Les violences anti-LGBTQIA+, un problème systémique encore trop largement invisibilisé

Le meurtre homophobe de Noahm à Metz début juin et le jugement de l’affaire Mickaël Roussin, victime d’un guet-apens homophobe à Avignon en 2023, sont un triste rappel de l’aspect aussi bien systémique que mortel des violences anti-LGBTQIA+ en France. Les associations dénoncent le malaise coupable de la justice et des médias face aux LGBTphobies.

Bérénice Paul  • 19 juin 2026 abonné·es
Les violences anti-LGBTQIA+, un problème systémique encore trop largement invisibilisé
Fleurs et drapeau arc-en-ciel déposés le 25 juin 2022, au lendemain d'une fusillade survenue à l'extérieur de bars et de boîtes de nuit dans le centre d'Oslo, ayant fait deux morts et 21 blessés.
© Terje Pedersen / NTB / AFP

« En 2026, en France, on peut encore mourir pour ce que l’on est », rappelle Flora Bolter, codirectrice de l’Observatoire LGBTI+ de la Fondation Jean-Jaurès. En 2025, 4 900 infractions anti-LGBTQIA+ ont été comptabilisées par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Une hausse quasi continue depuis 2016, avec une augmentation moyenne d’environ 13 % par an entre 2016 et 2024. Si les violences visant les personnes LGBTQIA+ n’ont cessé d’augmenter, celles-ci restent encore largement absentes du débat politico-médiatique.

Les pouvoirs publics et les médias ont du mal à nommer l’homophobie. Il y a un tabou qui persiste.

A. Veyret

Le décès de Noahm en est l’une des dernières illustrations. Initialement ouverte pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », l’enquête a été élargie le 11 juin du chef d'« homicide volontaire commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». « Un soulagement, confie Sophie Friha, l’avocate de la famille de Noahm. C’est une très bonne nouvelle. Cela montre que nous avons été entendus par le parquet. » L’entourage du jeune homme, avait, en effet, dès le départ, dénoncé un motif homophobe.

Silence médiatique, invisibilisation politique

Cette requalification survient après une très forte mobilisation associative. Dès le 2 juin, Couleurs Gaies, une association LGBTQIA+ mosellane, a organisé un rassemblement. « Nous avons réuni près de 250 personnes. C’est énorme pour une ville comme Metz », précise son président

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