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Publié le 22 février 2011

Dissidons (Avec Le Parti Régimaire)

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Illustration - Dissidons (Avec Le Parti Régimaire)

Éric Zemmour est, dans la France des années 2000, un dissident, comme fut Андрей Дмитриевич Сахаров dans la Russie d'antan.

C'est lui - Éric Zemmour - qui l'induit, quand il geint, dans l'hebdomadaire progressiste Valeurs actuelles , après qu'on lui a fait grief d'avoir tenu des propos coupés de provocation à la discrimination raciale : «On est dans une logique d’inquisition revisitée par le totalitarisme communiste» , et d'ailleurs, «au Salon du livre, une lectrice m’a dit : “Je suis d’origine russe et j’ai retrouvé dans votre affaire ce qu’on vivait en URSS, où on ne savait jamais ce qu’on pouvait dire avec qui”» , mais moi, je crains dégun, et vous n'aurez paaaaaaaaas, ma liberté de penser.

Vu de près, toutefois: Éric Zemmour, nonobstant qu'il est sous la constante surveillance du Комитет государственной безопасности (qui voudrait bien l'exiler dans un trou sibérique, non loin de Colin Farrell), arrive encore, sous la tyrannie francommuniste, à dire quelques gênantes-vérités-que-nu(le)-n'ose-plus-formuler (sauf bien sûr les caciques du parti régimaire et leurs fidèles peones) - dans Le Figaro de Serge Dassault (du parti régimaire), par exemple, ou chez Ruquier (de la télévision d'État), ou , ou .

De surcroît: s'il fait un livre, tout le monde en parle.

Puis: quand se confirme qu'il a bel et bien mis dans ses dissertations trop de «provocation à la discrimination raciale» , et quand la justice l'en tance, ce particulier dissident reçoit, dans l'instant, le soutien, non seulement des plus nobles figuras du parti régnant, mais d'un secrétaire d'État dont le serment républicain n'inclut (tout de même) pas qu'il se plie vers la règle disant qu'on ne jette pas le discrédit sur une décision de justice.

Dès lors, et si nous tenons pour vrai que Zemmour est dans la France des années 2000 un Андрей Дмитриевич Сахаров, et qu'Андрей Дмитриевич Сахаров ne fut par conséquent guère plus que l'Éric Zemmour de son temps: nous devons très vitement réviser l'idée fausse qui nous fut (trop) longtemps donnée de la dissidence par temps de soviétisme - et convenir que les Russes dont l'avis sur la vie n'était pas celui du Политбюро, loin d'être si maltraité(e)s qu'on l'a dit, furent plutôt nantis, jusque sous Леони́д Ильи́ч Бре́жнев , du plein soutien de larges pans de l'appareil d'État.

Et bien sûr: y aura des tue-la-joie, pour déplorer tant d'indédence.

Mais nous, on s'en fout, c'est pas leurs T-54 qui vont nous arrêter: quand vient le moment de récrire la réalité, on se laisse tout simplement pas voler notre liberté de penser.


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