Face au risque autoritaire, refuser la résignation
Politis consacre un numéro au basculement, par touches successives, vers un régime illibéral. L’autoritarisme ne s’installe pas toujours dans le fracas. Il progresse aussi dans l’habitude, le silence et la résignation.
dans l’hebdo N° 1939 Acheter ce numéro

© Maxime Sirvins
Dans le même dossier…
« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit » Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire« Notre situation historique n’est pas pré-révolutionnaire, mais pré-autoritaire. » La formule récente de l’historien Patrick Boucheron, dans Libération, n’est pas des plus optimistes malgré l’espoir que suscitent les mobilisations actuelles, mais elle a le mérite de nommer ce qui se joue aujourd’hui. Et de nous obliger à regarder la réalité en face. C’est ce que nous faisons dans un numéro spécial de Politis où nous avons choisi de documenter les dérives en cours et de donner la parole à des intellectuel·les, des artistes et des personnalités de la société civile.
Ne pas banaliser ce qui menace la démocratie
Leurs voix (1) disent une même inquiétude, mais aussi une même détermination : ne pas banaliser ce qui menace la démocratie. Car le danger n’est plus seulement celui d’une dérive politique abstraite ou d’une poussée conservatrice parmi d’autres. C’est celui d’un basculement progressif vers un régime illibéral. Un pouvoir qui, au nom de l’ordre, de l’identité ou des valeurs traditionnelles, s’emploie à restreindre les libertés, à fragiliser les contre-pouvoirs, à réduire les espaces de contestation et à remettre en cause des conquêtes démocratiques.
Les textes, une quinzaine, seront régulièrement publiés sur notre site au cours des jours à venir.
Ce glissement ne se fait pas en un jour. Il avance par petites touches depuis de nombreuses années, par des mesures qui, mises bout à bout, dessinent un projet de société profondément inquiétant. Les libertés publiques, les droits des minorités, les menaces sur la presse, la liberté d’expression et le pluralisme sont directement concernés. Parce que l’autoritarisme ne s’installe pas toujours dans le fracas. Il progresse aussi dans l’habitude, le silence et la résignation. Et parce qu’il est encore temps de lui résister, il est urgent d’en parler.
L’actualité vous fait parfois enrager ? Nous aussi. Ce parti pris de la rédaction délaisse la neutralité journalistique pour le vitriol. Et parfois pour l’éloge et l’espoir. C’est juste plus rare.
Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.
Faire Un DonPour aller plus loin…

Doit-on aimer la France ?

Rue d’Aubagne : une indignité politique

Racisme : le poids du silence








