En images : « Qui nous protège de la police ? », dans le cortège de la mobilisation lycéenne à Paris

Cinquième acte du mouvement lycéen ce mardi 13 octobre 2026 à Paris, avec deux cortèges qui ont défilé dans les rues de la capitale. Le plus jeune et déterminé est parti de l’Hôtel de ville pour rejoindre la place Vauban, près des Invalides. Reportage photo.

Maxime Sirvins  • 14 octobre 2026
Partager :
En images : « Qui nous protège de la police ? », dans le cortège de la mobilisation lycéenne à Paris
Détournant une peinture de Goya, une pancarte représente Emmanuel Macron dévorant un enfant, accompagnée du slogan « La France dévore ses enfants ».
© Maxime Sirvins

Laurent Nuñez dans des toilettes, Emmanuel Macron en train de dévorer ses enfants et des enfants qui fuient les coups de la police. Pour l’acte V de la mobilisation des lycéens et étudiants le 13 octobre, les pancartes donnent le ton. Depuis des semaines, les violences policières, qui ont causé plusieurs mutilations, sont au cœur de la colère de la jeunesse. Dans le cortège, les regards se tournent déjà vers le 17 octobre, date d’une nouvelle mobilisation, plus large, qui devrait compter avec les gilets jaunes. Reportage en photo, dans un de deux cortèges parisiens.

Des lycéens et étudiants se rassemblent devant l’Hôtel de Ville de Paris, point de départ de l’un des deux cortèges de la mobilisation, le 13 octobre 2026. Un second cortège s’élance au même moment de la place d’Italie.
« Qui nous protège de la police ? » : une banderole dénonce l’action des forces de l’ordre, alors que plusieurs interventions policières dans des lycées mobilisés ont suscité l’indignation des manifestants. Au moins deux jeunes ont été mutilés.
Une pancarte représentant le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dans des toilettes, lors du rassemblement devant l’Hôtel de Ville (allusion à une décision de justice favorable à l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré). La dénonciation des violences policières occupe une place importante dans la mobilisation lycéenne.
Plusieurs échanges tendus ont eu lieu entre manifestants et forces de l’ordre, tout au long du trajet.
Une chaîne humaine se forme pour protéger le cortège, tandis que la mobilisation se poursuit en direction des Invalides.
Des jeunes manifestants se tiennent devant une inscription annonçant la mobilisation du 17 octobre, reprenant partiellement le slogan devenu phare, « Bismillah, c’est les ténèbres ». Les organisations lycéennes et étudiantes appellent massivement à rejoindre ce mouvement avec, pour espoir, un mouvement « gilet jaune 2 ».
Juste avant l’arrivée place Vauban, une compagnie d’intervention se déploie autour d’une voiture incendiée, pour laisser les pompiers intervenir.
Des CRS avancent en formation à travers les nuages lacrymogènes, place Vauban. Le secteur est progressivement évacué, après plusieurs heures de tensions et d’affrontements. De très nombreuses grenades assourdissantes ont été utilisées.
La place disparaît presque entièrement sous un épais nuage de gaz lacrymogènes. En fin d’après-midi, les tirs de grenades se multiplient massivement sur la place.
Aidés par des « street medics », des manifestants cherchent à se protéger des gaz lacrymogènes.
Un policier chute au sol alors que sa compagnie tente de s’extirper de la place sous les projectiles.
Recevez Politis chez vous chaque semaine !
Abonnez-vous
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes
Violences • 13 octobre 2026

Maintien de l’ordre : 100 000 signatures et des années d’alertes contre les armes mutilantes

Après plusieurs mutilations de lycéens, une pétition réclame l’interdiction de plusieurs armes et techniques policières lors des manifestations lycéennes. Une demande loin d’être récente malgré des avertissements répétés, jusqu’aux Nations unies.
Par Maxime Sirvins
Mobilisation lycéenne : « Le dispositif sécuritaire est totalement disproportionné »
Entretien • 2 octobre 2026

Mobilisation lycéenne : « Le dispositif sécuritaire est totalement disproportionné »

Alors que le mouvement lycéen se poursuit, après plus de 5 000 interpellations et de nombreuses violences policières, le chercheur Robi Morder revient sur l’ancrage historique de ces mobilisations et l’ampleur sans précédent de la répression.
Par Thomas Lefèvre et Isya Okoué Métogo
Portfolio : « Non au permis de tuer », les familles de victimes en tête du cortège à Paris
Manifestation • 21 septembre 2026

Portfolio : « Non au permis de tuer », les familles de victimes en tête du cortège à Paris

Des familles de victimes aux associations de défense des droits, en passant par les syndicats et les partis de gauche, le 20 septembre a rassemblé à Paris – et dans de nombreuses villes françaises – un front large contre la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Dans le cortège, les visages, les noms et les slogans ont rappelé que derrière la bataille législative se joue aussi une lutte plus ancienne.
Par Maxime Sirvins
« Empêcher le permis de tuer pour la police d’entrer dans notre système judiciaire »
Entretien • 18 septembre 2026

« Empêcher le permis de tuer pour la police d’entrer dans notre système judiciaire »

Avec la mobilisation « Non au permis de tuer » le 20 septembre dans une centaine de villes en France, familles de victimes, associations, syndicats et partis de gauche se retrouvent autour d’un même appel. Samia El Khalfaoui, tante d’une victime et cofondatrice de Stop aux violences d’État, raconte comment ce front s’est construit et pourquoi ses organisateurs veulent l’inscrire dans la durée.
Par Maxime Sirvins