En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris

Samedi 17 octobre, des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, avec de nombreuses revendications. 800 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs. Une mobilisation massive, traversée à la fois par le désir d’une convergence des luttes et par de violents affrontements avec les forces de l’ordre, comme à Paris. Reportage.

Maxime Sirvins  • 19 octobre 2026
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En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris
© Maxime Sirvins

Paris, 17 octobre 2026. Lycéens, étudiants, gilets jaunes et militants de différents horizons se retrouvent dans les rues de la capitale pour une journée de mobilisation nationale. Après un mois de contestation lycéenne, l’appel du 17 octobre voulait faire converger des colères unitaires : conditions d’éducation, pouvoir d’achat, montée de l’extrême-droite et violences policières.

À Paris, la journée débute par des rassemblements et des cortèges dispersés dans le centre de la capitale, où plusieurs secteurs ont été interdits aux manifestations. Une foule jeune occupe la place de la République et les rues voisinantes, dans une atmosphère d’abord largement festive et revendicative. Mais rapidement la tension monte avec les forces de l’ordre. Gaz lacrymogènes, barricades, incendies et charges s’étendent ensuite dans toute la ville, jusqu’à la nuit.

Sur le même sujet : Dossier : La colère lycéenne prend la rue

À l’échelle nationale, 550 000 personnes ont manifesté selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. Une mobilisation massive, traversée à la fois par le désir d’une convergence des luttes et par de violents affrontements. L’appel à un « Acte II » le 24 octobre circule déjà.

(Toutes photos : Maxime Sirvins.)
Dans le prolongement du mouvement social des lycéens et étudiants, de très nombreux jeunes sont présents ce 17 octobre à Paris, comme ici des élèves du lycée Chaptal situé dans le 8e arrondissement.
Une jeune femme se fait couler du sérum physiologique dans les yeux pour se rincer des gaz lacrymogènes. Au milieu de la place de la République, l’ambiance est à la fête même si le vent ramène les gaz lacrymogènes tirés au loin.
« L’Araignée, l’Araignée est un être bien singulier. Dans sa toile, il attend, d’attraper les brigands. Prends garde ! Car Spiderman est là. »
Après plusieurs heures d’échanges entre certains manifestants et les forces de l’ordre, une voiture et plusieurs kiosques sont incendiés sur la place de la République.
Rapidement la situation devient ingérable alors qu’une partie de la place est prise sous un épais nuage mêlant lacrymogènes et fumées d’incendies.
« Il est mort ? », se questionne un témoin. Un street medic est traîné au sol, au milieu des pavés et projectiles, par des policiers. La tête en sang, il ne bouge presque plus. Pendant de longues heures, la rumeur a circulé sur sa mort avant qu’une vidéo publiée le 19 octobre le montre conscient dans un camion de pompier.
« Attention grenades » : l’image est issue d’une célèbre vidéo datant des gilets jaunes, où un homme se film sous les lacrymogènes en disant, relativement calmement : « Hop ! Grenade dans la gueule! Attention grenades ! Attention les jeunes ! »
Dans les boulevards autour de la place de la République, le chaos règne. Ici, un canapé a plus de 5 000 € est jeté dans une barricade en feu, constituée notamment de vélos en libre accès.
Tout le long de la journée puis de la soirée, les manifestants vont se répandre dans toute la capitale en allant jusqu’aux Champs-Élysées. Ici, devant les Galeries Lafayette, des policiers sont visés par un mortier d’artifice.
Deux salles, deux ambiances… Au milieu du désordre, des grenades et des barricades, la vie continue pour le reste de la population. Comme ici, avec des gens qui font la queue devant l’Olympia, comme si de rien n’était. Sur la porte, une allusion au « Bismillah c’est les ténèbres », slogan devenu emblématique en quelques jours.
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