Henri Krasucki, la dignité par le combat
Dans un témoignage posthume sur sa jeunesse ouvrière, puis comme cadre des jeunes résistants FTP-MOI à Paris, jusqu’à sa déportation à Auschwitz, le syndicaliste révèle son humanisme et son respect pour le travail, l’engagement et la culture.
dans l’hebdo N° 1933 Acheter ce numéro

© PHILIPPE BOUCHON / AFP
Dans le beau film de Robert Guédiguian de 2009 consacré au groupe Manouchian, L’Armée du crime, ces immigrés communistes, la plupart juifs, très jeunes, premiers combattants armés de la Résistance parisienne, il y a un personnage secondaire qui répond au nom de Krasu. Secondaire, puisqu’il ne fait pas partie des vingt-trois résistants des FTP-Main d’œuvre immigrée (MOI) dont les visages figurent sur les affiches placardées par l’occupant et Vichy dans les rues de France au lendemain de leur exécution, sur lesquelles des mains anonymes ont souvent écrit « morts pour la France ».
S’il n’a pas été fusillé comme Manouchian, Elek, Rayman, Bancic et tous les autres, et ne figure donc pas sur cette Affiche rouge, telle « une tache de sang » (Aragon), c’est que la police française – qui l’a arrêté et torturé des jours et des nuits durant – n’a pas réussi à établir son rôle véritable de cadre dirigeant dans l’organigramme des FTP-MOI clandestins…
Dans un témoignage extrêmement sensible qu’il livra à la Fondation pour la mémoire de la déportation en 1998, cinq ans avant
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