Loi intégrale : « Sur certaines questions, nous ne pouvons pas faire de compromis »
Lancées avant l’été, les mobilisations autour de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ont repris partout en France. Emmanuelle, du collectif #NousToutes, et Suzy Rojtman, du Comité national pour les droits des femmes, participent à deux initiatives distinctes, qui mettent en exergue les dissensus au sein du mouvement féministe.
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© Maxime Sirvins
Cette semaine, une commission spéciale composée de député·es commence à examiner la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles à l’Assemblée nationale. C’est la Coalition féministe loi intégrale, dont le Comité national pour les droits des femmes (CNDF) fait partie, qui est à l’origine d’une partie des propositions. Qu’est-ce qui a motivé la réflexion et la rédaction de vos 140 propositions initiales ?
Suzy Rojtman, CNDF : Cette idée remonte à très loin, puisqu’on a commencé à y réfléchir au moment où les Espagnols ont adopté une loi organique sur les violences de genre, en 2004. Au CNDF, on a étudié cette loi et on l’a prise comme base pour rédiger nous-mêmes une proposition. La loi de 2010, qui crée l’ordonnance de protection et reconnaît les violences psychologiques au sein du couple, est inspirée du travail qu’on avait fait à l’époque. Depuis #MeToo et la recomposition du mouvement féministe, l’idée d’une loi intégrale a resurgi, cette fois-ci du côté de la Fondation des Femmes. On s’est dit qu’on allait travailler ensemble pour une prise en charge des violences à l’encontre des femmes et des enfants, une alliance totalement nouvelle, qui soit globale. Ces propositions sont donc le résultat d’un travail que nous avons mis en place il y a plus de vingt ans et de ses évolutions. Nous sommes désormais 200 structures à les porter, et le texte a été enrichi par les apports de chacune d’entre elles sur des sujets très différents.
#NousToutes ne fait pas partie des collectifs qui ont porté ce texte et n’a pas appelé à rejoindre les mobilisations qui ont régulièrement lieu le lundi soir partout en France. Pourquoi ?
Emmanuelle, #NousToutes :
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