Shein, Temu, ou l’invasion quoi qu’il en coûte du marché français

Les géants de l’e-commerce chinois connaissent une croissance exorbitante en Europe et notamment dans l’Hexagone ces dernières années. Cela crée de nouvelles filières où rapidité et exploitation sont les maîtres mots.

Pierre Jequier-Zalc  • 3 février 2026 abonné·es
Shein, Temu, ou l’invasion quoi qu’il en coûte du marché français
© DR

Il y a dix ans personne ne les connaissait. Désormais, ils sont omniprésents, jusqu’à s’intégrer dans l’un des plus célèbres grands magasins parisien, le BHV. Shein, Temu : deux plateformes chinoises d’e-commerce qui inondent le marché européen de produits d’ultra fast fashion à des prix défiant toute concurrence. En quelques années, leur place sur le marché français a connu une croissance sans équivalent. Les chiffres font tourner la tête.

Shein revendique 23 millions d’utilisateurs actifs dans l’Hexagone. D’après l’application de shopping Joko, la plateforme est devenue en 2024 « la première enseigne de mode, où les Français dépensent le plus », comptabilisant une hausse de 58 % de ses ventes. Selon les ONG ActionAid et China Labor Watch, autrices d’un rapport sur ces plateformes, « un quart des colis acheminés par La Poste provenaient des ventes de Shein et de Temu » en 2024.

Cette implantation à grande vitesse ne se fait pas sans polémiques. Exploitation massive de travailleurs et de travailleuses en Chine, vente de poupées à caractère pédopornographique, impact dévastateur sur le climat (26,2 millions de tonnes de CO2 émis en 2024, soit l’équivalent de quasiment l’intégralité des émissions d’un pays comme le Danemark), le système Shein est vivement critiqué. Sans pour autant qu’une régulation d’envergure et efficace soit mise en place pour limiter ses impacts sociaux et climatiques négatifs.

Filières dérégulées

Pis, en devenant de nouveaux acteurs incontournables de la fast fashion, Shein et Temu créent de nouvelles opportunités au sein de filières profondément dérégulées. Les secteurs de la logistique et de la livraison, notamment, sont largement touchés. Sans que les acteurs principaux en bénéficient forcément. « Contre-intuitivement, La Poste enregistre un déclin des colis chinois ces derniers mois », avait affirmé, en octobre, Marie-Ange Debon, PDG du groupe

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