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Les indicateurs économiques sont dans le rouge, le pays est au bord de la récession. La France peut retrouver les vertus de la relance keynésienne, à certaines conditions, avec notamment un « Plan écologique national ».
dans l’hebdo N° 1930 Acheter ce numéro

La France a chaud l’été. Elle a froid l’hiver. La balance commerciale de notre pays est dans le rouge : nous importons plus que nous n’exportons. Les faillites d’entreprise sont en hausse depuis 18 mois. Depuis quatre ans déjà, le taux de chômage progresse sans discontinuer. Il frappe désormais 8,3 % des personnes en activité. La poursuite de sa hausse est probable. En 2025, le déficit des institutions publiques a atteint 152 milliards d’euros. Soit, pour une population adulte de 53,8 millions de personnes, environ 2 800 euros par adulte de France.
Il s’agit de dépenser l’argent public en France, pour pouvoir à nouveau, enfin, produire en France.
Que faire ? Existe-t-il une politique capable d’améliorer l’ensemble de ces indicateurs ? Oui. Je propose de la baptiser P.E.N., pour « Plan écologique national ». L’État imposerait la rénovation thermique de l’ensemble des bâtiments. Un puissant service public du diagnostic énergétique serait créé, ce qui aurait le premier avantage de pousser à la faillite les professionnels de la fraude au diagnostic.
Pour chaque bâtiment, une évaluation complète de la rénovation serait effectuée : coût ; rendement énergétique ; utilité sociale du bâtiment. Puis les bâtiments publics seraient classés, afin de commencer par rénover ceux pour lesquels le gain total, économique, écologique et social serait le plus élevé. La même logique serait mise en œuvre pour les logements privés, que leurs propriétaires seraient eux aussi obligés de rénover.
Deuxième temps : une mise en concurrence des entreprises, et des appels à projets auprès des écoles d’ingénieurs et d’architectes. Il s’agirait alors de pousser à l’innovation toutes les personnes, notamment les jeunes, qui ressentent un impérieux besoin d’agir. Troisième temps : donner la priorité absolue aux achats locaux et nationaux. Il est hors de question de continuer à équiper nos écoles et nos hôpitaux de climatiseurs chinois, comme nous le faisons actuellement.
Il s’agit de dépenser l’argent public en France, pour pouvoir à nouveau, enfin, produire en France. On pourrait qualifier cette politique de « chinoise » : un État fort, qui pousse à l’innovation. Mais on pourrait aussi dire qu’elle est « américaine ». Dans ces deux pays, c’est l’État, et non pas le « marché », qui structure l’économie.
Erreur tragique
Notre pays a commis l’erreur tragique de renoncer à ses droits de douane.
Quel est l’autre point commun de ces deux pays à l’étourdissante réussite économique ? Le protectionnisme, bien sûr. États-Unis et Chine, depuis toujours, imposent des droits de douane aux exportateurs étrangers. Mais la protection de leur territoire national ne s’arrête pas là. Elle passe aussi par la maîtrise du taux de change de leur monnaie et même, dans le cas chinois, des flux d’argent, des « mouvements de capitaux ».
Notre pays a commis l’erreur tragique de renoncer à ses droits de douane, à la maîtrise de son taux de change et même à celle de sa monnaie, folie suprême. Aujourd’hui, il faut reconstruire peu à peu tout ce que la destruction européenne a cassé. Cela commence par une priorité absolue donnée aux entreprises de France dans les achats publics. Et aussi par des droits de douane aux frontières nationales sur les produits venant de pays aux coûts sociaux et aux normes environnementales très inférieurs aux nôtres.
À cette condition, mais à cette condition seulement, nous retrouverons les vertus de la relance keynésienne, celle où l’argent public, par sa circulation à l’intérieur de l’espace national, crée in fine plus de richesses qu’il n’en a coûté au départ. Mais, cette fois-ci, non au service de la croissance, mais de la préservation de la vie.
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