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Publié le 13 avril 2009

La SICAV Monory passe l’arme à gauche

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Illustration - La SICAV Monory passe l’arme à gauche Christine Lagarde n’en rate pas une, genre regrets éternels. Depuis son ministère de l’Economie, cette figure de proue du libéralisme a rendu un vibrant hommage sur l’air de la vénération à René Monory, ex-ministre, ex-président du Sénat, entres autres, disparu le week-end dernier. Surtout au garagiste-précurseur de l’allégeance outrancière au dogme libéral.

Le témoignage porte moins sur l’homme que pour sa géniale intuition en inventant un produit dérivé (collectif). « René Monory avait fait preuve d’ingéniosité en imaginant notamment le système de captage de l’épargne populaire à travers un vecteur financier auquel son nom restera à jamais attaché, la SICAV ».

On n’invente rien, c’est mot pour mot le texte officiel du communiqué de presse envoyé par Bercy (fichier ci-dessous). Lagarde se pâme pour celui qui a inventé ce gigantesque système de captage qui n’a pas rendu que des services aux « épargnant populaires ». Pas grave, Christine a décrit avec ses mots cette vision quasi religieuse : « A l’heure où la France connaît à nouveau les turbulences fortes d’une crise financière et économique d’ampleur mondiale, Christine Lagarde souhaite rappeler combien la stabilité et la cohésion de la gouvernance économique de notre pays restent des gages sûrs pour faire front face à l’adversité afin de prendre des mesures courageuses, seules capables de remettre le pays sur de bons rails ».

La Sicav était une mesure courageuse, de celle qui mène au stade suprême de la gouvernance économique, un gage de stabilité et de cohésion… C’est sans doute une mauvaise plaisanterie. Mais non. Vous avez bien lu. Monory est un exemple pour nous. On se frotte encore les yeux, car en poussant les épargnants dits populaires vers les sicav, que s’est-il passé ? S’ils ont par exemple investi dans des sicav en action, ils pourront faire leur deuil des promesses miraculeuses de revenus. Ces sicav ont beaucoup perdu ces derniers temps. Les Echos avaient même titré un article en septembre 2008 : « Crise financière : que faire de vos sicav et FCP ? » En clair, ceux d’en bas avaient déjà perdu dans la course aux gains. C’est ça le capitalisme libéral.

Comment se faire berner ? Le Figaro l’a très bien expliqué dans son édition du 2 avril 2009 : « Les baisses de taux successives de la Banque centrale européenne - dont le taux directeur risque de tomber aujourd'hui à 1 % - ont fait quelques dommages collatéraux sur les placements des Français, et en particulier sur leurs sicav monétaires. Ce produit d'épargne, qui draine des capitaux très importants en France (plus de 414 milliards d'euros, selon Europerformance), ne rapporte plus que 1,26 % par an (performance observée du 20 au 27 mars annualisée). Son rendement dépend en effet des taux d'intérêt à court terme (Eonia et Euribor), en chute libre ces derniers mois. Les sicav vendues au grand public, qui subissent des frais de gestion plus lourds que celles réservées aux institutionnels, offrent même désormais des performances inférieures à 0,50 % par an ».

Traduction : les plus gros gagnent toujours. Et Monory est au Paradis.

Communiqué de presse de CHristine Lagarde


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