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Publié le 2 novembre 2011

«Douloureuses», Mais «Efficaces»: Les Solutions De Christophe Barbier Pour Une «Rigueur» Réussie

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Illustration - «Douloureuses», Mais «Efficaces»: Les Solutions De Christophe Barbier Pour Une «Rigueur» Réussie

L'obscénité peut des fois mettre du temps à bien apparaître pour ce qu'elle est.

Mais d'autres fois: non.

D'autres fois, on lit un «éditorial de Christophe Barbier» , directeur de L'Express , et on sait tout de suite qu'on est dans quelque chose de véritablement incommodant.

Ce matin, par exemple: Christophe Barbier narre, dans son édito de la semaine, que «la rigueur» , c'est «comme l'amour» : ça «n'existe pas» , mais ça «se décrète» , et ça «se démontre» .

Et là, ça doit se décréter fissa, explique Christophe Barbier, parce que «l'état des finances publiques l'exige» .

Par conséquent: «Le bon président est» , d'après Christophe Barbier, «celui qui osera annoncer des mesures précises, douloureuses et efficaces» .

Et justement: Christophe Barbier a quelques propositions à lui faire.

Quelques idées à lui soumettre.

Par exemple, Christophe Barbier, constatant qu'il est «indispensable de travailler plus» , dans ce pays de grosses feignasses, «mais» qu'il est cependant (et malheureusement) «impossible de supprimer les 35 heures» (tant «l'esprit RTT» s'est profondément « incrusté dans les mentalités» ), fait, en toute simplicité, la suggestion suivante: «Supprimons la cinquième semaine de congés payés» .

Supprimons-la, car elle fait une «récompense» très «exagérée» .

Et si Toto le smicard tient absolument à s'offrir une cinquième semaine de congé par an, quand quatre lui suffiraient amplement?

Il n'a qu'à se la payer.

Non mais sans déconner1.

Autre proposition précise (et un peu douloureuse sans doute, mais à coup sûr efficace) de Christophe Barbier: «Indemnisons moins les premiers mois de chômage» (quittes à «mieux» le prendre en charge sur «la longue durée» ) - et facilitons les licenciements.

Car en effet - et c'est trop peu dit: les employeurs doivent encore surmonter (beaucoup) trop d'obstacles, quand ils prennent la courageuse décision de se dégraisser l'effectif.

Et ça, n'est-ce pas?

C'est mauvais pour l'emploi.

Si on empêche le patronat de licencier?

Faudra pas s'étonner qu'il y ait tou(te)s ces chômistes.

En vérité, jure Christophe Barbier: «Si licencier ne devient pas plus facile, embaucher finira par être impossible» .

En vérité: «La flexibilité est un risque qui multiplie les chances; la précarité est la fille de la rigidité.»

(Ne fais pas attention aux taches: c'est le MEDEF qui vient encore d'éjaculer sur le pantalon de Christophe Barbier.)

Autre proposition: «Les Français auront à changer leur consommation.»

Plus précisément: les Françai(se)s devront «consacrer moins d'argent aux loisirs et plus à la santé, à l'alimentation et aux vêtements» .

(Cela vaut en particulier pour les RMIstes, dont chacun(e) sait qu'ils claquent tout leur fric au ciné pour mieux venir se plaindre ensuite qu'ils n'ont plus de quoi s'acheter leurs pâtes.)

En clair: «Le nécessaire doit reprendre la main sur le superflu, après des années de culture de la distraction.»

Ajoute Christophe Barbier.

Faut que les prolétaires cessent immédiatement de s'acheter des illustrés, au lieu d'un nouveau bleu de travail - un peu de dignité, que diable, salauds de pauvres2.

Puis - nouvelle suggestion de Christophe Barbier: «Nous devons retrouver les vertus de la solidarité familiale, et ne plus attendre de “l'État mamma” les soins et consolations que nous devons prodiguer à nos proches.»

Ne confondons pas tout, de grâce: «Les impôts financent les services publics importants et le désendettement, pas le maternage généralisé.»

Tu déprimes - rapport à ce licenciement que ton patron a finalement réussi à t'offrir, nonobstant qu'un législateur inique a tout fait pour l'en empêcher?

Parles-en à ta grand-mère, au lieu de te payer des psys aux frais du contribuable - incurable égoïste.

Naturellement, précise modestement Christophe Barbier, «ce ne sont»«que quelques exemples d'actions» qui «feront du bien à la France» : il y en a évidemment «beaucoup d'autres» .

Toutes, cependant, ne se valent pas - et tu te garderas, s'il te plaît, de suggérer de ton côté qu'on se purge l'environnement des obscènes (CENSURÉ) de l'éditocratie: cela serait, tu le comprends bien, d'un très inconvenant populisme.


  1. D'ailleurs: Toto le smicard trouvera cette semaine dans L'Express quelques suggestions pour des vacances un peu originales sur de «nouvelles plages au bout du monde» - du syle, un «séjour 6 jours/4nuits» sur les «rivages hippies-chic» du Brésil, à 2.990 euros, petits-déjeuners compris. Parce que bon: une chose est de réclamer la réduction des congés payés - mais faudrait pas non plus que ça nuise au business hebdomadaire de Christophe Barbier. 

  2. Signalons cependant, pour qui aurait, nonobstant la feignasserie ambiante, les moyens de joindre l'agréable à l'utile, que Christophe Barbier vend chaque semaine, avec L'Express un supplément «Styles» , véritable robinet à pub, qui propose, à chaque page ou presque, du «superflu» de qualité, comme par exemple, cette semaine, une très élégante «montre Élite Ultra Thin, boîtier en acier, bracelet en cuir, Zenith» à 3.400 euros, ou un chaud manteau Lanvin à 2.795 euros - liste non exhaustive. Parce que bon: une chose est de réclamer que la plèbe se limite enfin au nécessaire (comme si d'entiers pans de la population française n'étaient pas déjà en situation de survie) - mais faudrait pas non plus que ça empêche Christophe Barbier de se gaver chez ses annonceurs. 


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