Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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Présidentielle : Racisme chez les marcheurs du 93

Plusieurs ténors de la Macronie – le chef de LREM, Stanislas Guerini, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, et le patron du Modem, François Bayrou – ont reçu une missive : des militants de la Seine-Saint-Denis accusent plusieurs députés macronistes de « racisme » à leur égard. Les signataires, qui estiment être 70 à se sentir « révulsés par ces pratiques », selon Le Point, affirment avoir été tenus à distance d’Emmanuel Macron lors de son déplacement à Saint-Denis, le 21 avril, et de plusieurs photos prises par leurs députés après une séance de tractage. Dans la longue histoire de la communication politique en terres populaires, le modèle « quelques white, quelques blancos » de Manuel Valls semble avoir fait des émules.

Justice : Julian Assange bientôt extradé ?

La ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, va-t-elle autoriser la remise de Julian Assange à la justice américaine ? Alors que le gouvernement a donné son feu vert à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, c’est au tour de cette figure classée à droite du Parti conservateur de signer, ou non, un ultime décret qui scellerait le sort du lanceur d’alerte. Suspendues à cette décision, 19 organisations, dont Reporters sans frontières et les fédérations européenne et internationale des journalistes, exhortent la ministre à « agir dans l’intérêt de la liberté de la presse » et demandent la « libération immédiate » de Julian Assange de la prison de Belmarsh, à 20 km à l’est de Londres. Arrêté en 2019 après s’être réfugié pendant sept ans dans l’ambassade de l’Équateur, l’Australien de 50 ans risque 175 ans de prison pour avoir rendu publics plus de 700 000 documents classifiés sur les intérêts militaires et diplomatiques américains, notamment en Irak et en Afghanistan. Son épouse et avocate, Stella Assange, l’a déjà affirmé : cette « décision politique » aura « des répercussions pour toute l’Europe ». La ministre a quatre semaines pour signer l’ultime document.

Mutilation d’Adnane Nassih : Le ministère de l’Intérieur ne désarme pas

Une question écrite de la sénatrice Sophie Taillé-Polian (Génération·s) a contraint le ministère de l’Intérieur à s’exprimer sur l’affaire Adnane Nassih, jeune homme mutilé par un tir de LBD d’un policier de la BAC alors qu’il ne présentait aucun danger. Si « le policier impliqué a été mis en examen […] avec interdiction d’exercer sur la voie publique et de porter une arme », répond la Place Beauvau, hors de question de remettre en cause le LBD. « L’emploi des armes de force intermédiaire est indispensable et le gouvernement continuera à doter les policiers et les gendarmes de tous les moyens leur permettant d’assurer leur sécurité et celle de la population. […] Il ne saurait être question […] de désarmer les policiers, soumis au quotidien à la violence, parfois extrême, et alors que leur action est soutenue par une très large majorité des Français qui aspirent à la sécurité et à la tranquillité publiques. » Assurer la sécurité de tous, vraiment ?

Reconnaître le voyou du policier…

… c’est parfois très difficile. Sur des images tournées dans une cité au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), on peut voir deux grands gaillards, toutes armes dehors, garder l’entrée d’un hall d’immeuble. Derrière la porte vitrée, un combat entre un policier de la BAC locale et un jeune du quartier. La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux fait scandale au point que la préfecture de police de Paris est bien obligée de saisir l’IGPN, « aux fins d’établir les circonstances dans lesquelles les faits montrés par ces images se sont produits ». On attend avec impatience les explications des policiers !

Spéculation : Nike met un pied dans le monde virtuel

Tout arrive dans le grand n’importe-quoi des cryptomonnaies et de la réalité virtuelle (« métavers »). La marque Nike lançait, le 22 avril, la commercialisation en quantité limitée des CryptoKicks, une paire de baskets exclusivement virtuelles. Le NFT de la non-chaussure – c’est-à-dire le titre de propriété du fichier numérique de son image 3D – valait entre 2 000 et 12 000 dollars ce lundi. La paire de pompes n’a pas la moindre matérialisation dans le monde réel et, comme dans une gigantesque pyramide de Ponzi, rendue célèbre par l’arnaque de Madoff, c’est l’euphorie moutonnière des petits spéculateurs qui assure le profit de celles et ceux qui savent revendre avant la dégringolade. L’équipementier était d’autant plus pressé d’intégrer ce monde virtuel qu’il voyait, depuis quelques mois, fleurir sur les plateformes de NFT des CryptoKicks de contrefaçon !

Boris Johnson n’est plus à la fête

Boris Johnson a-t-il délibérément menti au Parlement au moment de s’expliquer sur l’affaire du « partygate » ? C’est la question que se sont posée les députés britanniques, qui ont ouvert une enquête sur le Premier ministre, le jeudi 21 avril. Saisi, le Comité des privilèges enquêtera sur le scandale des fêtes organisées à Downing Street, malgré le covid-19. Des parlementaires demandent à BoJo de démissionner. Parmi eux, certains sont du même bord que le Premier ministre.

L’extrême droite défaite en Slovénie

Ce 24 avril, le Premier ministre sortant slovène a été sèchement battu aux législatives. Le très conservateur et eurosceptique Janez Jansa laisse donc sa place à l’homme d’affaires libéral Robert Golob. Mais si le Mouvement Liberté (34,5 % des voix) écrase le Parti démocratique (24 % des voix), ce résultat n’octroie pour autant pas la majorité absolue à Golob : le néophyte devra s’allier à d’autres partis à gauche pour gouverner. Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, perd dans la bataille l’un de ses alliés populistes d’Europe centrale.

Deliveroo condamné

L’entreprise de livraison a été condamnée, mardi 19 avril, à 375 000 euros d’amende. Motif : avoir fait travailler des livreurs en tant qu’indépendants, alors qu’ils auraient dû être salariés. La procureure Céline Ducournau a dénoncé « une instrumentalisation et un détournement de la régulation du travail ». Et le jugement doit même être affiché pendant un mois sur le site Internet de Deliveroo. Chère, la course aux économies.


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