En amont des municipales, L214 alerte sur l’hécatombe des animaux

Lors d’une action dans 35 villes françaises, samedi 11 octobre, L214 a affiché des compteurs d’animaux tués pour l’alimentation. L’objectif : interpeller les candidat·es aux prochaines élections municipales dans le cadre de leur campagne, le Sauvetage du siècle.

Caroline Baude  • 13 octobre 2025 abonné·es
En amont des municipales, L214 alerte sur l’hécatombe des animaux
Samedi 11 octobre, L214 a affiché des compteurs d’animaux tués pour l’alimentation devant la mairie de Paris.
© Caroline Baude / Politis

Samedi 11 octobre, 14 h 52 : 768 010 800 animaux ont été tués pour nourrir Paris depuis les dernières élections municipales. Les gros chiffres bleus sur fond blanc et les chasubles orange interpellent  les passants. « C’est L214 », « Je vous soutiens ! », peut-on entendre sur la place de l'Hôtel de ville de la capitale. Tous ne s’arrêtent pas pour discuter avec les bénévoles de l’association de protection animalière, mais la plupart leur adressent au moins un sourire.

Onze militants se tiennent immobiles pour tenir le compteur sur le centre de la place, pendant une heure et demi et sans un bruit. Une équipe relaie la première sous un soleil bienvenu. Ce sont 120 animaux qui s'ajoutent au compteur macabre chaque trente secondes. En trois heures d'action, L214 aura dénombré 43 200 vies en moins.

Sur place, le silence surprend. Mila Sanchez, salariée chargée des campagnes politiques, explique cette mise en scène : « C'est une action silencieuse justement parce que la mort des animaux qu'on mange, on ne la voit pas, ne l'entend pas, ce n'est pas quelque chose qui est présent dans la ville. C'est une manière de mettre en avant une hécatombe silencieuse et invisible. »

Cette action est la toute première mise en place par L214 en vue des élections municipales de l'année prochaine. Elle mobilise au niveau national : outre Paris, elle se tient dans 34 villes. Pour engager les municipalités dans la cause des animaux, L214 a établi une liste de huit mesures à suivre pour les élus et futurs élus. Mila Sanchez informe que « cette charte s’inscrit dans une campagne plus globale de l’association, le Sauvetage du siècle, qui vise à diminuer de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation. » Nombre qui s'élève à 1,2 milliard par an pour la France.

L'engagement réaliste des élus locaux

Une précédente charte avait été proposée pour les mandats 2020-2026 (une Ville pour les Animaux). La maire de Paris, Anne Hidalgo, a suivi certaines de ces mesures, par exemple l'instauration de deux journées végétariennes par semaine pour tou·te·s. Mila Sanchez est claire : « Nous interpellons les élus et futurs élus à maintenir les efforts déjà faits, et à aller plus loin sur d'autres mesures. »

Ce qu'on demande est à la portée des villes, c'est réalisable et applicable.

M. Sanchez.

Pour Paris, L214 milite encore pour l'instauration d'une journée végétalienne hebdomadaire et l'exclusion des produits issus de l'élevage intensif et de la pisciculture (l’élevage de poisson dans un milieu fermé) dans les achats publics, entre autres.

Par rapport à la charte 2020-2026, Anne Hidalgo obtient la note de 9,9/20. Presque la moyenne, mais bien loin du 20/20 de Grenoble qui a appliqué 100 % des mesures, notamment la proscription du foie gras des réceptions officielles, ou l'organisation annuelle d'un village associatif autour de l'éthique animale.

Mila Sanchez relève que cette note parfaite est la preuve que « ce qu'on demande est à la portée des villes, que c'est réalisable et applicable. » Mais de bonne élève, il n'y a que la ville iséroise et L214 estime qu'il y a « vraiment beaucoup d'efforts à faire sur toute la France au niveau des villes de plus de 50 000 habitants ». L'association espère que cette première action donnera lieu à de nouvelles signatures de la part des 35 villes concernées.

Un travail conjoint avec les citoyens

Pour les passants intéressés, L214 propose un moyen d'agir : interpeller ses élus.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »
Démocratie • 5 novembre 2026

Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »

Intellectuel·les, artistes, membres de la société civile… Ils et elles analysent la crise autoritaire que nous vivons aujourd’hui. Et remontent le fil de ses origines, décodent ses manifestations, expriment leurs inquiétudes profondes mais aussi leurs espoirs, et proposent des voies de résistance. (2/15)
« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive
Maintien de l'ordre • 5 novembre 2026

« Les manifestants ne sont pas des ennemis » : des membres des forces de l’ordre contestent la stratégie répressive

Après les manifestations des 17 et 24 octobre, quatre policiers et gendarmes interrogent l’évolution d’un maintien de l’ordre devenu toujours plus offensif. Manque d’effectifs, formation, usage des grenades et décisions politiques : leurs critiques visent aussi bien les pratiques de terrain que les choix de leur hiérarchie.
Par Maxime Sirvins
Un 5 novembre de grève et de manifestations
Mobilisation • 5 novembre 2026

Un 5 novembre de grève et de manifestations

Politis a couvert cette nouvelle journée de manifestations dans tout le pays, avec un appel à la grève générale de l’intersyndicale. Nos journalistes ont suivi les événements notamment dans la région de Grenoble (Voiron), au Mans dans la Sarthe, et à Paris pour faire remonter les images et revendications des cortèges et des grèves.
Par Politis
« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »
Entretien • 5 novembre 2026 abonné·es

« Le gouvernement s’autorise de plus en plus à freiner toutes possibilités d’expression démocratique »

Ce 5 novembre, une journée de grève et de manifestations suivie par les salarié·es du public comme du privé, la coordination des gilets jaunes, les mouvements lycéens et étudiants, est attendue partout en France. Une convergence des colères que Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, appelle à exprimer durablement dans la rue.
Par Céline Martelet