Cirque : quand la fragilité redonne des forces
En septembre, la 22e édition du Village de cirque à Paris a rassemblé d’excellents spectacles fondés pour plusieurs d’entre eux sur l’expression d’une fragilité qui dit beaucoup de l’époque. En tournée cette saison, ils nous invitent à regarder le quotidien autrement.
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© Laurence Guillot
Le culte de la performance et la recherche du spectaculaire ont beau gagner en force dans nos sociétés, les arts sont encore souvent des espaces de résistance. Malgré des origines très marquées par l’exploit physique et le divertissement, le cirque fait aujourd’hui largement partie de ces précieux îlots. Unique rendez-vous parisien dédié aux arts de la piste, le Village de cirque, organisé par l’association De rue de cirque (2r2c), a mis pour sa 22e édition cette tendance en lumière, avec des spectacles que l’on pourra revoir cette saison en tournée.
Loin d’être nouveau, puisqu’il apparaît avec la naissance du « nouveau cirque » ou « cirque de création » – dans la foulée de l’ouverture en 1967 du Centre national des arts du cirque (Cnac), la première école nationale consacrée à la discipline –, le refus de l’exploit prend ici une teinte particulière. Longtemps fondé sur la mise à distance des codes du cirque traditionnel, ce refus serait lié davantage aujourd’hui à des causes extérieures à la discipline. Si la vulnérabilité qui infuse la programmation du Village de cirque se traduit de bien des manières – des propos et des formes diverses –, les pièces du festival ont en commun un rapport complexe au réel, une sorte d’inquiétude.
Loin pourtant de véhiculer de l’anxiété, ces spectacles intranquilles que sont Ignis de Nicolas Fraiseau, Santa, ce qu’il me reste de la Corse de Pauline Dau, Préviens les autres de Galapiat Cirque, et Si c’est sûr c’est pas peut-être de la compagnie Takakrôar ont donné au Village un visage des
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