10 septembre : les syndicats entre méfiance et volonté d’accompagner la colère sociale

Deux organisations – la CGT et Solidaires – ont appelé à rejoindre le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, notamment par la grève. D’autres restent plus craintifs à l’idée de se mêler à une mobilisation aux contours encore flous, dans les modes d’action comme dans les revendications.

Pierre Jequier-Zalc  • 29 août 2025 abonné·es
10 septembre : les syndicats entre méfiance et volonté d’accompagner la colère sociale
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, et celle de la CGT, Sophie Binet, s'expriment lors d'une conférence de presse inter-syndicale, à Paris, le 29 août 2025.
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La rentrée sociale 2025 ne sera pas comme les autres. Depuis le début de l’été et l’annonce d’un budget « d’une violence et d’une injustice sociale inédite », pour reprendre les termes de Caroline Chevé, nouvelle numéro 1 de la FSU, on s’en doutait. C’est désormais une certitude. La raison ? L’émergence, tout au long de l’été, d’appels à « tout bloquer » le 10 septembre.

Un mouvement qui est né en dehors de tout cadre syndical. « La date du 10 tombe un mercredi, où beaucoup de personnes ne travaillent pas. Cela montre que les organisations syndicales ne sont pas à l’origine de cet appel », souffle-t-on à la CGT. Comme un retour sept ans en arrière quand la mobilisation des gilets jaunes, inédite sur de nombreux aspects – dont les jours de mobilisation retenus, les samedis étaient venus bouleverser des syndicats affaiblis depuis l’échec de la lutte contre la Loi Travail en 2016 et par l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, en 2017.

Au sein de la CGT, deuxième centrale du pays, l’épisode fluorescent est encore vif. « On avait raté le coche, indéniablement, alors que toutes les études l’ont montré, les questions sociales étaient au cœur de cette mobilisation », souligne Denis Gravouil, membre du bureau confédéral du syndicat qui fête, cette année, ses 130 ans.

Modes d'action et revendications

Pas question, alors, de faire la même erreur. Dans un communiqué publié sur les coups de 14 heures, mercredi 27 août, la décision du Comité confédéral national (CCN) tombe. « La dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur de la colère sociale. La CGT souhaite que cette journée soit une première étape réussie, ce qui passe en particulier par la

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