Perec n’a rien vu à Lubartów
L’auteur de Je me souviens est le sujet d’une riche exposition à la BNF, tandis que Claire Zalc publie une enquête historique passionnante sur les juifs de la ville de Pologne, dont la famille de l’écrivain est originaire, entre 1920 et 1950.
dans l’hebdo N° 1939 Acheter ce numéro

© Indivision Richardson Saluden
Au début du récit autobiographique de ses premières années, Georges Perec a cette phrase paradoxale : « Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. » L’affirmation n’est pas tout à fait exacte. W ou le souvenir d’enfance, le livre qui contient ce récit en alternance avec une fiction qui n’en est qu’a priori éloignée, en atteste : en creusant dans sa mémoire (ou en l’épuisant), quelques bribes, sensations ou visions de cette époque lui reviennent. Cet effort répond vaille que vaille à la citation de Raymond Queneau mise en exergue : « Cette brume insensée où s’agitent des ombres, comment pourrais-je l’éclaircir ? »
D’où vient cette amnésie ? Né en 1936 dans une famille juive émigrée de Pologne à la fin des années 1920,
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