Aux États-Unis, l’intégration ne protège pas de l’arbitraire administratif
Miguel, psychologue mexicain travaillant aux États-Unis, n’a pas obtenu le renouvellement de son visa. Le début d’un exil dans son propre pays. Portrait.
dans l’hebdo N° 1934 Acheter ce numéro

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Depuis plusieurs mois, Miguel (1) vit en exil dans son propre pays. Psychologue dans le nord des États-Unis mais Mexicain de nationalité, il travaillait depuis cinq ans dans une agence de santé en lien avec Medicaid, auprès des populations précaires. Mais depuis le refus de renouvellement de son visa en juin dernier, Miguel est bloqué au Mexique. Il nous raconte cette vie interrompue autour d’un café.
Enfant d’une famille modeste du Bajío, région industrielle dans le centre du pays, un ami l’invite à candidater à une annonce pour un poste de psychologue hispanophone, il y a environ cinq ans. Il est pris. « Je n’ai pas hésité, pour être honnête, c’était une super opportunité. Je suis parti avec 3 000 pesos (2) sur mon compte. Il y avait 2 000 pesos que mon grand-frère m’avait donnés et 1 000 pesos de ma partenaire. Et 15 dollars de mon père. Je me suis dit, merde, une telle opportunité, c’est pas souvent ! »
L’obtention du poste est nécessaire pour obtenir son premier visa d’un an auprès de l’ambassade états-unienne de Guadalajara. « L’interview a dû durer trois minutes. » Sa partenaire, Mexicaine, est déjà sur place. Rapidement, il trouve une communauté dans sa ville d’adoption et peut enfin exercer le métier auquel il aspirait. « Cette sorte de psychologie communautaire, aider les gens qui n’ont pas l’argent pour se soigner, c’est difficile à trouver au Mexique, les agences publiques n’ont pas assez de financement. »
ÉpreuveAu bout de la première année, il renouvelle son visa pour quatre ans. Une épreuve à chaque fois. « Tu dois revenir au Mexique. Pour obtenir un rendez-vous, il faut payer. Après le rendez-vous, tu dois à nouveau payer et tu reçois ton visa une semaine après environ. En gros, tu dois prendre trois semaines de tes vacances et une partie de tes économies pour obtenir le renouvellement. C’est environ 400 dollars pour un visa de quatre ans. »
Quand j’ai eu le résultat, j’ai fait une crise de panique dans la rue, je ne pouvais pas respirer.
En juin dernier, Miguel se rend ainsi à Guadalajara pour renouveler pour la deuxième fois son visa. Mais, cette fois, l’administration le lui refuse, en arguant qu’il lui faut une licence d’État pour exercer, soit une autorisation administrative pour exercer dans son domaine. « Pourquoi avoir accepté il y a quatre ans et refuser
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