Impôts : malgré l’échec du ruissellement, les macronistes figés dans la pensée unique

Face aux alertes de la Cour des comptes, de la Banque de France, des oppositions de gauche et même de Michel Barnier, la Macronie s’entête à ne pas augmenter les impôts et reste fidèle à sa politique fiscale favorable aux plus riches. Au mépris de l’état budgétaire du pays.

Lucas Sarafian  • 19 septembre 2024 abonné·es
Impôts : malgré l’échec du ruissellement, les macronistes figés dans la pensée unique
Gabriel Attal, à Matignon, le 19 septembre 2024.
© Ludovic Marin / AFP

Les comptes du pays sont dans le rouge. La France est placée en procédure de déficit excessif par la Commission européenne depuis presque deux mois. Mais la Macronie, au pouvoir depuis sept ans, reste impassible. Comme incapable de faire le moindre examen de conscience sur la politique fiscale menée depuis 2017. Et pourtant, les alertes sont nombreuses.

Elles viennent d’abord du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Dans une interview au Parisien le 17 septembre, il souhaite « lever le tabou sur les hausses d’impôts » pour que la France puisse faire revenir son déficit public sous les 3 % d’ici à 2029. « La France n’a plus les moyens de ces baisses d’impôts non financées, avance-t-il. Elles creusent encore plus les déficits ce qui augmente l’inquiétude des Français, des acteurs économiques. Cela n’apporte pas du coup la stimulation attendue. »

"Trajectoire nouvelle"

Pour enfoncer le clou, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, auditionné par la commission des Finances le 18 septembre, estime qu’une « trajectoire nouvelle » doit être trouvée pour le prochain budget, jugeant que la citation des finances publiques est « vraiment inquiétante ». Au passage, il rappelle notamment l’une de ses préconisations : « Je me suis prononcé à plusieurs reprises en disant qu’il fallait arrêter les baisses d’impôts non financées parce que, pour le coup, ça contribue à creuser le déficit. »

La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave.

M. Barnier

Enfin, la dernière mise en garde vient de Michel Barnier. « La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. J’ai demandé tous les éléments pour en apprécier l’exacte réalité. Cette situation mérite mieux que des petites phrases. Elle exige de la responsabilité », explique le locataire de Matignon dans une déclaration transmise à l’AFP. Selon Le Parisien, le nouveau premier ministre aurait évoqué la piste d’une augmentation d’impôts lors de ces consultations ce week-end pour tenter de trouver une voie de sortie à la situation budgétaire actuelle du pays. Une hausse temporaire de l’impôt sur les sociétés serait envisagée, d’après L’Opinion.

Réorienter la politique fiscale est une ligne rouge pour les macronistes qui font du refus des hausses d’impôts et de la défense de la dernière réforme des retraites deux totems. Dans un message envoyé aux députés Ensemble pour la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 abonné·es

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain
Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne
Analyse • 7 octobre 2026 abonné·es

Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne

Face à un mouvement lycéen d’une ampleur inédite, les partis de gauche se sont unanimement ralliés à la cause lors des manifestations du 6 octobre. Certains, LFI en tête, ont été plus prompts que d’autres à se rendre sur les blocus lycéens.
Par Névil Gagnepain
Affaire Bardella : la « dédiabolisation » du RN à l’épreuve, mais pour quel électorat ?
Analyse • 1 octobre 2026 abonné·es

Affaire Bardella : la « dédiabolisation » du RN à l’épreuve, mais pour quel électorat ?

Après les révélations de Mediapart sur des messages antisémites attribués à Jordan Bardella, l’affaire pourrait fragiliser les électeurs les plus récemment ralliés au RN, davantage sensibles à l’image de respectabilité que le parti cherche à construire. Une hypothèse qui reste, à ce stade, impossible à mesurer électoralement.
Par William Jean
Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !
Élections • 28 septembre 2026 abonné·es

Pour la droite et le centre, l’arrivée du RN au Sénat : même pas peur !

Des élections sénatoriales sous haute discrétion au palais du Luxembourg. La droite conserve sa majorité avec 127 sièges, mais l’extrême droite fait une entrée remarquée : RN-UDR passent de 3 à 14 sénateurs, ce qui leur permet de former un groupe autonome. Face à cette arrivée, les ténors de la droite et du centre affichent leur sérénité.
Par William Jean