L’avocate des victimes de l’agression raciste dans la Creuse menacée

Les violences se poursuivent à Royère-de-Vassivière. Après la « chasse au nègre » menée le 15 août, pour laquelle sept personnes ont porté plainte, leur avocate, Me Coline Bouillon, a été la cible de menaces de mort et de viol en ligne, d’après nos informations. Elle a déposé plainte.

Élise Leclercq  • 29 août 2025 abonné·es
L’avocate des victimes de l’agression raciste dans la Creuse menacée
© Politis

Saluts nazis et menaces de morts. Lundi 25 août 2025, alors que le parquet de Guéret (Creuse) a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « violences physiques et verbales à caractère raciste » plus de 300 personnes s’étaient rassemblées à Royère-de-Vassivière contre le racisme et en soutien aux victimes. Mais tous·tes n’étaient pas venu·es pour les mêmes raisons.

Le rassemblement s’est déroulé en réaction à l’agression raciste perpétrée lors d’une fête de village, dix jours auparavant, et pour laquelle sept personnes ont porté plainte. C’est à cette occasion que l’avocate Me Coline Bouillon a pris la parole en dénonçant également la montée de l'extrême droite. Elle a souligné son intention de faire part à la préfecture des agissements commis par deux de leurs auteurs qui étaient détenteurs d'un port d’armes et d’un permis de chasse.

Elle raconte alors à Politis s’être fait huer. Après son discours, plusieurs personnes viennent la voir : « Elles m'ont dit qu'ils avaient vu des saluts nazis et entendu des propos très menaçants. Une témoin directe a confirmé, en ajoutant qu'ils disaient ‘Celle-ci je vais me la faire et la prochaine fois, je reviens avec un fusil.’ »

Le lendemain, un article est publié sur un blog hébergé en Russie et tenu par un certain Marcel Berrichon, lequel multiplie les appels à la haine. Injures racistes des victimes, remise en question des faits, l’auteur insulte l’avocate et va même jusqu’à donner son numéro de téléphone. Un réel « appel au cyber-harcèlement » pour Me Bouillon. Et en effet, les commentaires haineux fleurissent sous la publication : « À poil dans une cave du 9-3 pour qu’elle puisse prendre un bon bouillon de culture cette couillonne », peut-on lire.

Elle reçoit alors des messages menaçants de numéros inconnus que Politis a pu consulter. Depuis, l’avocate, qui est en état de choc, a quitté la Creuse, craignant pour sa sécurité. Profondément impactée, elle est en arrêt de travail. Pour elle, le but est clair : « Comme ils n'ont pas l'identité des victimes, ils veulent poursuivre le travail d'intimidation et de lynchage ».

Loin d’être un fait divers

Sur un autre site de la fachosphère, Riposte laïque, déjà visé par une enquête pour menaces de mort en janvier, on peut lire : « Peut-être aussi que les habitants de Royère-de-Vassivière avaient gardé en mémoire Crépol et l’assassinat raciste de Thomas, en novembre 2023, où une bande de la diversité était venue pour massacrer du Blanc ».

Comme ils n'ont pas l'identité des victimes, ils veulent poursuivre le travail d'intimidation et de lynchage.

C. Bouillon

Le « racisme anti-Blancs », qui n’a aucun fondement scientifique, est clairement défendu. Pour Me

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