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Publié le 3 avril 2012

«Un An Après L'Arrivée De Nicolas Demorand, La Greffe N'A Pas Pris»

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(Ce jour, à midi et demi, la rédaction du quotidien Libération , réunie en assemblée générale, a adopté, à l'unanimité moins une voix contre et cinq abstentions, le texte suivant.)

COMMUNIQUÉ DE L'ÉQUIPE DE LIBÉRATION

Lundi 2 avril, l'assemblée générale convoquée par la SCPL1 s'est réunie dans la salle du hublot. Une large majorité des personnels de Libération y a participé dans une ambiance calme et résolue.

Au cours de cette assemblée, s'est exprimé un grand malaise, qui tient d'abord au sentiment d'être dépossédé du journal. Bien souvent, nous ne nous y reconnaissons plus.

La direction semble ne pas avoir de politique relative à chaque domaine du journal, du sport à l'économie, de la politique à la société, du web à la culture. Elle ne tient aucun compte de ce que les rédacteurs, eux, peuvent en savoir selon leurs compétences et leur aptitude à travailler ensemble.
De là, le sentiment général d'être l'objet d'un mépris, encore accentué par l'attitude autoritaire et arrogante de la direction. Et ce, dix mois après que l'équipe a voté à une large majorité une motion de défiance.
Un an après l'arrivée de Nicolas Demorand, la greffe n'a pas pris.

La liste des griefs est longue :
-Des Unes racoleuses qui tantôt défigurent Libération , tantôt vont à l'encontre des valeurs qui ont toujours été les siennes.
-De pseudo-événements basés sur des interviews et non sur des reportages et enquêtes.
-Un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS.
-La mise à l'écart de continents entiers du journal, comme le social, l'environnement, l'immigration.
-Des embauches de cadres répondant à une logique discrétionnaire, sur fond de précarisation croissante des pigistes.
-Des divergences évidentes au sein de l'équipe de direction qui conduisent à la confusion tant rédactionnelle qu'organisationnelle.
-Des opérations publicitaires contestables lancées sans consultation de la SCPL en dépit des engagements pris par la direction.

Le sentiment prévalent est que l'équipe de direction s'est surtout souciée d'asseoir son pouvoir plutôt que de se mettre au service du journal.
Libération ne se fera pas sans son équipe.
L'équipe demande à entendre la direction sur l'ensemble de ces points, et se déterminera en conséquence.

L'équipe réunie en AG.**


  1. Société civile des personnels de Libération , intégrant la société des rédacteurs. 


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