Snipers franco-israéliens : « Ce qui est effarant, c’est qu’ils revendiquent leurs crimes de guerre à Gaza »

Deux soldats franco-israéliens sont visés par une plainte de plusieurs ONG, déposée ce 1er juillet à Paris, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis à Gaza. Ils sont accusés d’avoir participé à des exécutions sommaires au sein d’une unité baptisée Ghost Unit.

Maxime Sirvins  • 1 juillet 2025 abonné·es
Snipers franco-israéliens : « Ce qui est effarant, c’est qu’ils revendiquent leurs crimes de guerre à Gaza »
Capture d'écran d'une vidéo d'un membre de la Ghost Unit publiée sur sa chaîne Youtube.
© Maxime Sirvins

Ce mardi 1er juillet 2025, une coalition d’organisations de défense des droits humains engage une procédure judiciaire contre deux ressortissants franco-israéliens, accusés d’avoir commis des exécutions sommaires à Gaza, entre novembre 2023 et mars 2024.

La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), qui regroupe 188 organisations dans 116 pays, a déposé une plainte avec constitution de partie civile auprès du pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal judiciaire de Paris. Elle est accompagnée dans cette démarche par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), ainsi que par les ONG palestiniennes Al-Haq, Al Mezan et le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR).

Deux noms apparaissent dans le dossier : Sasha A. et Gabriel B., snipers de nationalité franco-israélienne, membres d’une unité spéciale de l’armée israélienne. Selon les associations, les deux hommes sont impliqués dans des « atteintes volontaires à la vie constitutives de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide ». Le dossier repose notamment sur un reportage du journaliste palestinien Younis Tirawi et une série de témoignages recueillis par les ONG sur le terrain à Gaza.

La Ghost Unit, unité d’élite qui s’affiche et revendique ses actes

Au cœur de l’affaire : une unité militaire israélienne baptisée Ghost Unit. Cette unité de tireurs d’élite, rattachée à la 202e brigade de parachutistes de Tsahal, est mise en cause dans une campagne systématique d’exécutions de civils, documentée pendant plusieurs mois.

Dans un documentaire de 38 minutes diffusé fin 2024, Younis Tirawi dévoile l’identité, les visages et les nationalités des membres de cette unité. Une photo de groupe, tirée des réseaux sociaux, révèle que près de la moitié des soldats possèdent une double nationalité, notamment française, belge, allemande, italienne et américaine.

Tous les éléments constitutifs du crime sont là : c’est revendiqué, filmé, documenté.

A. Deswaef

Mais ce qui est particulièrement frappant, c’est l’aveu filmé d’un sergent de l’unité, affirmant face caméra des tirs, parfois à plus d’un kilomètre de distance, sur des personnes non armées, le tout avec l’aval de ses supérieurs. « Ce qui est effarant, c’est qu’il revendique ouvertement les crimes de guerre. Il précise même tirer à proximité des hôpitaux. Tous les éléments constitutifs du crime sont là : c’est revendiqué, filmé,

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Police / Justice
Temps de lecture : 7 minutes

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