les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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L’Écho de Moscou cesse d’émettre

L’une des premières radios russes considérées comme indépendantes a cessé d’émettre le 3 mars. Très écouté, L’Écho de Moscou est né le 22 août 1990 à la chute de l’URSS, sous le nom de Radio-M. Refusant de diffuser la propagande du Kremlin, « la radio libre pour les gens libres » a préféré cesser d’émettre. Une partie de la rédaction fait de la résistance sur YouTube et risque ainsi la prison.

Présidentielle : Zemmour condamné

Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle Éric Zemmour vient d’être condamné une quatrième fois par la justice, cette fois pour « contrefaçon de droit d’auteur ». L’objet de cette condamnation n’est autre que son clip de déclaration de candidature, mis en ligne en grande pompe sur YouTube le 30 novembre dernier. Outre une ambiance crépusculaire et anxiogène qui mériterait d’être condamnée moralement, la fameuse vidéo utilise, sans aucune autorisation, de nombreux extraits de films dont Jeanne d’Arc, de Luc Besson, Un singe en hiver, d’Henri Verneuil, ou Dans la maison, de François Ozon. Éric Zemmour, son parti Reconquête ! et François Miramont (responsable de l’association Les Amis d’Éric Zemmour) sont condamnés à verser 5 000 euros à chacune des onze parties civiles et 10 000 euros de frais de justice, soit 165 000 euros, et doivent également couper les séquences litigieuses.

Présidentielle : Convocations en rafale

On reproche à l’un d’avoir maintenu un meeting malgré les intimidations de l’extrême droite, et à l’autre d’avoir dénoncé les violences policières.

Jeudi 3 mars, Anasse Kazib était convoqué par la police, qui le soupçonne d’avoir « commis ou tenté de commettre l’infraction d’une manifestation sur la voie publique », le 9 février. Il devait présenter ce jour-là son programme à la Sorbonne, comme d’autres l’ont fait avant lui. Mais le groupe identitaire Les Natifs s’en mêle. Craignant des échauffourées, le candidat aux 144 parrainages organise finalement un rassemblement spontané devant le Panthéon « contre les menaces fascistes ». Les militants de l’extrême droite, eux, n’iront pas s’expliquer devant les policiers.

C’est aussi devant ces derniers que Philippe Poutou, heureux élu du NPA pour l’élection présidentielle, devra se justifier. Lundi, le Conseil constitutionnel validait sa candidature et la police nationale le convoquait pour « injure publique envers une administration publique », pour avoir affirmé sur BFM, en octobre, que la « police [tuait] ». Douche écossaise pour le candidat du NPA

Le candidat Macron veut supprimer la redevance

Le président-candidat présente cela comme une « mesure en faveur du pouvoir d’achat ». La disparition de la redevance télévisuelle ressemble plutôt à une attaque en règle contre le service public de l’information. Le Président, qui a réclamé 50 millions d’euros d’économies au secteur public de l’audiovisuel, l’avait, on s’en souvient, qualifié de « honte de la République », fin 2017, devant les députés de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. L’Élysée avait démenti le propos.

Pour Julia Cage, économiste spécialiste des médias, cette mesure est « une atteinte à l’indépendance des médias alors même que l’audiovisuel privé devient plus concentré que jamais avec la fusion TF1/M6 soutenue par l’Élysée », doublée d’une « démonstration de démagogie de la part du candidat Macron, qui reprend en direct les propositions de l’extrême-droite ».

Mettre un policier dans sa poche…

Ou un gendarme. C’est ce que propose, depuis lundi, Gérard Darmanin. Évidemment, il n’est pas question ici de corrompre un de nos fonctionnaires, mais de télécharger dans son smartphone une nouvelle appli annoncée début janvier à Nice par Emmanuel Macron.

Les utilisateurs pourront notamment passer un appel d’urgence en un clic, « tchater » directement avec un policier ou un gendarme « H24, 7 jours sur 7 », déposer une préplainte en ligne ou obtenir des conseils sur les démarches à suivre en cas de violence, de vol, de menace ou d’escroquerie. « Vous êtes une dame dans le métro, a détaillé Darmanin, vous êtes embêtée par un homme… Vous n’êtes pas obligée d’appeler le 17 ou d’attendre de rentrer chez vous » pour alerter les forces de l’ordre « sans que votre agresseur s’en rende compte ». Ce qui reste à prouver…

Bayer-Monsanto reste dans le viseur des écolos

Ce week-end, écologistes et paysans de la région lyonnaise ont voulu dire haut et fort « bye-bye Bayer, ciao Monsanto ». La campagne de mobilisation menée par des collectifs comme les Soulèvements de la Terre, les Faucheurs volontaires et Extinction Rebellion consistait à dénoncer les nouvelles stratégies du géant de l’agro-industrie, désormais focalisé sur l’agritech. Une agriculture à base de robotique et de numérique, qui occupe une grande place dans le plan de relance « France 2030 » du gouvernement. Si l’assaut du siège basé à Lyon n’a pas vraiment eu lieu, des actions directes se sont déroulées ailleurs, comme sur le site Seveso de Limas-Villefranche-sur-Saône, qui a dû arrêter sa production de pesticides pendant quelques heures.

Sortante mais pas sortie

C’est fait. Nathalie Elimas n’est plus secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire depuis dimanche 6 mars. Accusée de harcèlement, voire de « maltraitance », par certains collaborateurs, elle s’accrochait pourtant à son fauteuil. Elle y renonce finalement pour ne pas « pénaliser la campagne présidentielle ». Mais elle pourra retrouver son siège de députée du Val-d’Oise jusqu’aux législatives du 12 juin… auxquelles elle compte se représenter.

Valls à 55 000 euros

Manuel Valls vient d’annoncer officiellement son soutien au candidat Emmanuel Macron. En 2020, nous apprend La Lettre A, les 41 000 euros de dettes que traînait le microparti de l’ancien Premier ministre, « À gauche, besoin d’optimisme », depuis sa campagne pour la primaire socialiste de 2017, ont été comblés par… LREM. Le parti présidentiel a même généreusement versé 55 000 euros au parti de Manuel Valls, qui, après avoir beaucoup critiqué le Président, s’est donc ravisé.


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