Écrire des lettres aux prisonniers politiques russes pour leur « donner de la force »

À Paris, une soirée d’écriture de lettres aux prisonniers politiques russes était organisée par Mémorial et Russie-Libertés le 30 octobre. Ces personnes seraient au moins 610, selon l’ONG Mémorial, qui peine à toutes les recenser depuis l’invasion russe en Ukraine.

Pauline Mussche  • 6 novembre 2023 abonné·es
Écrire des lettres aux prisonniers politiques russes pour leur « donner de la force »
La soirée d’écriture de lettres aux prisonniers politiques était organisée dans le sous-sol d'un café parisien. 25 personnes y ont participé, à l'appel de Mémorial et de Russie-Libertés.
© Denis Demin

Un arbre en zigzag vert, quelques spirales au stylo bic. "La nuit étoilée de Van Gogh”, indique Vladimir en montrant son dessin. Il termine une longue lettre en russe adressée à un prisonnier politique qu’il ne connaît pas. Il a obtenu son identité grâce à un bot de l'application Telegram (1). « Sélectionnez la liste des personnes poursuivies à laquelle vous voulez vous adresser, » indique le bot. « Emprisonnés pour leur foi », « emprisonnés pour raison politique », « emprisonnés pour la paix ». Possible aussi de choisir une « personne dont c’est l’anniversaire ».

Les personnes présentes à la soirée de soutien aux prisonniers politiques organisée à Paris le 30 octobre par Mémorial France et Russie-Libertés ont sorti leur téléphone. Elles choisissent un motif d’incarcération. L’algorithme nommé Svobot (jeu de mots issu du terme "svoboda", la liberté) affiche alors un nom, une date de naissance, une adresse, issue d’une liste de prisonniers établie par l’association Mémorial. Il est programmé pour générer le nom d’un politzek (abréviation de prisonnier politique) qui n’a pas reçu beaucoup de messages. Car si les opposants les plus connus, comme Alexeï Navalny ou Vladimir Kara-Mourza reçoivent régulièrement du courrier, ce n'est pas le cas des autres, le plus souvent anonymes.

Le système russe veut te

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