blog /

Publié le 14 janvier 2014

Une Economie sociale globale : une réflexion de Bernard Friot dans Basta !

La question du travail est déjà dans le monde de la "compétitivité" et de la spéculation malséante. La question du salaire devient carrément obscène.
_ Bernard Friot est depuis des années un de ceux qui, s'attachant au salaire, brise des tabous et pense une autre société. Il donne dans la dernière édition du magazine en ligne Basta ! () une très intéressante interview dans laquelle on voit se dessiner une société sur une économie sociale et démocratique globale. Extraits pour ouvrir une débat.

Vous proposez d’associer au salaire une forme de « citoyenneté économique ». En quoi consiste-t-elle ?

Le suffrage universel – une personne, une voix – a été conquis pour affirmer la souveraineté populaire sur la délibération politique. Ce droit politique est aujourd’hui une caricature car il n’a aucune prise sur l’économie, chasse gardée des propriétaires des entreprises, les détenteurs du capital. Il est donc urgent d’enrichir la citoyenneté de la maîtrise de l’économie. L’enjeu est de faire du salaire un droit politique au cœur de la souveraineté populaire sur l’économie. L’idée est d’attribuer à tout le monde la majorité économique à 18 ans, avec trois droits. D’abord la copropriété d’usage de tous les outils de travail que le salarié utilise au cours de sa vie. Cela signifie décider ce qui est produit, comment cela est produit et avec quels collectifs de travail. Deuxième droit, la participation à la délibération des caisses gérant l’ensemble des cotisations de ces entreprises. Enfin, troisième droit, l’attribution automatique d’un premier niveau de qualification à 18 ans et le salaire à vie correspondant, ces qualifications et salaires pouvant augmenter ensuite au cours de la carrière professionnelle.

Quelles formes prendront l’entreprise et l’organisation du travail ?

L’entreprise regroupe des copropriétaires d’usage. Personne ne détient de parts, personne ne tire un revenu de ce patrimoine ou du chiffre d’affaires. Tous ont la même voix délibérative sur les décisions à prendre : l’investissement, la production, la hiérarchie à désigner, les embauches et éventuellement les licenciements dans le respect de la loi et de la vigilance syndicale. Notons que le licenciement aura un tout autre sens, puisque les personnes gardent leur salaire à vie et leur qualification. Nous serons les responsables de la production de la valeur ajoutée [2]. Celle-ci sera mutualisée par des cotisations aux caisses qui verseront les salaires et subventionneront l’investissement.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents