Olivier Faure : « Je ne vois pas ce qui pourrait conduire vers une autre décision que la censure »

Alors que le gouvernement prépare un plan d’économies budgétaires inédit et que les divisions à gauche persistent, le candidat à la primaire sociale-démocrate défend une autre voie : justice sociale et fiscale renforcée, investissements écologiques ambitieux et rassemblement des gauches autour d’un projet commun. Il expose sa vision d’une «France vivante» et les contours de sa candidature.

Lucas Sarafian  • 21 septembre 2026 libéré
Olivier Faure : « Je ne vois pas ce qui pourrait conduire vers une autre décision que la censure »
À Paris, au siège du Parti socialiste, le 17 septembre 2026.
© Maxime Sirvins

Sébastien Lecornu vient d’annoncer un plan d’économie budgétaire sans précédent sous la Ve République. C’est une déclaration de guerre ?

Olivier Faure : Il serait évidemment dangereux de nier la réalité de la dette. L’augmentation des intérêts réduit les marges de manœuvre pour financer l’école, l’hôpital, la bifurcation écologique, la sécurité ou l’investissement. Le poids de la dette pose très concrètement la capacité d’un gouvernement à faire des choix politiques. C’est en ce sens que contenir puis réduire le poids de la dette est impératif. Encore faut-il se poser les bonnes questions. D’où provient la dette ? Et comment la résorber sans frapper les plus vulnérables ni amputer les investissements d’avenir nécessaires ? Les cadeaux fiscaux ont coûté en moyenne plus de 60 milliards d’euros par an depuis 10 ans, et le gouvernement persiste pour 2027 en s’engageant à baisser de 3 milliards la taxe sur les grandes entreprises ! La France est deuxième sur le podium mondial de la distribution de dividendes, mais pas touche !

Sur le même sujet : La dette, un sujet politique

Comment résorber la dette alors ?

Nous aurons la copie du gouvernement le 1er octobre (…) Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune volonté de compromis ne s’est manifestée.

Nous entrons dans cette période dite de la grande transmission où 9 000 milliards vont être transmis d’ici à 2040, mais il ne faut rien demander au 1 % des super héritages ! Le rapport Gay [du nom du sénateur communiste, NDLR] a mis en lumière 211 milliards d’aides annuelles aux entreprises, mais pas question d’évaluer leur efficacité et de réviser celles qui n’ont aucun impact positif ! La taxe Zucman est un gros mot mais prôner la théorie du ruissellement est un gage de sérieux ! Dans le même temps le gouvernement fait porter l’effort sur les fonctionnaires, les retraités, les malades, les étrangers, les collectivités locales. Les collectivités représentent 18 % de la dépense publique et portent près de 70 % de l’investissement public civil.

Sur le même sujet : Dossier : Taxe Zucman, l’évidence moral face à la lâcheté politique

Dans une conjoncture ralentie, leur investissement devrait jouer pleinement son rôle contracyclique. Le redressement des comptes publics doit être juste, crédible et non récessif. Une consolidation brutale, concentrée sur l’investissement public, les services publics ou les ménages ayant la plus forte propension à consommer, pèsera sur l’activité et sur les recettes et rendra plus difficile encore la stabilisation de la dette. L’expérience des plans d’ajustement les plus féroces montre qu’un assainissement budgétaire mal calibré peut finir par dégrader sa propre base économique. Réduire le déficit d’une année est absurde si, dans le même temps, on affaiblit les ressorts de la croissance de demain.

Est-ce que vous avez le sentiment que le Premier ministre envoie, avec ce budget, un signe au Rassemblement national ?

J’ignore les intentions des uns et des autres, je m’en limite à ce que j’observe. Le gouvernement répond positivement à toutes les demandes formulées par Jordan Bardella : serrer la ceinture des fonctionnaires, des agences et des opérateurs publics, ouvrir un délai de carence pour les prestations sociales versées aux étrangers, diminuer la contribution de la France au budget de l’Union européenne, supprimer des subventions aux énergies renouvelables. La coïncidence a de quoi intriguer non ?

Sur le même sujet : Dossier : Macron attise la flamme du RN

En l’état, avec un tel cadrage budgétaire, vous censurez le gouvernement ?

Nous aurons la copie du gouvernement le 1er octobre. Le débat va s’ouvrir. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune volonté de compromis ne s’est manifestée. En l’état je ne vois pas ce qui pourrait conduire vers une autre décision que la censure.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire changer d’avis ?

Ne plus accepter qu’un euro de dividende versé aux actionnaires n’équivale pas à un euro versé aux salariés.

Tous les signaux sont au rouge sur le pouvoir d’achat des Français. Au-delà du prix à la pompe, tout se dégrade : à partir du 1er octobre, le plafond annuel des franchises médicales passe de 100 € à 140 €, soit +40 %. Depuis le 1er mars, le forfait hospitalier est passé de 20 € à 23 € par jour. En psychiatrie, il est passé de 15 € à 17 €. Le forfait payé lors d’un passage aux urgences sans hospitalisation est passé de 19,61 € à 23 €. Le tarif réglementé de l’électricité a augmenté en moyenne de 2,5 % au 1er août. Une nouvelle hausse du prix du gaz de 6,3 % est annoncée pour le 1er octobre. En Île-de-France, le ticket de métro est passé de 2,20 € à 2,55 €, soit +15,9 %. En alimentation, les produits frais ont augmenté de 3,8 % sur un an. Les tomates et courgettes de 13,1 %, certains fruits frais de 6,1 %. Bref, tout augmente sauf les salaires !

Sur le même sujet : Qui nourrit la colère ?

Quelle serait votre première mesure pour le pouvoir d’achat ?

Il faut évidemment augmenter le SMIC à 1 700 € net, engager une grande conférence sociale tripartite État/syndicats/patronat où les aides aux entreprises sont conditionnées. Ne plus accepter qu’un euro de dividende versé aux actionnaires n’équivale pas à un euro versé aux salariés sous forme de participation, d’intéressement ou de salaire.

Olivier Faure
« Ce débat sur l’identité, la gauche l’a déserté, parce qu’elle y décelait un piège. C’était une faute. Ce vide a immédiatement été occupé par l’extrême droite. » (Photos : Maxime Sirvins.)

Cet été fut caniculaire et les incendies ont ravagé plusieurs départements. Si vous êtes élu, la première loi que vous ferez voter sera-t-elle écologique ?

Le défi du siècle c’est de préserver un monde habitable.

Les mégafeux de cet été ne sont plus une alerte, mais une réplique. Les landes du massif de Gascogne ont déjà brûlé en 2023. Ces phénomènes vont s’amplifier. Nos compatriotes ultramarins souffrent plus brutalement encore du dérèglement climatique. L’urgence est là. Le défi du siècle c’est de préserver un monde habitable. Tout doit par exemple être repensé dans nos forêts : la diversification des essences d’arbres, l’alternance entre sylviculture, agriculture et agrivoltaïsme pour créer des pare-feu naturels. Dans les villages et les villes, il va falloir développer une culture du risque qui associe les habitants pour qu’ils acquièrent les bons réflexes.

Sur le même sujet : Dossier ; Incendies, canicules : un climat de colère

Vous insistez beaucoup sur l’adaptation au changement climatique. Sommes-nous suffisamment préparés aujourd’hui ?

Il faut recenser les personnes vulnérables. J’habite près de la forêt de Fontainebleau, j’ai été en Gironde à la rencontre du maire du Porge, j’ai vu les hectares dévastés, les habitants désemparés parce qu’ils ont tout perdu en une nuit, qui viennent chercher au Secours populaire le minimum pour continuer à vivre. Les élus m’ont raconté les évacuations, les premiers réfugiés climatiques de France, les malades qu’il faut continuer de soigner, les personnes âgées déboussolées au milieu d’un gymnase… Nous ne sommes pas prêts. Ni sur la prévention, ni sur la réponse aux catastrophes, ni sur l’accompagnement des victimes, y compris quand elles doivent faire face aux assureurs après le sinistre. Il faut développer des moyens considérables pour la sécurité civile. Les pompiers réclament 21 000 professionnels supplémentaires pour faire face à leurs obligations. Ils n’ont même pas les tenues adaptées, sans parler des canadairs dont l’achat a été retardé et la base promise à Mont-de-Marsan évaporée.

Sur le même sujet : « L’État nous ignore » : surexploités cet été, les pompiers volontaires oubliés à la rentrée

Faut-il donc renforcer massivement les moyens de la sécurité civile ?

Il faut repenser l’ensemble du système. Le gouvernement a divisé par trois les crédits du Fonds vert. Je veux la création d’un fonds national et européen qui engage les grandes transformations pour accompagner les collectivités. Un fonds pérenne. Qui permette de planifier sur les trente prochaines années la réorganisation complète du territoire. Il faut végétaliser les cours d’écoles, climatiser les crèches, adapter les équipements sportifs, les transports, réparer les réseaux d’eau, la rénovation des bâtiments et des passoires énergétiques, adapter nos villes notamment en replantant des arbres pour créer des zones ombragées… Il faut en finir avec la dictature du court terme. Les investissements ne peuvent plus être guidés exclusivement par la prochaine échéance électorale.

C’est une énorme maladresse d’opposer une « nouvelle France » à une ancienne.

Dans votre livre, La Loi du plus juste, vous consacrez un chapitre à l’identité. Vous proposez un concept : une « France vivante ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Ce débat sur l’identité, la gauche l’a déserté, parce qu’elle y décelait un piège. C’était une faute. Ce vide a immédiatement été occupé par l’extrême droite. L’extrême droite nous vante une « France éternelle ». C’est un mensonge. La France n’a cessé d’évoluer. Nous ne sommes pas simplement les enfants de Vercingétorix et de Clovis. Au XVIe siècle François Ier et Soliman le Magnifique ont même noué une alliance diplomatique et militaire, connue sous le nom d’« alliance franco-ottomane ». Nous avons connu des vagues migratoires qui ont chacune laissé des traces dans notre langue, dans notre culture, dans notre cuisine…

Sur le même sujet : Dossier : Nouvelle France, vieille idée ?

La gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon porte de son côté le concept de « nouvelle France ». Côté positif, des Français qui se sentaient jusqu’ici exclus de cette identité commune ont pu s’y reconnaître. Mais c’est une énorme maladresse d’opposer une « nouvelle France » à une ancienne. C’est entrer dans le jeu de l’extrême droite qui, elle, parle de « grand remplacement ». Jean-Luc Mélenchon est allé jusqu’à le revendiquer. Ce n’est pas la bonne façon de rentrer dans le débat. La France, elle est vivante ! Elle n’a cessé de s’enrichir de ses vagues migratoires successives.

Qu’est-ce qui constitue alors, selon vous, l’identité française ?

Notre identité, ne se confond ni avec une religion, ni une couleur de peau. L’identité de la France repose d’abord sur l’adhésion à des valeurs. La première, c’est la liberté telle qu’elle a été conçue par la Révolution de 1789. Pas celle de Thiel, Trump, Musk, ou Milei, de tous les libertariens et de l’extrême droite mondiale. La liberté que je revendique est celle qui permet à chacun de ne plus dépendre de l’arbitraire, de ne pas subir une situation de domination et de dépendance. C’est pour cela que notre identité se confond avec l’idée que nous ne sommes pas des sujets mais des citoyens. Que l’État social est un instrument de libération.

Sur le même sujet : Déconstruire le duel des « deux France »

Voilà notre patrimoine commun. Notre identité trouve aussi son prolongement dans la construction européenne, parce que les problèmes ne peuvent plus se résoudre à la seule échelle nationale. Enfin, notre identité, c’est aussi un rapport au monde. Nous avons été parmi les concepteurs de ce droit international aujourd’hui piétiné, d’Odessa à Gaza. Il nous appartient de le défendre sans jamais accepter le deux poids, deux mesures. La force de la parole de la France est à ce prix.

Vous appelez à réformer « profondément » le ministère de l’Intérieur. Quels changements souhaiteriez-vous opérer ?

Nous avons une police qui doit rester républicaine. C’est très difficile d’être gardien de la paix ou gendarme et de maintenir notre sécurité collective. Mais l’usage de l’arme à feu – exclusivité des forces de l’ordre – suppose qu’elles en maîtrisent l’usage. En France, le nombre de morts lors d’interpellations policières est alarmant depuis la loi de 2017 sur l’usage des armes à feu par les policiers lors de refus d’obtempérer.

Sur le même sujet : « Empêcher le permis de tuer pour la police d’entrer dans notre système judiciaire »

Nous avons récemment franchi un nouveau cap avec la loi votée par la droite et par l’extrême droite sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Avec cette loi, vieille revendication de Jean-Marie Le Pen, nous demandons à une famille dans le deuil de réunir, dans les heures qui suivent la mort de la victime, les preuves indispensables à l’émergence de la vérité. Si elles ne peuvent être réunies, la mort est présumée justifiée ! Nous avons abandonné l’idée de prévention, de présence dans les quartiers. Aujourd’hui, une police d’intervention a remplacé la police de proximité.

Olivier Faure
« Si nous installons, dès cette primaire, l’idée que les gauches sont définitivement irréconciliables, quelles que soient les circonstances, nous offrons à l’extrême droite une opportunité qu’elle-même n’osait espérer. » (Photos : Maxime Sirvins.)

Quelle serait, selon vous, la principale réforme à mener ?

Il faut changer notre doctrine du maintien de l’ordre, au quotidien, comme dans les manifestations. Nous avons besoin de restaurer la confiance. Je ne veux plus que les mamans craignent pour leurs enfants. Dans les quartiers les habitants attendent la police, mais pour engager un vrai combat, celui contre le narcotrafic. D’où la nécessité de s’interroger sur la légalisation du cannabis pour asphyxier les filières en les privant de leur produit d’appel. Il faut s’attaquer au portefeuille de la pieuvre du narcotrafic. Et il faut être intraitable et mettre les moyens, avec le fisc, la police et la justice, créer un statut de repenti pour installer le désordre au sein de cette pyramide du crime.

Sur le même sujet : Mères des quartiers populaires : « Nous vivons la peur au ventre »

Vous êtes candidat à la primaire sociale-démocrate. Patrick Mennucci, qui préside la commission d’organisation du processus, évoque un corps électoral aux alentours de 50 000 votants, et pouvant aller jusqu’à 100 000. N’avez-vous pas intérêt à appeler les électeurs de gauche, qui ne se sentent pas forcément socialistes, à participer à cette primaire pour vous soutenir et défendre l’idée d’une candidature commune à gauche ?

Les gauches doivent continuer à dialoguer, indépendamment de leurs réelles divergences.

Le choix du candidat socialiste, c’est un choix qui intéresse toute la gauche. Si nous installons, dès cette primaire, l’idée que les gauches sont définitivement irréconciliables, quelles que soient les circonstances, nous offrons à l’extrême droite une opportunité qu’elle-même n’osait espérer. Dans cette primaire, tout le monde défend la taxe Zucman, une plus grande justice fiscale, une bifurcation écologique. Très bien. Mais est-ce qu’il est possible d’opérer ces grandes ruptures, avec Gabriel Attal, Édouard Philippe ou Bruno Retailleau ? Non ! Donc les gauches doivent continuer à dialoguer, indépendamment de leurs réelles divergences. Je ne parle pas d’alliance électorale, je constate simplement qu’à l’Assemblée, le groupe socialiste vote à 80 % avec les insoumis et à 84 % avec les écologistes. Si demain, vous voulez abroger la réforme Borne, avec qui le ferez-vous ? Le sectarisme qu’il vienne de la gauche réformiste ou radicale est un renoncement au changement.

Sur le même sujet : Primaire sociale-démocrate : les petites manœuvres commencent

Au fond, dites-vous que Raphaël Glucksmann est une candidature qui renonce à être vraiment de gauche ?

Il y a un problème. François Hollande, qui est encore plus direct que Raphaël Glucksmann, explique qu’il n’entend plus être le candidat des socialistes. Il veut être candidat d’un vaste centre, il fait des propositions qu’il avait lui-même rejetées sous François Fillon. Ce que je dis, c’est que nous n’avons pas besoin d’un Fillon 2 ou d’un Macron 3. Simple. Ce que les Français attendent, c’est une rupture avec les dix années qui viennent de s’écouler. Et qui peut imaginer opérer une rupture avec les macronistes qui sont à l’origine de ce que nous contestons ? Basique.

Mais quels rapports entretenir avec la France insoumise ?

La perspective d’une victoire de l’extrême droite est un cauchemar qui devrait réveiller chaque nuit tout responsable de gauche.

J’ai des désaccords de fond avec Jean-Luc Mélenchon qui n’a pas le monopole de la gauche : sur ses dérapages à caractère antisémite, son deux poids deux mesures selon qu’il parle du peuple palestinien, ukrainien, ouïgour ou taïwanais, son parti pris eurosceptique qui lui interdit de saluer l’Union européenne quand elle accorde le statut d’état associé au Canada, sa volonté de rouvrir le gazoduc avec la Russie Nordstream… Les exemples ne manquent pas. Mais il faut aborder le débat à partir des questions de fond. Moi ce que j’entreprends, c’est de faire évoluer toute la gauche. Je veux que la gauche prenne des positions capables de rassembler une majorité de Français, ce que LFI est incapable de réaliser.

Sur le même sujet : Pour la rentrée, Jean-Luc Mélenchon veut aspirer la gauche et vite passer à la suite

Si vous êtes le gagnant de cette primaire, vous vous êtes engagés à lancer le dialogue avec les écologistes et les anciens insoumis. Quel est votre plan ?

Nous avons une responsabilité commune : faire exister un bloc social, écologique et démocratique. Je chercherai, avec eux, les moyens de parvenir à une offre commune qui nous permettra d’aborder le second tour. La perspective d’une victoire de l’extrême droite est un cauchemar qui devrait réveiller chaque nuit tout responsable de gauche. Des millions de nos compatriotes vont souffrir de ses mesures. La politique n’est un jeu que pour ceux qui n’ont rien à craindre.

Le bureau national du PS a voté l’exclusion à titre conservatoire de Philippe Brun, mis en cause par une ancienne assistante qui l’accuse de violences, ce qu’il dément. Vous êtes solidaire de cette décision. Le PS a-t-il réagi assez tôt ?

La gauche, féministe, ne saurait reculer chaque fois qu’elle est exposée à ce type de situation dans ses propres rangs.

Je n’ai pas participé à cette décision, mais j’en suis solidaire. Ce que le bureau national et le groupe parlementaire unanimes ont appliqué est la seule réponse possible dans une semaine où nous sommes en train de discuter de la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Nous ne nous substituons pas à la justice. L’honneur d’un homme est en jeu. Personne ne se prononce sur sa culpabilité. Ce qui est posé, c’est que le premier réflexe doit être de croire les femmes. Ensuite, la justice tranchera.

Sur le même sujet : Loi intégrale : « Sur certaines questions, nous ne pouvons pas faire de compromis »

En l’espèce dès lors que les accusations se sont précisées, qu’elles étaient suffisamment graves et les présomptions assez fortes, le bureau national et le groupe parlementaire devaient décider. La responsabilité des partis est d’afficher une exemplarité. Il a été reproché à la France insoumise sa gestion de l’affaire Quatennens lorsque Jean-Luc Mélenchon a relativisé l’acte de violence. La gauche, féministe, ne saurait reculer chaque fois qu’elle est exposée à ce type de situation dans ses propres rangs.

Le débat médiatique a été concentré sur Philippe Brun. Qu’a mis en place le PS pour la victime ?

La protection de la victime est garantie par l’indépendance stricte – y compris vis-à-vis de la direction qui n’est pas tenue informée des saisines et de leurs contenus – de cette instance où la parole des victimes présumées est protégée. C’est dans ce cadre que la plaignante est accompagnée.

Tout Politis dans votre boîte email avec nos newsletters !
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Marilou Aussilloux : « Ce n’est pas facile de trouver sa place dans le chaos »
Entretien • 14 octobre 2026 abonné·es

Marilou Aussilloux : « Ce n’est pas facile de trouver sa place dans le chaos »

Nouvelle venue depuis deux films dans l’univers de Robert Guédiguian, la comédienne tient le premier rôle dans le nouvel opus du cinéaste de l’Estaque, Une femme aujourd’hui. Elle nous parle de son personnage et du cinéma de Guédiguian, de son parcours et de ce que représente pour elle le fait d’être une jeune actrice dans le monde d’aujourd’hui.
Par Christophe Kantcheff
Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture
Politique • 12 octobre 2026 abonné·es

Colère lycéenne : Gabriel Attal mise sur l’autorité, Jean-Luc Mélenchon sur la rupture

Le candidat Renaissance et de La France insoumise à la présidentielle ont respectivement tenu meeting à Lyon samedi 10 octobre et près de Clermont-Ferrand dimanche 11, sur fond de mobilisation lycéenne. Alors que l’ancien Premier ministre défend une ligne fondée sur l’autorité et les devoirs, le leader insoumis dénonce le bilan éducatif des gouvernements macronistes.
Par William Jean et Névil Gagnepain
Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?
Politique • 9 octobre 2026 libéré

Raphaël Glucksmann veut-il tuer le PS ?

Ce 12 octobre, le coprésident de Place publique a remporté la primaire sociale-démocrate octobre, en glanant 66,17 % des 120 000 votants en ligne. Une question brûlante a animé les derniers jours de campagne : sa victoire serait-elle synonyme de la fin du parti à la rose ?
Par Névil Gagnepain
Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne
Analyse • 7 octobre 2026 abonné·es

Les gauches raccrochent les wagons de la colère lycéenne

Face à un mouvement lycéen d’une ampleur inédite, les partis de gauche se sont unanimement ralliés à la cause lors des manifestations du 6 octobre. Certains, LFI en tête, ont été plus prompts que d’autres à se rendre sur les blocus lycéens.
Par Névil Gagnepain