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Publié le 9 mai 2009

Des élus NPA, pour quoi faire?

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Le NPA lance ce week-end sa campagne électorale. Auparavant, le parti d’Olivier Besancenot était surtout préoccupé d’être au cœur des luttes sociales. Il avait déjà présenté à la presse ses têtes de liste deux fois, mais ce n’était qu’un tour de chauffe.

Illustration - Des élus NPA, pour quoi faire?

Jeudi, en les rassemblant une nouvelle fois pour une conférence de presse au moment même où l’UMP dévoilait enfin la composition de ses listes, le bon facteur1 a donné le top départ, le vrai.

Sur leur objectif, les candidats toutefois restent vagues. A l’image d’Olivier Besancenot, qui plus que jamais donne le ton : « On mène une campagne politique anticapitaliste depuis le mois de janvier dans le cadre des luttes et des résistances telles qu'elles sont » et « on va donner un prolongement à cette campagne politique dans le cadre de la campagne électorale » , a-t-il expliqué. Mais encore?

Le NPA espère-t-il avoir des élus ? Le mot lui-même n’est jamais prononcé. Du moins spontanément. Le porte-parole du NPA n'aborde le sujet que lorsque les journalistes l’interrogent. Il annonce alors espérer « un maximum d’élu » . Le type même de réponse qui en dit long sur l’intérêt porté à cette question (subalterne). Car ce qu’Olivier Besancenot, troisième de liste en Ile-de-France2, ne peut dire, son ex-directeur de campagne (présidentielle), Pierre-François Grond l’exprime sans détour3 : « On cherche un score - dépasser les 5 % - plutôt que des élus. »

C’est vrai quoi, pourquoi s’embarrasser d’élus ? Et puis dans quel groupe siégeront-ils ? Cette question, je l’ai posée à Omar Slaouti, un professeur de physique-chimie qui conduit la liste NPA en Ile-de-France, au cours de Pluriel, le club de la presse de Radio Orient, le 1er mai. Je me souvenais qu'il y a quelques mois 4, Pierre-François Grond voulait croire à « l'émergence d'une force politique européenne anticapitaliste, même embryonnaire » qui permettrait de former un nouveau groupe à Bruxelles. Un doux rêve: pour composer un groupe politique, le nombre de députés nécessaires est de 20, élus dans au moins 1/5ème des Etats membres de l’Union Européenne. Vous avez vu des NPA dans 7 pays européens? Moi non.

Interrogé sur le groupe dans lequel il pourrait siéger, Omar Slaouti a d'abord rappelé que toutes les forces politiques ont un groupe au Parlement européen. Toutes sauf « les forces anticapitalistes en Europe » qui « n’ont pas de représentation partidaire » . « Si des fois nous n’étions pas suffisants en nombre pour former un groupe politique, (…) je pense que nous nous retrouverons dans le groupe de la GUE. »

La Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL) , suivant l'appelation officielle, c'est le groupe dans lequel les candidats du Front de Gauche, qu’ils soient du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche unitaire ou autre, se sont engagés à siéger. Il est présidé depuis dix ans par le communiste français Francis Wurtz (qui ne se représente pas), et c’est le seul groupe authentiquement de gauche au Parlement européen. Dernières précisions: il s'agit d'un groupe confédéral dont les partis membres doivent partager des objectifs politiques communs, exprimés notamment dans une déclaration constitutionnelle, mais restent souverains quant à leur ligne politique; comme dans tous les groupes les députés restent maîtres de leur vote.

L'aveu d'Omar Slaouti pose une ultime question , à laquelle les responsables du NPA sont bien embarassés de répondre. Si le NPA envisage de faire siéger ses éventuels élus au sein du groupe GUE/NGL, pourquoi a-t-il refusé de faire liste commune avec les autres forces politiques déjà membres de ce groupe parlementaire, ou qui souhaitent le rejoindre?

Pourquoi se présenter séparemment et en concurrence, au risque que les opposant au cours libéral de la construction européenne n'aient plus aucun élu à Strasbourg, si c'est pour se retrouver dans le même groupe, une fois l'élection terminée?



  1. de Neuilly, précise-t-on au Figaro où on n’aime rien tant que donner un peu de proximité aux lecteurs 

  2. Une position qui le préserve de devoir abandonner son vélo, après le 7 juin, pour le Thalys et le TGV-Est. 

  3. C’est Sylvia Zappi qui rapporte le propos

  4. Voir Crochet gauche


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