiate de tous les bâtiments vides – n’étaient pas entendues.

Deux jours plus tôt, le bailleur Terre d’Opale Habitat déposait une demande en référé auprès du tribunal de Boulogne-sur-Mer, qui signait l’ordonnance d’évacuation de l’immeuble le lendemain. Pourtant, la veille de l’opération, l’avocate de l’un des occupants recevait une réponse du tribunal lui confirmant qu’aucune expulsion n’avait été demandée. Un timing d’autant plus troublant que, le 10 février, jour de la signature de l’ordonnance d’évacuation, la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart, annonçait officiellement son soutien à Emmanuel Macron, portant un coup de plus à la campagne essoufflée de Valérie Pécresse. Dans sa prise de parole accordée au Figaro, l’édile parle notamment de Calais comme d’une « ville exposée » qui a pu compter sur le Président, mais aussi sur un ministre de l’Intérieur à « l’écoute attentive », ayant apporté « les renforts qu’on demandait ».

En retour, Gérald Darmanin n’a pas manqué de saluer ce nouveau soutien, soulignant que Mme Bouchart « a vu quotidiennement le travail difficile mais énergique du président de la République pour aider Calais ». Avec la simultanéité de ces congratulations mutuelles, de ce soutien affiché et des opérations anti-migrants dignes d’une superproduction hollywoodienne, la campagne du Président annonce une stratégie manipulatoire des plus débridées.


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