Les échos de la semaine

L'oeil de Politis sur l'actualité de la semaine en bref.

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législatives : La Confédération paysanne soutient la Nupes

La Confédération paysanne affiche un soutien aussi historique qu’inattendu à la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Réuni en assemblée générale le 5 mai, le syndicat a adopté à une courte majorité le soutien à la nouvelle coalition de gauche pour les législatives (67 votes pour, 60 contre). Cette décision doit donner lieu à un appel au vote, dont « les termes et les moyens » restent encore à définir, selon Nicolas Girod, porte-parole de l’organisation.

Sur le fond, cette convergence n’a rien de surprenant. La Confédération paysanne et la Nupes portent des revendications communes, sur l’environnement ou l’orientation des politiques agricoles. Il est en revanche plus exceptionnel qu’une organisation syndicale décide de se mêler aussi frontalement de la vie politique. Nicolas Girod le promet : « Nous continuerons à imposer un rapport de force, quel que soit le gouvernement. »

Nupes : Le NPA, opposant mais pas trop

La toute jeune Nupes créait des tensions au sein du Nouveau Parti anticapitaliste avant même sa naissance : s’alliera, s’alliera pas ? La question a été tranchée avec l’adhésion du PS : le parti des éléphants est trop à droite pour les trotskistes, qui hésitaient déjà sur d’autres critères, dont les concessions que LFI a pu faire sur ses positions quant à l’Union européenne pour rassurer les Verts. Dans un communiqué, le NPA a expliqué les raisons qui l’avaient poussé à prendre part aux négociations, dont la montée de l’extrême droite, mais aussi celles qui l’ont empêché de conclure un accord. En plus de la présence du PS, la faible place accordée aux quartiers populaires (lire ci-dessous) constitue un point de rupture. Tout comme des changements de position autour du Smic, et surtout des retraites. Pour Philippe Poutou, « ce n’est pas le NPA qui a refusé l’union, mais plutôt l’inverse ». Le NPA fera donc cavalier seul dans les circonscriptions « où les conditions sont réunies » et où les candidats Nupes représenteront le social-libéralisme. Mais il appelle tout de même à soutenir, y compris sur le terrain, les candidats Nupes qui incarnent une gauche de rupture.

Législatives : La Nupes irrite les quartiers populaires

Alors que LFI, EELV, PCF et PS ont conclu un accord inédit pour les législatives des 12 et 19 juin prochains sous la bannière de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), plusieurs militants et élus des quartiers populaires grondent. Ils craignent d’être invisibilisés par des parachutages au détriment de militants bien ancrés dans leurs territoires. Ils sont nombreux et -nombreuses à ne pas comprendre les choix d’investiture dans leurs quartiers. Un appel intitulé « Législatives et quartiers populaires : ni supplétifs, ni suppléants ! », lancé à l’initiative de deux militants écologistes, Steevy Gustave et Sami Adili, a reçu une centaine de signatures. Ils refusent « d’être un peu plus invisibilisés par des parachutages qui n’ont aucun sens pour les électeurs et électrices ».

« Penelopegate » : Le couple Fillon condamné en appel

Détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux : pour la seconde fois, la justice s’est prononcée sur l’affaire des emplois fictifs du couple Fillon. Et la cour d’appel de Paris a condamné l’ancien Premier ministre à quatre ans de prison, dont un ferme, 375 000 euros d’amende, et dix ans d’inéligibilité. Son épouse, Penelope, a écopé de deux ans de prison avec sursis et de 375 000 euros d’amende. Des peines moins lourdes qu’en première instance, que la cour a justifiées par l’exclusion de la prévention de l’un des trois contrats de Mme Fillon « au bénéfice du doute ». François Fillon pourrait exécuter sa peine sous bracelet électronique et ainsi éviter le placement en détention. Le couple a annoncé son pourvoi en cassation.

Lula candidat

À 76 ans, l’ancien chef de l’État brésilien Lula a lancé, le 7 mai, sa campagne présidentielle devant ses sympathisants, rassemblés à São Paulo. Le leader incontesté de la gauche brésilienne brigue un troisième mandat face au sortant,
le nationaliste Jair Bolsonaro. En 2018, accusé de corruption, il avait été emprisonné et condamné à l’inéligibilité. Mais le Tribunal suprême fédéral est revenu sur sa peine en 2021. Pour son grand retour, et sa cinquième candidature à l’élection présidentielle, le peuple brésilien attendait un Lula flamboyant. Le tribun, donné gagnant par les instituts
de sondage, a opté pour la sobriété.

L’enquêteur enquêté

Jugé en appel pour agression sexuelle et détention d’images pédopornographiques, l’ancien commandant en charge de la lutte antiterroriste dans les Ardennes pour la Direction générale de la sécurité intérieure, Olivier Combe, a été relaxé du premier chef d’accusation, mais condamné pour l’autre. Il était chargé de « déradicaliser » la plaignante, mineure à l’époque des faits, quand lui était âgé de 57 ans.

Sinistre retour à la burqa

Le contrôle des femmes se renforce encore un peu plus en Afghanistan. Les talibans leur avaient déjà interdit de prendre l’avion sans un tuteur masculin de leur famille. Voilà qu’ils ordonnent aux Afghanes de porter le voile intégral en public. La plus dure restriction de liberté qui leur est imposée depuis le retour des fondamentalistes. À leurs yeux rétrogrades, la burqa, « c’est traditionnel et respectueux », selon le chef suprême, Haibatullah Akhundzada.

Une mosquée attaquée à Metz

La mosquée du centre Merkez Camii, à l’est de Metz, a été visée par trois bouteilles incendiaires dans la nuit du 4 au 5 mai. Le feu ne s’est pas propagé mais l’attaque a profondément choqué la communauté musulmane. « C’est un coup de massue. Nous faisons de l’éducation, de l’action humanitaire et solidaire », raconte Ridvan Kiline, secrétaire de l’Amicale franco-turque qui gère l’établissement religieux, au Républicain lorrain. Un rassemblement
de soutien s’est tenu le 7 mai.

Les cieux fermés

« Deux passagers non-voyants voyageant avec un enfant de 4 ans sans escorte, cela n’est pas autorisé. » Transavia, filiale low cost d’Air France, a annulé la réservation d’un couple non-voyant qui souhaitait rejoindre Porto en juillet prochain. Un tel refus est pourtant contraire à la réglementation européenne, qui garantit l’accès total des personnes porteuses de handicap aux transports aériens. Après l’alerte lancée par le magazine en ligne Faire face, la compagnie aérienne a enfin ouvert les yeux et est revenue sur sa décision.


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