Marche féministe nocturne : « L’antifascisme est une urgence et une nécessité »

Depuis 2020, la journée internationale des luttes pour les droits des femmes est précédée d’une manifestation organisée de nuit par des collectifs plus radicaux et liés entre eux par la lutte contre l’extrême droite. En pleine montée du fascisme, ce moment se révèle d’autant plus précieux.

Anna Margueritat  • 8 mars 2026 abonné·es
Marche féministe nocturne : « L’antifascisme est une urgence et une nécessité »
Marche féministe radicale et nocturne du 7 mars 2026, à Paris.
© Anna Margueritat

Six années séparent la première édition de la marche féministe radicale antifasciste nocturne de celle qui s’est déroulée le 7 mars, à Paris. Comme un écho à cet anniversaire, l’itinéraire est le même. Le cortège s’élance depuis la place des Fêtes, dans le 19e arrondissement, pour arriver, deux heures plus tard, place de la République. Au départ de la manifestation, la place se remplit à vitesse grand V. La foule a répondu à l’appel, peut-être plus que les années précédentes. Un écho grandissant parcourt la foule, avant de se muer en un slogan sonore et unanime : « Paris, banlieue, antifa ».

L’existence de cette mobilisation est loin d’être un acquis. L’année dernière, les personnes organisatrices ont dû se battre pour qu’elle puisse avoir lieu. Et pour cause, Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris et aujourd’hui ministre de l’Intérieur, avait annoncé son interdiction, invoquant un « risque de trouble à l’ordre public » en lien avec la présence de collectifs propalestiniens.

Une tentative d’interdiction, suspendue par la justice au dernier moment, dans la continuité d’une répression constante et massive à l’encontre des mobilisations de soutien au peuple palestinien. Les féministes ont finalement pu marcher, déterminé·es à contrer les discours de l’extrême droite, des génocidaires et de leurs soutiens.

« Vive la lutte du peuple palestinien »

La descente de la rue de Belleville donne une impression de déferlante féministe, les slogans remplissent les rues en une vague détonante. Depuis la fenêtre d’un appartement, deux femmes se joignent à la mobilisation en tapant sur des casseroles. La foule les accueille avec enthousiasme, tout comme les applaudissements des passants et les « Free Palestine ! » lancés depuis les terrasses des bars alentours.

On se sent beaucoup plus en sécurité quand il n’y a pas d’hommes cis partout autour de nous. 

Sarah*

Le cortège handi ouvre la marche, suivi d’une banderole « gouines et transféministes antifascistes ». Des drapeaux palestiniens, kurdes et LGBT+ flottent au milieu des pancartes. L’intersectionnalité de la marche s’exprime au travers des messages revendiqués.

De la dénonciation de l’impérialisme passant par la liberté à disposer de son corps, une convergence internationaliste des luttes est prônée par le féminisme antifasciste. Un corps collectif se

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