« Nous sommes là pour repérer des signes de mal-être, de décrochage »

Comment accompagner les adolescents des quartiers prioritaires sur les questions de santé mentale ? Gilles Rondeau, directeur de la maison des adolescents de la Sarthe, revient sur l’implantation de son équipe depuis deux ans au sein des collèges en REP et REP+.

Elsa Gambin  • 7 janvier 2026 abonné·es
« Nous sommes là pour repérer des signes de mal-être, de décrochage »
© Priscilla du Preez / Unsplash

Les maisons départementales des adolescents (MDA) ayant constaté qu’il était très difficile de faire venir les jeunes des quartiers prioritaires dans leurs consultations, il a fallu s’adapter, innover, tester. Ouvrir une permanence au sein d’un établissement scolaire, en concertation avec la communauté éducative, permet de toucher des élèves éloignés de l’offre de soins psychiques.

Comment avez-vous été amené à penser des permanences MDA au sein d’établissements scolaires ?

Gilles Rondeau : Dans la Sarthe, il y a certes Le Mans [la préfecture, N.D.L.R.], mais aussi des cités scolaires en périphérie, avec des adolescents qui, pour diverses raisons, n’ont pas la possibilité de venir en centre-ville. Dès le début, en 2010, nous avons donc pensé une démarche d’« aller vers » ces territoires excentrés, en proposant des permanences dans des quartiers prioritaires de la ville (QPV), afin de toucher tous les ados.

Avec le temps, nous nous sommes également aperçus que les jeunes des quartiers populaires du Mans ne se déplaçaient pas non plus forcément. Alors comment toucher ces ados-là ? Et bien en nous installant au cœur même de leur vie, au sein des collèges. En 2023, avec l’aval de l’académie, qui a accepté la présence de professionnels autres que ceux de l’Éducation nationale, nous avons donc développé des permanences à l’intérieur des collèges.

Comment se déroulent ces permanences ?

Six mois de travail en amont ont été nécessaires pour les mettre en place. Il fallait évidemment construire ce travail avec les assistantes sociales et les infirmières scolaires, car chacun a un rôle à jouer. Nous, nous apportons autre chose. Aujourd’hui, dans six collèges de REP ou REP+, ces permanences sont hebdomadaires, sur une demi-journée, avec un binôme de la MDA composé d’un ou une psychologue et d’un ou une « consultant·e », infirmier·ère ou éducateur·rice spécialisé·e de formation. Tout a été pensé. Ainsi, la permanence ne doit pas se trouver au fin fond du collège, mais au cœur de l’établissement, très proche d’un endroit familier pour l’adolescent, comme la vie scolaire (1).

Ce sont souvent les conseillers principaux

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