Manifestation du 5 novembre : soutien à Céline Martelet et Cerise Sudry-le Dû, journalistes victimes de violences policières
Lors de la manifestation parisienne du 5 novembre, une journaliste de Politis et une consœur ont été victimes de violences policières. Une plainte sera déposée ce 6 novembre. Dans une tribune, la Société des journalistes de Politis dénonce cette atteinte à la liberté d’informer, et annonce que ses membres continueront à être sur le terrain, malgré la répression.

Hier, jeudi 5 novembre, une journaliste de Politis, Céline Martelet, qui couvrait la manifestation parisienne à l’appel de l’intersyndicale, a été victime de violences policières. Elle s’apprêtait à rentrer chez elle, à la fin de la mobilisation, quand une unité de policiers a chargé, sans raison apparente, sur la place de la Nation. Il était 19 h 05.
Avant la charge, la situation était calme. Par réflexe journalistique, Céline Martelet et une consœur photographe, Cerise Sudry-le Dû (Divergence Images), toutes les deux habituées aux zones de conflit, se sont plaquées contre un mur pour laisser passer la charge.
Céline Martelet était identifiée comme journaliste grâce à un brassard presse fluo. Elle venait de ranger son casque de protection. Cerise Sudry-le Dû avait un casque et un sac à dos sur lesquels il était écrit « presse ». Autour du cou, elle portait son appareil photo.
N’en déplaise au gouvernement et aux forces de l’ordre, la liberté de la presse n’est pas négociable.
Voyant plus d’une dizaine de policiers se ruer sur le groupe près duquel elle se trouvait, Céline Martelet a hurlé à plusieurs reprises qu’elle était journaliste. Malgré cela, un policier lui a asséné un coup de matraque sur la tête dont elle s’est protégée avec la main. Du fait de la violence de ce coup, elle a ensuite baissé le bras. Le policier l’a alors frappée une deuxième fois sur la tête avec sa matraque, provoquant une plaie saignante.
Après avoir été prise en charge par les médics, notre consœur a été soignée aux urgences et a pu rentrer chez elle. Cerise Sudry-le Dû, elle, a reçu deux coups de matraque sur le crâne et deux dans l’épaule. Son casque l’a protégée.
Une plainte sera déposée dès aujourd’hui. N’en déplaise au gouvernement et aux forces de l’ordre, la liberté de la presse n’est pas négociable. La violence du maintien de l’ordre, qui a déjà blessé et mutilé de nombreux·ses manifestant·es, se déploie aussi contre les journalistes depuis le début de la mobilisation lycéenne. C’est intolérable.
La Société des journalistes de Politis apporte son plein soutien à nos consœurs et aux autres collègues blessé·es lors des manifestations. Nous sommes plus déterminé·es que jamais à couvrir et documenter le mouvement social en cours. Malgré les pressions, nous continuerons à faire notre travail parce qu’il s’agit pour nous de défendre l’intérêt général.
Des contributions pour alimenter le débat, au sein de la gauche ou plus largement, et pour donner de l’écho à des mobilisations. Ces textes ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction.
Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.
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