Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »

Intellectuel·les, artistes, membres de la société civile… Ils et elles analysent la crise autoritaire que nous vivons aujourd’hui. Et remontent le fil de ses origines, décodent ses manifestations, expriment leurs inquiétudes profondes mais aussi leurs espoirs, et proposent des voies de résistance. (2/15)

• 5 novembre 2026
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Akim Omiri : « Nos vies valent plus que quelques vitrines cassées »
© RAPHAËL LIOT (Akim Omiri)

« La France est à un moment crucial. Elle doit faire un choix : soit basculer dans l’autoritarisme et le fascisme, soit se relever. Le système médiatique et politique, soutenu par les milliardaires, met tout en œuvre pour empêcher la gauche de gagner. On la diabolise, on la présente comme dangereuse, violente ou antisémite, alors qu’elle défend le droit de vivre dignement, de se loger, de manger.

Certains oublient trop vite l’histoire de leur pays : ni 1789 ni Mai 68 ne se sont faits en discutant autour d’une table. Les étudiants voient leur avenir s’assombrir, faute de décisions politiques capables de leur offrir des perspectives. Plutôt que d’écouter leurs revendications, on les réprime et on les présente comme des ennemis de la France. Pourtant, ils en sont l’avenir.

Ni 1789 ni Mai 68 ne se sont faits en discutant autour d’une table.

Fin de règne

Si l’État en vient à déployer l’armée, ce n’est pas une preuve de force mais de faiblesse. Cela montre que les mobilisations sont suffisamment puissantes pour inquiéter le pouvoir. La Macronie, privée de majorité législative depuis les dernières élections, ne se maintiendrait que par la force répressive. C’est la fin d’un règne qu’elle refuse de reconnaître.

Il faut donc renforcer les moyens pour se mobiliser encore plus et être encore plus solidaire. Parce que nous avons raison, nous sommes la France, nous sommes ceux qui souffrent. Nous ne sommes pas des chiffres et nos vies valent plus que quelques vitrines cassées. »

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