À Paris, des mères rassemblées pour les enfants de Palestine

Des centaines de mères, accompagnées pour nombre d’entre elles de leurs enfants, se sont réunies aux Invalides ce 15 juin pour pousser Emmanuel Macron à agir face au génocide et à la tragédie que vivent les enfants encore vivants à Gaza.

Hugo Boursier  • 16 juin 2025 abonné·es
À Paris, des mères rassemblées pour les enfants de Palestine
Deux grandes banderoles ont été déployées des deux côtés du jardin où l’on pouvait lire les milliers de noms d’enfants palestiniens tués.
© Hugo Boursier

C’est un public inhabituel en manifestations. Trop dangereuses, trop bruyantes, trop incertaines. Mais ce dimanche 15 juin, les enfants sont bien présents au rassemblement organisé à l’appel du collectif des mères pour la Palestine. Dans les bras des mamans – présentes par centaines dans ce coin des Invalides à Paris –, sur les épaules des quelques pères présents, assis sagement sur un banc ou jouant sous l’ombre des arbres.

Les enfants, en Palestine, sont 15 613 à avoir été tués sous les balles, les bombes, les flammes ou la famine organisée par l’armée israélienne, selon un bilan de l’Unicef. Ils sont plus de 34 000 à être blessés. 11 200 restent portés disparus. Face à ce massacre, « nous, mères de France, n’avons pas pu nous résoudre à rester silencieuses ! », lance Fatima, sur un petit chapiteau blanc qui surplombe la foule vêtue, pour l’occasion, en noir et blanc, « couleur du deuil, de la résistance et de la colère. »

Cet événement, assez inédit en France parmi ceux organisés en soutien à la Palestine, s’est organisé autour du 24 mai. Ce jour-là, la pédiatre Alaa al-Najjar voit arriver dans un hôpital à Gaza le corps de neuf de ses dix enfants, tous tués par l’armée d’occupation dans un bombardement. C’était la veille de la fête des mères. Une « tragédie insupportable » pour bon nombre de mères, en France, qui décident de se mobiliser.

(Toutes photos : Hugo Boursier.)

Militantes ou non, responsables d’associations, de collectifs féministes, antiracistes, ou inconnues qui n’en peuvent plus de ne pas agir, ces mères indignées décident d’écrire et de signer une tribune, publiée dans Politis, appelant à un rassemblement – d’abord devant l’Élysée puis aux Invalides, la préfecture de police de Paris refusant toute manifestation devant le palais. À la fin de l’événement, une délégation de trois mamans avec leurs enfants a quand même voulu se rendre au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré. Un rendez-vous pourrait bientôt être pris.

« Nous avons donc créé cet appel, signé par plus de 4 000 personnes. C’est vous, les 4 000 ! », s’enthousiasme Céline Lebrun Shaath, militante des droits humains, avant de céder sa place à Sarah, Estelle et Sonya pour qu’elles lisent le texte. « Il y a des mères de toute la France, de Marseille, de Roubaix. D’autres m’ont dit que c’était difficile de se rendre aux manifestations mais celle-ci, elles voulaient y être », reprend Céline Lebrun Shaath, sous les applaudissements.

Je veux pouvoir dire à ma fille plus tard que j’aurais tout fait pour que ce génocide disparaisse.

À quelques mètres des enceintes, une fresque est dépliée petit à petit sur une table. Des petits cœurs rouges et verts, des lettres peintes, des coloriages ou des drapeaux palestiniens aux contours enfantins. « Les parents et les enfants sont invités à y déposer des messages ou des dessins. Elle sera amenée à Gaza », entend-on de l’autre côté de la place.

Sarah, 7 ans, s’applique. Sa mère l’observe, touchée, un œil sur le visage de la fillette qui rougit sous les puissants rayons du soleil, l’autre dirigée vers la scène où Céline Lebrun Shaath poursuit son introduction. « Je veux pouvoir dire à

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Société
Publié dans le dossier
Palestine : lutter partout
Temps de lecture : 9 minutes

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