À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point
Depuis les premiers jours de la mobilisation lycéenne, une date est très attendue : celle du retour annoncé des gilets jaunes le 17 octobre. Une journée d’action lancée début septembre sur les réseaux sociaux pour protester notamment contre l’augmentation du prix de l’essence et du coût de la vie.
dans l’hebdo N° 1936 Acheter ce numéro

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Le rond-point est toujours là. Au milieu trônent quelques arbustes plantés récemment. Il n’est plus désigné comme le « rond-point de Cora ». En 2024, l’enseigne a été remplacée par un immense Carrefour. Le bungalow, les pancartes où étaient inscrites les revendications des gilets jaunes ont été enlevées.
Mais peu importe : ce rond-point à l’entrée de la zone commerciale de Saint-Avold reste le leur. Celui qu’ils et elles ont occupé pendant plusieurs années. Leur empreinte : un escalier que les gilets jaunes ont construit pour accéder plus rapidement au carrefour giratoire en évitant la boue pendant l’hiver. À côté des marches, des traces de main incrustées dans le béton où est inscrite une date : 2018, l’année de naissance du mouvement.
« Je vais remettre mon gilet jaune, prévient Juan Estevez, il est un peu usé mais il est parfait ! » Lui est resté sur le rond-point de Saint-Avold pendant près de cinq ans. « Tous les jours au départ, et puis on se relayait le samedi. Nous avions construit un bungalow qui nous servait de quartier général », ajoute fièrement le gilet jaune âgé de 69 ans, retraité de la mine de La Houve, définitivement fermée en 2004.
Les origines de la colère pour cette journée d’action du 17 octobre 2026 sont les mêmes qu’en 2018 : un prix du carburant trop élevé, un chariot de course à 100 euros chaque semaine qui ne remplit même pas le réfrigérateur, des salaires qui n’augmentent pas. « C’est même pire, alors je retourne sur le rond-point parce qu’il faut bien leur montrer, à nos dirigeants, que nous ne sommes pas d’accord. Vous savez, dans ma vie, ce n’est pas mon “hobby” de manifester ! », lance en souriant Juan Estevez.
En novembre 2018, dès les premiers jours du mouvement des gilets jaunes, plusieurs milliers de travailleur·euses, de retraité·es, de demandeur·euses d’emploi s’étaient rassemblé·es sur le rond-point de Saint-Avold. Comme partout dans l’Hexagone, les autorités françaises, les services de renseignements ne l’avaient pas vu venir.
« Pour samedi 17 octobre, nous n’avons pas de boule de cristal. Impossible de savoir s’il y aura du monde, confie Michel Estevez, venu retrouver d’autres syndicalistes à l’union locale de la CGT. Mais, il y a quelques semaines, qui aurait pu imaginer que des gamins seraient autant mobilisés dans la rue ? Personne. Ces jeunes sont en train de nous montrer la voie, y compris à nous, les organisations syndicales. »
« Les gens sont àIl vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :
Pour aller plus loin…
Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »
Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »
Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes